Tous, pigeons d’un samedi ordinaire ! 

Samedi 13. C’était pourtant une journée prometteuse avec le nombre fétiche des addicts au Loto. Or, ce fut un samedi soir de la mi-novembre par un ciel si plombé – on commémorait d’ailleurs le souvenir des 131 morts des attentats du Bataclan et du Stade de France - qu’on aurait pu se croire au dernier jour du monde. De surcroit, il pleuvait sur Glasgow comme sur Dijon… Les médias n’avaient en tête que la Cop 26 dont, en réalité, les esprits instruits par l’inefficience des éditions précédentes n’attendaient, à juste titre, qu’un gros rien-du-tout. Ce fut un fiasco plus ou moins confessé : rien de bien nouveau sous le soleil du réchauffement de la planète. Réchauffement d’ailleurs dont les origines sont contestées par des scientifiques climato-sceptiques. Bref, on n’a pas pu sauver le soldat 2ème classe Cop 26 qui s’était pris les pieds dans les énergies fossiles. Mais personne n’a eu l’audace d’estimer en CO² le coût de ce show planétaire : déplacements des chefs d’état dits « riches », de leurs aréopages de conseillers ainsi que des membres des Associations des Nations en voie de Développement (qui se sont époumonés à réclamer les 100 millions de dollars promis depuis belle lurette). Il n’empêche que ce monde policé s’est englué dans ses contradictions, s’est épuisé dans d’âpres négociations pour aboutir au résultat suivant : nous pigeonner à coups de faux-semblants - histoire de paraître politiquement correct aux yeux des jeunes générations ainsi qu’auprès des populations que l’on épouvante depuis plus d’une décennie avec des prédictions alarmistes savamment orchestrées. Il convient de répéter que ces mêmes dirigeants politiques n’ont cessé de laisser s’effilocher leur pouvoir décisionnel, laissant ainsi libre champ aux trusts industriels, aux GAFA, ou aux réseaux mafieux de blanchiment d’argent qui s’y entendent à mettre les citoyens-consommateurs en coupe réglée.

La poupée de cire et de son qu’est notre Greta Thunberg a beau avoir prononcé son speech habituel sur le ton courroucé d’une gendarmette qui n’aurait connu ni Saint-Trop ni Louis de Funès, il ressort de ce floc monumental que la Cop 26 va coûter beaucoup d’argent aux contribuables. Que dire des quelques « mesurettes » adoptées pour n’être opérationnelles que d’ici à 30 ou 50 ans ? Le climat délétère de ce 13 novembre incitait tout quidam à se réfugier sous la couette, afin de ne plus entendre les autres infos apocalyptiques mitraillées, dès les aurores, par la radio ou la télé. Rien ne nous fut épargné : montée inéluctable du Covid en Europe, dénonciation générale d’un « coupable et irresponsable » relâchement des Français face aux gestes-barrière, alerte sur nos comorbidités avérées ou éventuelles, rappels à l’ordre face à notre prétendue « indifférence » vis-à-vis des migrants expulsés de Biélorussie, dizaines et dizaines de micros-trottoirs d’anti-vaccins ou reprises tout au long des éditions TV d’interviews des troupes bêlantes disciples de la vierge de La Piété-Chlorophylle etc. Bien entendu, les médias ont évité de pointer du doigt la consommation effrénée et polluante des jeunes en Smartphones, en Nike-ton-pied, en « playing games », en selfies, en fourrures en plastoc, en T-shirts ou fringues made in China, en voyages low cost ou encore et encore… Sans oublier la cerise sur le capot : vous voilà citoyen vertueux et branché, dès lors que vous roulez au tout-électrique ; alors qu’auparavant l’Etat avait multiplié les campagnes d’incitation au tout-essence, puis au tout-diesel…

Heureusement, en ce 13 novembre si noir, nous fûmes sauvés du désespoir par les quatre buts marqués contre le Kazakhstan d’un Kylian Mbappé entré à jamais à 22 heures 52 dans l’histoire du foot et dans le roman macronien de la France qui gagne. Ouf ! Trois fois ouf ! De son pied magique, le héros renvoya au vestiaire les perdants du Glasgow Cop 26. Elle est pas belle, « l’Insoutenable Légèreté de l’Etre? » Entre l’homme et l'oubli, y a-t-il quelque chose ou quelqu’un ?

Marie-France Poirier