Le 18 mars 2001, les Dijonnais accordaient, pour la première fois, leur confiance à François Rebsamen, faisant basculer leur ville de droite à gauche. Et son nom succédait au fronton du palais des Ducs à ceux de Robert Poujade et du Chanoine Kir. Cela fait 20 ans et depuis de l’eau a coulé sous les ponts… enfin dans le Suzon mais, à chaque rendez-vous municipal, cette confiance ne s’est jamais démentie. A chaque élection, le maire socialiste de la capitale régionale a su faire émerger de nouveaux talents. Après avoir, dans les pages précédentes, évoqué avec lui les grandes réalisations qui ont jalonné ces deux dernières décennies, voici quatre des élus dijonnais avec qui il va falloir aussi compter dans celle qui s’ouvre. Gros plan sur les nouveaux « bébés Rebs ! »
Antoine Hoareau : la chose publique coule dans ses veines
Il a la chose publique qui coule dans ses veines. Vous nous rétorquerez que c’est facile d’écrire cela en sachant que son arrière grand-père, son grand père et son oncle ont tout trois été maires de Saint-Germain Source-Seine ! C’est d’ailleurs dans ce village (aujourd’hui appelé Source-Seine) qui représente l’un des sanctuaires d’eau majeur de l’Empire romain qu’Antoine Hoareau a exercé son premier mandat.
Il s’est, en effet, inscrit dans la longue tradition familiale en devenant premier adjoint de 2014 à 2020. Mais ce Dijonnais – originaire du quartier de Varennes où ses parents vivent toujours – apporte dorénavant sa pierre à l’édifice de la Cité où il a grandi, même s’il passait tout son temps libre à aider dans la ferme de ses grands parents. Ce goût de l’effort et du travail, il l’a mis au service du parti socialiste dont il devient membre dès ses 18 ans en 2003.
Après ses premières manifestations, un an plus tôt, contre la présence de l’extrême droite au 2e tour de la Présidentielle : « Je décide de rejoindre le PS, car même si je me considérais plus à gauche, j’ai toujours pensé que les socialistes étaient en capacité de diriger, n’étaient pas uniquement dans l’opposition stérile et étaient capables de compromis pour faire avancer les droits et l’égalité réelle ».
Il a milité au MJS (il en fut l’animateur fédéral) puis à l’UNEF lorsqu’il était étudiant. Tout en obtenant deux DUT, un en génie mécanique et productique, et un autre en gestion des entreprises et administrations, avant de réussir les concours de la Fonction publique, il fut de toutes les mobilisations étudiantes de ces années-là. Que ce soit contre la réforme Fillon ou contre le CPE, plus grand mouvement étudiant depuis 1968 !
Militant de SOS Racisme – et aujourd’hui de l’Autre Cercle, une association agissant pour l’inclusion des personnes LGBT+ au travail –, Antoine Hoareau n’a eu de cesse de s’investir pour l’égalité. Défendant également la liberté et la fraternité, il est devenu en 2016 secrétaire de la section PS de Dijon. Après avoir piloté la campagne de Colette Popard et de Christophe Avena lors des dernières élections départementales, François Rebsamen lui confie la direction de sa propre campagne. Une campagne inédite à plus d’un titre puisque, marqué du sceau du Covid-19… Souvenons-nous tout de même que le 1er tour se déroula le 15 mars et qu’il fallut patienter jusqu’au 28 juin pour que les urnes donnent leur 2e verdict. A Dijon, il fut sans appel, la capitale régionale restant « rebsaménienne » pour la 4e fois. Et le maire et président de Dijon métropole le fit alors adjoint délégué aux solidarités, à l’action sociale et à la lutte contre la pauvreté, vice-président du CCAS mais aussi vice-président de Dijon métropole en charge, notamment, de l’eau et de l’assainissement. Quand l’on vous disait que la chose publique coulait dans ses veines !
Nadjoua Belhadef : LA perle rare
Doit-on encore vous présenter Nadjoua Belhadef tellement elle est active et dynamique depuis que celui qu’elle qualifie comme son « mentor » lui a confié la délégation du commerce et de l’artisanat ? L’ancienne chef de cabinet de François Rebsamen, auprès duquel elle a travaillé durant 12 ans, n’a de cesse de se démultiplier pour œuvrer à l’attractivité, « le véritable moteur d’une ville ».
