En 2017, la ville de Dijon lançait une première campagne pour dire stop aux mégots, canettes, chewing-gums ou déjections canines abandonnés sur l’espace public. Elle est passée au niveau supérieur avec une nouvelle campagne de sensibilisation mais aussi et surtout l’augmentation de l’amende forfaitaire pour les propriétaires de chien ne ramassant pas les déjections de leur animal. Dominique Martin-Gendre, adjointe déléguée à la propreté, nous explique ce changement de braquet…
Dijon l’Hebdo : Pourquoi cette nouvelle campagne qui ne passe pas inaperçue ?
Dominique Martin-Gendre : « Je ne tiens pas à stigmatiser les propriétaires de chien parce que la plupart sont très respectueux. Cependant, eu égard à la période compliquée que nous traversons, les rues étant plus calmes à partir de 18 heures, certains se sont sentis moins observés et nous avons assisté à un relâchement. Nous avons reçu nombre de courriers à la mairie dénonçant cette situation. Il y a des rues, des endroits où les riverains en ont assez de devoir faire attention en marchant. Aussi avons-nous décidé de lancer une campagne percutante intitulée « Zéro respect Zéro tolérance ». et nous avons dans le même temps fait passer l’amende forfaitaire à 135 € pour ceux qui ne ramassent pas les déjections de leur animal sur le domaine public. Je rappelle que nous avons le droit de le faire depuis décembre 2020 (ndlr : le nouvel article R 634-2 du Code pénal modifie les sanctions liées à ce type d’infraction). Celle-ci peut être majorée à 375 € en cas de retard de paiement après 45 ou 60 jours selon le type de règlement. Nous ne sommes pas la ville la plus chère dans ce domaine, la palme revenant à Cannes qui a, quant à elle, fixé l’amende à 450 €. Je rappelle également que des villes verbalisent les propriétaires de chien qui n’ont pas de sac – cela se fait beaucoup en Allemagne par exemple. La Police municipale et la Brigade verte ont en charge cette verbalisation ».
DLH : Justement, la propreté de la ville n’est-elle pas mise à mal par le contexte sanitaire ? Je pense notamment aux masques jetés sur la voie publique…
D. M.-G : « Nous constatons, eu égard au contexte sanitaire, à des changements de comportement. Les restaurants étant fermés, les gens mangent en extérieur. Ils s’installent sur des bancs pour pouvoir déjeuner. J’ai ainsi fait doubler certaines poubelles sur le centre-ville. C’est provisoire mais cela doit permettre de gérer les nouveaux déchets. Dans le domaine de la propreté, nous voulons véritablement être réactifs. C’est important. Nous avons le secteur piétonnier, nous avons embelli les rues et les gens doivent pouvoir marcher la tête haute. Nous avons aussi fait le choix à Dijon d’implanter les totems distributeurs de sacs. Nous offrons tout de même 1,2 million de sacs par an. Nous avons aussi renforcé la présence des Goupils sillonnant la ville, ces engins électriques dotés d’un jet d’eau et ramassant les corbeilles. Nous avons intensifié les passages pour que nos poubelles soient vidées plus souvent ».
DLH : Vous ne baissez pas ainsi la garde contre les incivilités…
D. M.-G : « Nous attendons avec grande impatience la réouverture des bars et des restaurants, le retour des touristes. L’attractivité passe évidemment par la propreté de notre capitale régionale et je n’oublie pas non plus que les déjections canines peuvent être à l’origine de chutes. En terme de microbes, ce n’est pas bon non plus… Notre objectif n’est pas de punir pour punir mais de sensibiliser tout le monde aux conséquences du manque de civisme. Nous voulons véritablement interpeller les propriétaires de chiens en leur disant : faites attention ! La ville est propre mais nous souhaitons qu’elle le soit encore plus. Il faut qu’elle sente bon, qu’elle soit agréable, qu’elle soit belle ! »
Propos recueillis par Camille Gablo





