Franck Pelloux : « K6FM, la radio locale de Dijon »

Durant l’été, le traditionnel sondage Médiamétrie a érigé K6FM au 6e rang des radios dijonnaises (toutes radios confondues) et même au 4e rang sur la tranche 25/49 ans. A l’exception de Nostalgie, K6FM devance toutes les autres radios locales. Son créateur et directeur, Franck Pelloux, ne peut que se féliciter de ses excellents résultats. Et ceux-ci tombent à point nommé, puisqu’une nouvelle ère (numérique) s’ouvre dès le 12 octobre. En plus de sa fréquence FM, K6FM émettra en DAB+ sur Dijon, mais aussi sur la Côte-d’Or et les départements limitrophes avec sa petite sœur RADIO K6.

Dijon l’Hebdo : Les résultats de ce sondage Médiamétrie montre que votre nouveau slogan, « K6FM votre radio locale », était prémonitoire…

Franck Pelloux : « Nous avons la prétention depuis le début d’être la radio locale de Dijon. C’était la stratégie de développement de K6. Lorsque nous nous sommes lancés en 2008, il n’existait pas de radios locales. Il y avait des radios de grands réseaux qui faisaient très peu d’info, le service public qui diffusait une info essentiellement départementale. Il a fallu installer ce média et ce n’était pas évident. K6FM est dans sa 14e année. Aussi sommes-nous encore un bébé, alors que tous nos concurrents ont 30 ans, voire plus. A la sortie du 1er confinement, il m’est apparu comme une évidence que le slogan devait devenir : K6FM votre radio locale ! Et ce, parce que, durant le 1er confinement, nous avons été les seuls à être restés ouverts avec une radio associative. Toutes les autres étaient fermées, y compris le service public. Nous respections les mesures sanitaires mais notre journaliste, Fabrice, était présent tous les jours. Nous avons parlé de ceux qui tentaient de s’en sortir, avec, par exemple, l’opération Un jour un commerçant. Enfin, au bout de moins de 15 ans, les gens ont la perception de se dire : je veux du local, j’écoute K6FM ! »

DLH : Quels sont les chiffres majeurs à retenir de ce sondage ?

F. P : « K6 représente aujourd’hui plus de 20 000 auditeurs quotidiens (20 900 exactement !). Au total, sur une semaine, notre audience médiamétrie s’élève à un peu plus de 60 000 auditeurs. Seulement, des patrons PME locales continuent à acheter de la publicité sur des marques nationales plutôt que chez nous alors que nous faisons deux fois plus d’audience. Je leur dis : tournez vous vers K6FM qui est plus performante que tous ses concurrents. Ils sont tous derrière nous à l’exception de Nostalgie. Historiquement, elle est indéboulonnable à Dijon. Si l’on prend toutes les radios de la bande FM, devant nous, il y a seulement France Inter, France Info, RTL, NRJ et Nostalgie donc… Nous n’avons malheureusement encore qu’une seule fréquence, ce qui nous contrarie dans notre développement. Autant sur la métropole nous sommes très réguliers, autant sur la Côte-d’Or nous sommes en dents de scie, puisque l’on ne nous capte pas à Beaune, à Châtillon-sur-Seine ou à Montbard ».

DLH : K6FM s’apprête à relever encore un nouveau défi : l’avènement de la radio numérique…

F. P : « Un petit retour en arrière s’impose : lorsque j’ai lancé K6 en 2008, l’on me disait que la FM était soit disant moribonde puisque la radio numérique que l’on appelait, à l’époque la RNT, devait arriver très rapidement. Beaucoup m’avaient déconseillé de monter K6FM, craignant que je ne dispose pas de suffisamment de temps pour installer cette radio. D’aucuns la voyaient même mort-née. Je n’ai pas suivi ces conseils. Nous avons obtenu la fréquence et nous nous sommes dits : on verra bien. Nous avons commencé et une semaine après nous avons pris de plein fouet la crise de 2008. Cela a été 5 années extrêmement difficiles. Au bout de cette période, en ayant porté à bous de bras avec mon associée Patricia cette radio, nous nous sommes dits : plus rien ne peut nous arriver. Même l’avènement de la radio numérique… qui a été repoussée par la guerre que se livraient les grands groupes de radio en France ayant le monopole des fréquences FM. Cela a duré jusqu’à maintenant. La radio numérique arrive à Dijon le 12 octobre ».

DLH : Comment K6FM va-t-elle s’adapter à cette évolution ?

F. P : « Tout comme d’autres radios, nous allons ouvrir les émetteurs DAB + (Digital Audio Broadcast). Beaucoup croient que la radio numérique est liée à Internet et qu’ils pourront la recevoir simplement sur leur smartphone mais pas du tout ! Un récepteur DAB + est nécessaire. On pourra l’écouter dans sa voiture mais celle-ci devra avoir été achetée après décembre 2020. On peut également remplacer son transistor classique par un nouveau modèle qui fera FM et DAB. Cela existe depuis 2 ou 3 ans et il s’en vend quelque 100 000 en France chaque année. C’est pour cela qu’aucune visibilité n’existe à moyen ou long terme sur ce que va donner le DAB. Comme la TNT, son avantage résidera dans la meilleure qualité de réception. Et lorsque l’on perdra le signal DAB, cela basculera automatiquement en FM. Nous avons obtenu 2 fréquences en DAB : Dijon sur laquelle nous avons mis K6FM et ce que l’on appelle l’allotissement Dijon étendu qui couvrira d’ici 5 ans une très large zone de Chaumont à Macon. Cela représente un bassin de population d’1,1 million d’auditeurs. Nous ferons un programme régional : Radio K6, tel un clin d’oeil à notre ancêtre qui a existé dans les années 90 à Dijon, émettra à partir du 12 octobre d’abord sur Dijon, Chalon-sur-Saône et Beaune ».

Propos recueillis par Camille Gablo