Dominique Grimpret : pour un nouvel « exploit » d’Emmanuel Macron !

Quelques jours avant la venue en Côte-d’Or du président de la République, Emmanuel Macron, conviant la chancelière allemande Angela Merkel dans deux des joyaux de notre patrimoine – les Hospices de Beaune et le Clos Vougeot –, un comité de soutien à sa candidature voyait le jour dans l’agglomération dijonnaise. A l’origine, le maire d’Ahuy et vice-président de Dijon métropole, Dominique Grimpret. Interview… macroniste.

Dijon l’Hebdo : Quelles seront les missions de ce comité ?

Dominique Grimpret : « Notre objectif, avec les autres membres fondateurs (NDLR : voir encadré), est de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron. Notre comité aura essentiellement trois missions : valoriser le bilan en se faisant l’écho des nombreuses réformes structurelles déjà engagées qui ont permis à notre pays d’être plus fort économiquement et socialement, faire remonter d’éventuelles remarques en étant force d’écoute et de propositions et défendre par la suite le programme qui sera présenté pour un pays encore plus solidaire et plus fort économiquement. Ce sont les trois axes sur lesquels nous allons travailler ».

DLH : Emmanuel Macron n’étant pas encore candidat, intéressons-nous en premier lieu au bilan… Que pensez-vous de la façon dont a été gérée la crise sanitaire ?

D. G : « Le bilan est simple. C’est à mes yeux la nouvelle donne politique. C’est un peu comme l’Allemagne. On prend un peu à droite, un peu à gauche et un peu de vert et on fait un gouvernement et, vous pouvez me dire que je manque d’objectivité, mais je n’ai jamais vu un gouvernement aussi intelligent. Les gens peuvent analyser différemment mais, intellectuellement, nous avons tout de même des gens très forts actuellement. Je pars du principe que c’est à la fin de la Foire que l’on compte les bouses. Il faut attendre la fin du Covid et nous ferons le bilan au niveau économique, au niveau social, au niveau scolaire. La France sera classée parmi les meilleurs états partout. Par rapport à beaucoup, nous nous en sortons très bien. Nous avons d’ores et déjà été félicités par l’Unesco parce que nous avons très peu fermé les écoles ».

DLH : Il y a eu tout de même les premiers ratés avec les masques…

D. G. : « Sur les masques, je dois vous avouer que je n’ai pas saisi la communication. Il suffisait de dire qu’il n’y était pour rien, qu’il récupérait une situation qu’avait entérinée Xavier Bertrand. Même lui n’y était pour rien, c’était le système qui voulait que tout soit fabriqué en Chine. Il suffisait de dire cela : nous n’avons pas de masques et nous allons vite en fabriquer. Dans le même temps, je rappelle aussi que des médecins disaient que les masques n’étaient pas indispensables. Ce n’était pas une situation simple mais Emmanuel Macron et le gouvernement se sont très bien sortis de cette crise sanitaire sans précédent. Mais je ne souhaite pas sa réélection qu’à cause de la gestion du Covid mais aussi à cause de tout le reste. Tout ce qui était impossible à la gauche de faire, il l’a fait… Tout qui était impossible à la droite de faire, il l’a fait également ! Un seul exemple pour ne pas être trop long : le prélèvement à la source, Nicolas Sarkozy et François Hollande voulaient le faire, ce n’était pas possible. Emmanuel Macron l’a fait ! »

DLH : A l’exception de la réforme des retraites…

D. G. : « Nous sommes d’accord. Donc la réforme des retraites sera dans le programme. Nous devrons la défendre. Et s’il est réélu, il aura la légitimité du suffrage universel pour la mettre en place… »

DLH : Etes-vous confiant à quelques mois de la présidentielle ?

D. G. : « Sous la Ve République, il est vrai qu’il n’y a jamais eu de président de la République réélu, hors période de cohabitation. Ainsi François Mitterand le fut-il alors que Jacques Chirac était Premier ministre. Jacques Chirac fut reconduit à l’Elysée alors que Lionel Jospin occupait Matignon… Même De Gaulle n’a pas été réélu, puisqu’il n’est passé qu’une seule fois au suffrage universel. Les Français changent depuis toujours de gouvernants. La situation est comme cela. Aussi, si Emmanuel Macron avec la majorité est réélu, ce serait un véritable exploit ! Mais il ne faut pas croire que c’est gagné… Mon analyse – et je ne suis pas le seul à la partager – est la suivante : l’extrême droite, avec Zemmour ou Le Pen, ou l’extrême gauche ne peuvent pas gagner. Le PS actuellement n’existe plus et sa candidate n’a pas l’air de faire des miracles. La France étant plutôt à droite, le seul candidat qui peut menacer Emmanuel Macron sera celui ou celle des Républicains. Et cela sera beaucoup plus serré que ce que l’on pense ! »

Propos recueillis par Camille Gablo

 

Les membres fondateurs

François Deseille , adjoint au maire de Dijon, vice-président de Dijon Métropole ; Danielle Juban, adjointe au maire de Dijon, vice-président de Dijon Métropole ; Marien Lovichi, adjoint au maire de Dijon ; Kildine Bataille, adjointe au maire de Dijon ; Georges Mezui, conseiller municipal délégué à Dijon ; Nora El Mesdadi, conseillère municipale déléguée à Dijon ; Florence Bizot, adjointe au maire de Longvic ; Nicolas Marin, adjoint au maire de Talant ; Delphine Didot, conseillère municipale à Fontaine les Dijon ; Dominique Grimpret , maire d’Ahuy, vice-président de Dijon Métropole.