Yelizaveta Vinnik est une étudiante ukrainienne à l’origine de plusieurs manifestations en soutien à l’Ukraine à Dijon. Alors que ses parents sont toujours coincés à Odessa, cette jeune ukrainienne milite pour sensibiliser les Dijonnais sur les offensives russes qui sévissent dans son pays natal. Elle s’inquiète pour sa famille et espère un soutien fort de l’Europe.
À l’équation : « Comment être utile à mon pays persécuté, sans pour autant pouvoir s’y rendre ? »… Il semblerait que Yelizaveta Vinnik ait trouvé, pour l’instant, la réponse. En déployant symboliquement son drapeau jaune et bleu à 2 516 kilomètres de sa ville d’origine, l’étudiante à Sciences Po Dijon de 18 ans a souhaité montrer que les expatriés ukrainiens disposent d’autres alternatives que l’option militaire : « La mobilisation que l’on aperçoit depuis plusieurs jours ici à Dijon est aussi symbolique que ce qu’il se passe aujourd’hui en Ukraine ». Elle poursuit en précisant sa pensée : « Il y a beaucoup de citoyens qui se mobilisent pour offrir toutes ces sortes d’aide. Moi, je suis ici, mes parents sont là-bas et c’est la seule chose que je puisse faire. Le but des manifestations, c’est de coordonner tout le monde pour qu’on puisse faire des actions ensemble ».
Alors que son enthousiasme contraste avec le drame militaire et humanitaire qui frappe une partie du territoire ukrainien depuis l’entame de la guerre, Yelizaveta Vinnik souhaite absolument transmettre un message d’union et de paix, et notamment à l’égard de ses voisins : « Ce qui me tient à cœur, c’est la paix. La paix, c’est tout ce qu’on veut », rétorque la jeune femme dont les yeux sont aussi bleus que le drapeau de son pays. « Pour l’instant, il n’y a pas de volonté de dire que nous sommes contre les Russes, mais de dire qu’on veut la démocratie ». Car même si elle ne l’admet qu’à demi-mots, l’étudiante est bien consciente des dangers que représente cette guerre pour la souveraineté de son pays : « Je risque de surprendre, mais même en étant à Dijon, le sentiment de danger est permanent chez moi. J’ai le sentiment de ressentir tout ce qu’il s’y passe, alors je n’ose pas imaginer ce que vivent mes parents ».
Pour elle, l’enjeu se situe aussi dans la démocratisation des outils numériques et médiatiques qui existent pour faire régner la transparence sur les intentions réelles de Vladimir Poutine.
Souvent décriés, les réseaux sociaux ont cette fois joué un rôle majeur dans l’aptitude des Ukrainiens à pouvoir s’informer en temps réel sur l’avancée des troupes russes. « En Ukraine, la guerre est à la fois humaine et numérique. L’un des seuls moyens de communication qui existe pour mes parents est l’application Télégramme. Alors, nous, on contribue à envoyer les bonnes informations russes et ukrainiennes que l’on reçoit. C’est très important pour montrer au monde que nous ne sommes pas une nation violente. »
Luc Lavoué