« On ne peut pas, par exemple, déconnecter l’économie de la santé. L’économie, c’est de l’emploi, et l’emploi, c’est la santé. On le voit parfaitement depuis le début de la crise sanitaire, les gens vont beaucoup mieux quand ils travaillent… », insiste cette maman d’un jeune garçon, avec une faconde certaine qui montre qu’elle aurait pu exceller dans le métier vers lequel elle se destinait : « Je voulais être avocate ». La défense de la veuve et l’orphelin, l’accompagnement des personnes fragiles mais aussi la lutte contre l’inégalité des chances sont les fondements de son engagement depuis son plus jeune âge… Ce n’est pas en plaidant qu’elle porte ses « justes causes » mais en apportant sa pierre à l’édifice de la vie politique dijonnaise.
Après un Master 1 judiciaire et sciences criminelles et un Master 2 procédure pénale à l’Université de Bourgogne, et au moment où elle préparait le CRFPA (Centre régional de formation professionnelle des avocats), elle produit un mémoire de 70 pages sur la jurisprudence des élections municipales qu’elle présente à François Rebsamen. Trois semaines plus tard, elle est appelée pour intégrer le cabinet du Grand Dijon. La suite s’enchaîne… et, comme sur les bancs de l’école, Nadjoua Belhadef a toujours conjugué travail et humanisme afin d’être pleinement au service des autres : « A mes yeux, il y a toujours une solution. Celle-ci peut ne pas être celle envisagée au départ mais la discussion, l’échange permettent toujours de trouver un compromis, sans compromission ! Car je tiens aux valeurs de justice sociale, de progrès, de fraternité. J’aime régler les problèmes que peuvent rencontrer les gens. Peut-être parce que, tout simplement, j’aime les gens ! » Et, depuis que le Covid-19 fait partie de notre quotidien, cette nouvelle élue a dû faire face à nombre de problèmes…
Elle a dû ainsi être un soutien sans faille de ses interlocuteurs, qui, pour beaucoup, avaient été, rappelez-vous, jugés « non essentiels » par le gouvernement. Ayant rejoint le PS en 2007, Nadjoua Belhadef est une passionnée. De la res publica (la chose publique) évidemment mais aussi – et cela se sait moins – de musique ! C’est pour sa première passion qu’elle agit aujourd’hui, dans la lumière, aux côtés du chef d’orchestre politique dijonnais (cela aurait pu être aussi pour la deuxième…).
Elle n’hésite pas à se définir comme « l’un des bébés Rebs ». « Il m’a éveillé intellectuellement, il continue à me parler beaucoup, j’ai tout découvert à ses côtés… » Une chose est sûre, l’ancien ministre du Travail a, en tout cas, déniché une perle rare qui n’économise pas son temps pour l’économie locale !
Franck Lehenoff : le troisième ligne de l’équipe municipale
Jeune, lorsqu’il jouait au Stade dijonnais, où il a côtoyé un certain Benjamin Noirot – l’actuel entraîneur des rouges et bleus qui décrocha tout de même deux Boucliers de Brennus –, Franck Lehenoff évoluait au poste de troisième ligne : les avants qui doivent se détacher rapidement de la mêlée pour dynamiser le jeu, toujours âpres au combat. Aussi l’engagement est-il inscrit dans les gènes de ce nouvel élu à qui François Rebsamen a confié la délégation de l’éducation, de la restauration scolaire bio et locale.
Son parcours comme travailleur social l’illustre : le centre social de Chenôve, la Maison d’arrêt de Dijon, l’Acodege à Velars-sur-Ouche… mais aussi et surtout l’association Solidarité Femmes 21, où il a travaillé durant 17 ans afin d’épauler les femmes victimes de violences et où il a également multiplié les actions pour le bien-être de leurs enfants. En participant, notamment, à la création d’un atelier d’expression pour les enfants exposés aux violences… « Une première en France ! »
Aussi vante-t-il « l’aspect on ne peut plus innovant » du Programme de réussite éducative (PRE) de Dijon mis en place par celle qui l’a précédée, Anne Dillenseger, dont il dit « emboîter le pas » : « Je m’inscris dans le prolongement de tout ce qui a été fait. Mon premier objectif est de maintenir l’existant et de planifier la suite des travaux dans les écoles. Je me pencherai également sur l’évolution des cours d’école pour que ce soit des lieux encore plus apaisés. La question de l’inclusion est aussi essentielle tout comme le projet de dimension européenne Response à la Fontaine d’Ouche concernant tout de même trois groupes scolaires. Un projet de dimension européenne dans un quartier Politique de la ville, cela a du sens ! » A l’instar de « la transition alimentaire, du recours aux circuits de proximité » dans une métropole qui a été retenue pour son projet TIGA (Territoire d’innovation de grande ambition) d’alimentation durable à l’horizon 2030…
Pour l’ensemble de ses objectifs, cet ancien rugbyman porte aux nues, vous vous en doutez, la notion d’équipe : « C’est en travaillant avec tous les acteurs concernés – les enseignants, la direction pédagogique, les parents, les associations, les animateurs… – que nous réussirons. C’est ensemble que nous devons participer à la socialisation de tous les enfants ».
