Humanité : la leur et la nôtre !

Les mots humanité, humanisme ont-ils encore un sens ? A la question, les chefs d’Etat, les dirigeants de GAFA ou les managers de cabinets-conseils sont aux abonnés absents et shootés au syndrome de l’hubris, tandis que les scènes de guerre en Ukraine vues à la télévision peuvent constituer un élément de réponse : qui n’a pas été bouleversé par ces Ukrainiens, qui avec son chat, qui avec son chien fuient avec pour tout autre bagage un baluchon? Ou par les petits-enfants enjambant les décombres du quartier avec leur ours en peluche dans les bras ? Là, en dépit d’un dénuement extrême tout comme d’une détresse morale abyssale, surgissent besoin de survivance et espérance d’un monde qui placerait, en dépit de la noirceur du conflit, les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs.

Au demeurant, et malgré les avancées de la science ou la propagande hypocrite du « Vivre Ensemble », les « choses humaines » ont peu changé depuis l’époque du philosophe Diogène : il parcourait la Grèce Antique, brandissant sa lanterne allumée en plein jour à la recherche de l’Homme. L’ermite paria des cités-états helléniques entendait par là un homme « vrai », bon et sage. « Ôte-toi de mon soleil », aurait-il répliqué à Alexandre le Grand, venu le voir et qui lui demandait en quoi l'aider. Vingt-quatre siècles se sont écoulés ; plus que jamais cette scène rapportée par les annalistes s’applique à notre époque !

Quel que soit le continent où vit Monsieur Tout-le-Monde, quelle que soit la culture à laquelle le brave homme appartient, son cycle diurne / nocturne se situe à des années-lumière des planètes habitées par les seigneurs et maîtres qui nous gouvernent. Et pourtant, ces cannibales de nos existences n’ont aucun scrupule à singer le peuple afin de parvenir à leurs fins…

Les exemples fourmillent : regardons le triste gaffeur Joe Biden. Jouant à contre-emploi le look branché « jeune » au milieu des boys américains stationnés en Pologne, il s’est livré à une attaque en règle contre le « dictateur, le boucher » Vladimir Poutine, estimant que ce dernier ne pouvait « rester au pouvoir ». De tels propos ont été vite recadrés par la Maison Blanche ! Il n’en demeure pas moins que la bourde va conforter Poutine dans sa soif de conquête jamais assouvie !

Itou, pour notre ex-futur Président de la République qui se pavane dans les quartiers sensibles de nos villes, col de chemise ouvert, dans le calcul électoraliste d’endosser le rôle du « bon et sympa » interlocuteur du smicard, du chômeur ou de la ménagère, dont la seule échappée consistera en une virée hebdomadaire au supermarché du coin. Qui est dupe du comportement de tous ces élus - œillet de la démocratie à la boutonnière ? Ils se disent sensibles aux conditions de vie des gens humbles ainsi que des obscurs, alors qu’ils ont recours à des cabinets-conseils à mille lieues de tout humanisme. Et ce, avant de tenter le moindre pas et de se colleter à « la vraie vie », l’œil rivé sur les Présidentielles ainsi que les Législatives. Les classes dirigeantes font rarement montre d’une quelconque pudeur.

Quitte à passer pour une véritable plouc, je tiens à exprimer le respect, au vu de sa toute récente sortie officielle, pour la femme de devoir qu’est la reine Elisabeth II. Parvenue à l’extrême de la vie, la souveraine nous renvoie l’image d’une certaine conception de la grandeur humaine : plus que tout homme politique, elle incarne l’histoire de la nation anglaise. En un mot, elle en est l’esprit...

Marie-France Poirier