Marianne cherche un mâle, un vrai…

Ne le dites à personne, mes amis, et absolument ni aux vestales ni aux gazetières de vertu qui nous surveillent et font régner la censure sur les médias, salons et confréries du bien-penser ! Mais il m’arrive à la tombée du jour de rêver à un interlude style Anaïs Min ou à un Tarzan, viril de chez viril, descendu des branches du marronnier de mon jardin à fantasmes. Il me faut confesser qu’entre deux coupes vespérales de champagne mon cœur ne penche pas – mais alors, pas du tout - vers l’homme « déconstruit » de Sandrine Rousseau. Pilier(re) détrôné(e) de la canopée d’Ecologie les Verts pour les futures Présidentielles, enseignante, chercheuse, la dame a mené ses travaux dans les domaines de l'économie de l'environnement, des emplois domestiques et de la responsabilité sociétale des entreprises. Elle est, par ailleurs, vice-présidente de l’université de Lille. Ce qui permet de craindre une propension à enraciner les herbes folles dans la tête des étudiants.

Ses émules, chaque jour plus nombreuses et virulentes, œuvrent pour un monde où la moindre tentative de la part de ce qui subsiste du patriarcat est étouffée dans l’œuf. Anne Hidalgo vient de se joindre à l’hallali, reprochant à Eric Jadot de réduire à la portion congrue la cause des femmes dans son programme électoral. Avec ce courant féministe dénonciateur, nous revoilà revenus à l’ère des castrats. Oui, mais si asexués, si « déconstruits » qu’on entend même les priver de la voix. Et pour peu qu’un mec ait quelque brio dans quelque domaine, d’emblée il est soupçonné d’être un « salaud de macho ». Sans jeu de mots, rien ne doit donc dépasser …

Les bonshommes ainsi malmenés ont-ils pour finalité d’être réduits à des culbutos ? D’autant que certaines de ces vestales nourrissent même en leur sein l’ambition de se passer de leur concours pour procréer… A part cette hargne, en quoi ont-elles contribué à une avancée de l’humanité ? En rien, si on compare leurs pitoyables déclarations de guerre au féminisme flamboyant et percutant des années 70. D’ailleurs, les chefs d’état, les écrivains, les artistes, les cinéastes, les scientifiques que savent être les femmes de génie n’ont pas attendu Sandrine Rousseau ni les bonnes sœurs de l’écriture inclusive pour se faire une place au soleil, être respectées, reconnues de tous et de toutes !

Certes, le CAC 40 est mauvais élève en la matière. Néanmoins les percées des femmes sont patentes. S’il existe un virus aussi coriace que le Covid 19, c’est bien cette pandémie d’un tout-féminisme radical, intolérant voire dictatorial et qui, tout en demeurant minoritaire chez le bon peuple, brigue l’universalisme. A l’heure actuelle, quel musée oserait affronter leur opprobre en exposant les dessins érotiques de ce centaure de Picasso ? Enfin, prenez le cas de nos tout derniers « héros » ayant du relief, de nos derniers condottieres, de ces derniers gladiateurs qui viennent récemment de sortir de l’orbite terrestre : Maradona, Bébel ou Bernard Tapie dit « le boss » etc. A bien y penser, leurs personnalités hautes en couleurs, hors normes, conquérantes et mâtinées d’une touche machiste s’inscrivent en porte-à-faux avec ces évangélistes de l’anti-mec.

Il est temps de brandir le refrain bien connu : « Mais, où sont les hommes ?» Face à cette étrange atmosphère de platitude générale, d’insupportable inconsistance des sexes, d’absurdité philosophique, on voit grandir l’incapacité, le manque d’audace et de créativité de ces hommes adoubés par Femen et consœurs. Craignons de devoir vivre dans un hexagone aliénant, déliquescent, sans héroïsme où toute émulation homme/femme passerait pour atteinte aux mœurs. Où il serait de bon ton de dévorer en entier les mâles un peu trop dérangeants. Pas étonnant que dans une France qui se cherche ou se retrouve dans un « Zemmour Mon Amour », Marianne nourrisse l’envie de passer cette petite annonce : « Bicentenaire encore galante et entreprenante désire rencontrer un héros, un mâle audacieux, intelligent, inventif, novateur. Plus, si affinités… »

Allez-allez, soyons fous. Sachons-nous montrer provocants et totalement « inappropriés » dans une époque si lisse, si grise qui privilégie le genre neutre en piétinant un féminin qui s’accorde avec le masculin.

Marie-France Poirier