François Sauvadet : « La promotion de toute la Côte-d’Or »

Le Conseil départemental n’a de cesse depuis de nombreuses années de faire déguster la Côte-d’Or, présentée comme une « petite France agricole », aux visiteurs de la Foire internationale et Gastronomique de Dijon. Le Département a pour objectif de dévoiler la qualité du travail des nombreux producteurs, qu’elle soutient au quotidien à travers de multiples opérations. Que ce soit sur son stand « De la Terre à l’Assiette » implanté dans le Hall 1 ou bien au sein de son Salon de l’Agriculture, « la Ferme Côte-d’Or », le conseil départemental cultive, durant la Foire, les terres dijonnaises. Son président François Sauvadet, à l’origine de la marque « Savoir-Faire 100% Côte-d’Or », nous entraîne dans son sillon…

Dijon l’Hebdo : La 100e de la Foire est, comme l’a souhaité Dijon Congrexpo, « 100% Gastronomie », ce qui n’est pas sans renvoyer à la marque « Savoir-Faire 100% Côte-d’Or » que vous avez inventée et lancée, au demeurant, à la dernière Foire qui a pu se tenir en 2019. Cette appellation doit vous faire plaisir…

François Sauvadet : « J’apprécie tout particulièrement cette référence à la marque « Savoir-Faire 100% Côte-d’Or ». D’ailleurs, nous serons très présents à la foire. Cette marque, que nous avons lancée il y a deux ans, s’est installée rapidement dans l’esprit collectif, Je suis heureux qu’elle vive à la foire notamment, car nous partageons, avec Dijon Congrexpo, cette ambition de valoriser les savoir-faire locaux et la richesse gastronomique de la Côte-d’Or ».

DLH : Cette marque a le vent en poupe puisque, en moins de 2 ans, pas moins de 150 agréments ont été effectués et nombre de producteurs, artisans… se positionnent pour bénéficier de ce label, synonyme de qualité de leur travail. Vous avez imaginé cette marque avant même que le Covid et les confinements n’imposent le local sur la table des consommateurs. Vous avez été en quelque sorte visionnaire…

F. S : « Nous nous sommes saisis dès 2008 de la question agricole et alimentaire, bien avant la crise, car la souveraineté alimentaire, c’est un réel enjeu d’avenir. Et nous devons tous, à notre échelle, prendre nos responsabilités pour répondre aux attentes de nos concitoyens, qui sont de plus en plus vigilants à ce qu’ils consomment. C’est bien le rôle des pouvoirs publics d’anticiper les changements pour mettre en place des politiques répondant aux attentes de nos concitoyens. Quand on a la chance de vivre dans un département comme le nôtre, qui est une petite France agricole, il est évident que l’on doit développer les circuits locaux et faire en sorte de rapprocher producteurs et consommateurs. Nous avons développé de nombreuses actions qui vont dans cette direction, la plateforme Agrilocal pour les acteurs de la restauration collective, le site « J’veux du local – Le goût de ma Côte-d’Or » qui permet la vente directe entre producteurs et consommateurs, la marque « Savoir-Faire 100% Côte-d’Or » avec plus de 150 agréments déjà délivrés…

Et ça marche ! A ce jour, 46 % des produits utilisés dans l’élaboration des menus des collèges sont issus de notre département. Notre ambition est de porter cette part à 80 % d’ici 2027. Et de transposer ce modèle dans les autres établissements qui assurent une restauration collective (écoles maternelles et primaires, EHPAD…). Le principal frein constaté, c’est celui de la logistique alimentaire. Dans les mois à venir, c’est le chantier sur lequel nous allons travailler avec les producteurs. Nous poursuivons nos efforts pour faire toujours plus et toujours mieux ! »

DLH : La marque « Savoir-Faire 100% Côte-d’Or », mais également les plateformes « J’veux du local » et « Agrilocal » sont désormais regroupées sous la bannière Alimen’terre 21. Comment ce Projet alimentaire territorial départemental (PATd) permet de répondre aux enjeux majeurs des territoires que ce soit au niveau agricole ou environnemental ? 

F. S : « Notre projet alimentaire départemental a été récemment labellisé par l’Etat. C’est un outil au service de tous les territoires de la Côte-d’Or, qui vise à créer un écosystème vertueux. De nombreuses initiatives locales sont prises à l’échelle des communautés de communes dans le domaine de l’alimentation. Il faut coordonner toutes ces actions, accompagner les porteurs de projets, identifier les besoins pour apporter des réponses adaptées aux réalités des territoires. Ce sont les objectifs poursuivis par Alimen’Terre 21, qui permet d’avoir une stratégie cohérente au niveau départemental. Cela concerne les aspects économiques, environnementaux, sociaux, sociétaux… Car, in fine, il s’agit bien de développer les circuits locaux pour soutenir l’agriculture côte-d’orienne, en créant notamment de la valeur ajoutée à proximité des lieux de production, et garantir une alimentation de proximité et de qualité aux Côte-d’Oriens. Je viens d’ailleurs d’installer un Conseil départemental de l’Alimentation, avec le président de la Chambre d’Agriculture, qui marque une volonté de travailler avec tous les acteurs – producteurs, consommateurs, élus, partenaires, chambres consulaires… »

DLH : C’est, à nouveau, avec la Chambre d’Agriculture que le Conseil départemental est présent sur ce premier événement populaire et commercial de Bourgogne Franche-Comté. En quoi ce partenariat peut-il être qualifié d’indispensable ? 