Que ce soit dans l’approche de sa délégation que dans son rôle au sein de l’équipe municipale, il ne jure que par le collectif. Quant à son combat politique, il l’a véritablement débuté le 21 avril 2002, le jour où beaucoup furent KO en découvrant que Jean-Marie Le Pen s’invitait au 2e tour de la Présidentielle. Trois ans plus tard, il s’engage à la section PS de Dijon. « Le 23 avril 2017, sa fille Marine Le Pen atteint également le second tour. Et, trois ans plus tard encore, j’intègre la liste de François Rebsamen. C’est une marche supplémentaire et je ne crois pas au hasard ». L’ami de Benjamin Noirot est ainsi un zeste superstitieux… comme tous les grands joueurs de rugby !
Kildine Bataille : un nom… et un prénom
Eu égard aux combats qu’elle a menés et qu’elle poursuit – celle d’une mère, active, devant élever son jeune garçon seul ou encore pour l’émancipation des femmes –, nous aurions pu naturellement mettre le premier coup de pinceau à ce portrait en précisant qu’elle portait bien son nom. Mais nous nous sommes intéressés à son prénom, que ses parents ont choisi en parcourant, dans une salle d’attente médicale, Point de vue, Images du Monde.
Elle porte ainsi le même qu’une parente du Comte d’Orléans… Cette républicaine – eh oui, la référence s’arrête là… – s’est plu, par la suite, à découvrir que Kildine n’était autre que le titre d’un roman roumain pour enfant… Le hasard fait bien les choses puisque c’est cette femme dynamique de 41 ans que le maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen, a choisi pour prendre en charge la petite enfance… mais aussi l’égalité hommes-femmes et la lutte contre la violence faite aux femmes. Deux délégations qu’elle associe avec la volonté de lutter contre nombre de stéréotypes : « Il faut arrêter de croire que la petite enfance ne représente qu’un service de halte garderie, c’est un service d’éducation globale. La nounou des années 30 qui donne le sein n’a plus court aujourd’hui ! » Et la violence faite aux femmes a très souvent des répercussions sur les enfants…
Son emploi lui permet de « conserver les pieds ancrés dans le sol ». D’autant plus qu’elle n’est autre que la déléguée régionale adjointe de la Poste, en charge de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et de la transition numérique. Avec l’épée de Damoclès du Covid-19 qui plane sur nos têtes et le recours au digital, elle est, de facto, loin d’être déconnectée de la réalité… Jamais vous ne la prendrez de court (comme d’autres) sur le prix d’un pain au chocolat !
Et d’avoir l’éthique chevillée au corps : pour preuve, cette « postière », comme elle aime se définir, a choisi d’abandonner sa casquette de responsable des relations institutionnelles avec les élus de Côte-d’Or, « incompatibles » avec ses fonctions à la ville de Dijon.
Un mandat pour lequel, après être allé à la rencontre de l’ensemble des acteurs qui travaillent au quotidien pour les tout-petits, elle s’est bâtie une feuille de route « non exhaustive ». Cette « Dijonnaise de cœur » – « j’aime cette ville où je suis arrivée il y a une dizaine d’année qui m’a permis, grâce à son service périscolaire élargi, de pouvoir continuer à travailler » – est une femme engagée : elle a milité une quinzaine d’années au PS avant de devenir une marcheuse pour soutenir Emmanuel Macron en 2017 face à Marine Le Pen. Elle fut membre du conseil national de LREM mais, lors des municipales, a rejoint l’équipe de François Rebsamen. « Je devais répondre à une seule question : a-t-il beaucoup fait pour mon quotidien ? »
La réponse s’est imposée d’elle-même et, dorénavant, c’est à ses côtés que Kildine Bataille œuvre pour améliorer votre quotidien…
Camille Gablo