F. S : « Il est aussi indispensable qu’exemplaire. L’agriculture est un secteur d’activités phare dans notre département. La profession est trop souvent décriée, à tort, car c’est sans doute celle qui s’est le plus adaptée aux mutations. Et qui continue de se réinventer et travailler à un modèle respectueux de notre environnement, de nos paysages… Et là aussi, c’est le rôle du Département d’accompagner ces transitions et de travailler avec la Chambre d’Agriculture à la mise en place de mesures adaptés aux besoins des professionnels. Nous avons un dialogue permanent avec la Chambre d’Agriculture, car nous avons encore de nombreux défis à relever, notamment ceux liés au changement climatique, à la préservation de notre environnement et plus largement à la pérennité du modèle économique agricole… Nos actions sont inscrites dans l’accord-cadre conclu avec la Chambre, pour lequel le Département a consacré un budget de 15,5 M€ sur la période 2020-2025.

DLH : La Foire prendra à nouveau les allures de Salon agricole avec la ferme de Côte-d’Or du 6 au 9 novembre, 13e du nom, qui sera à nouveau prise d’assaut par les plus jeunes. Est-ce le meilleur moyen pour que les nouvelles générations soient sensibilisées à l’importance du travail des agriculteurs ?

F. S : « Ca y participe ! La Ferme Côte-d’Or est une animation très appréciée du public, notamment des plus jeunes, qui s’émerveillent devant les animaux de la ferme. Mais au-delà de l’aspect ludique, il y a les rencontres entre les agriculteurs et le public. Faire connaître le métier, le rôle de l’agriculture dans notre alimentation, dans la préservation des espaces, les difficultés et les réussites de la profession… il faut raconter l’histoire aux jeunes générations pour qu’elles soient au contact de la réalité. Nourrir le monde est une noble mission, il faut le dire ! En ce sens, la Foire gastronomique et la Ferme Côte-d’Or sont des moyens de sensibiliser le grand public ».

DLH : L’ensemble des animations, événements… que le Conseil départemental organise sur la Foire de Dijon place la Côte-d’Or rurale au cœur de la Côte-d’Or urbaine. N’est-ce pas la meilleure vitrine pour montrer que la Côte-d’Or est une et indivisible ?

F. S : « Tout à fait ! C’est la vision que je défends car la Côte-d’Or est riche de sa diversité. Il faut cesser d’opposer la ville et la campagne et faire de cette complémentarité une force. Notre objectif, c’est de veiller à cet équilibre sans concentrer toutes les richesses en un même lieu. Avec la pandémie, on observe de nombreux bouleversements sociétaux, notamment un exode urbain dont il faudra mesurer l’ampleur dans la durée. C’est dire l’appétit de nos concitoyens pour des espaces moins saturés, offrant un cadre de vie plus préservé. A ce titre, la Côte-d’Or est une chance en terme d’attractivité parce qu’elle propose différents espaces de vie, selon les envies de chacun. Il faut assurer la promotion de toute la Côte-d’Or, une et indivisible, pour faire connaître le champ des possibles. Et rappeler que si la Côte-d’Or est une terre de gastronomie, c’est avant tout parce que nous avons des producteurs, des agriculteurs qui proposent de très bons produits et des restaurateurs reconnus ! »

Propos recueillis par Camille Gablo

De la Terre à l’assiette

La Ferme Côte-d’Or, qui s’implantera du 6 au 9 novembre, représente le chapiteau phare du conseil départemental à la Foire de Dijon mais la collectivité présidée par François Sauvadet est aussi omniprésente tout au long de l’événement.. Du 30 octobre au 11 novembre, en effet, le Département « anime la Foire » sur son stand « de la terre à l’assiette au cœur du Pavillon Côte-d’Or réunissant les acteurs locaux du secteur culinaire dans le Hall 1.
Chaque jour, cet espace accueillera des chefs de renom et les Ambassadeurs restaurateurs de la marque « Savoir-faire 100% Côte-d’Or » pour des démonstrations culinaires. En parallèle, des producteurs, des commerçants et des artisans bénéficiant du même label, créé il y a deux ans à l’occasion de la dernière Foire, proposeront leurs produits à la vente et organiseront des ateliers et des démonstrations. Les balades et visites « 100% Côte-d’Or » seront aussi mises à l’honneur grâce au partenariat entre le Département, Côte-d’Or Tourisme et Destination Côte-d’Or.
Rappelons également que le Conseil Départemental sera partenaire du Concours des jeunes espoirs, organisé le 3 novembre par l’Amicale des Cuisiniers, et de la remise des diplômes des Boulangers, qui se déroulera le 8 novembre sur son stand par l’Union départementale des Artisans Boulangers et Boulangers-Pâtissiers de la Côte-d’Or.

Plus d’informations sur le site cotedor.fr.