Erdogan wanted !

La France peut-elle être sauvée ? Elle qui a été l’une des nations les plus novatrices et audacieuses du monde judéo-chrétien, le flambeau des valeurs des Lumières jusqu’aux années 1950/70 ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité à l’issue de la nouvelle attaque islamiste au couteau, qui a eu lieu à l’intérieur et aux alentours de la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice.

Aujourd’hui, le torchon brûle entre Macron, Erdogan, la Libye, et une partie du monde arabo-musulman. La voilà notre France au bord de l’abîme, sclérosée et prise entre les mâchoires d’un étau tenu par une hydre à trois têtes : la Covid 19, un islamisme implacable, et une politique migratoire ingérable devenue chasse gardée d’associations ou de tendances politiques au mieux laxistes, au pire politiquement complaisantes.

Quant à notre école publique, la montée d’une violence depuis quatre décennies, la progression d’une hostilité à l’endroit de la France (chez un bon nombre d’élèves dont les familles sont liées au salafisme ou au wahhabisme), l’aggravation d’une radicalisation des imams des QRR (hypocritement rebaptisés « quartiers de reconquête républicaine »), la déshérence – voire la démission - des enseignants nous reviennent en pleine figure avec la force d’un boomerang, au lendemain de la mort de Samuel Paty, de l’attentat de Nice. Ainsi, jour après jour, sont sapés les fondements de notre démocratie, de la liberté d’expression publique, de nos forces de police, et à fortiori des missions éducatives ou humanistes imparties au corps professoral... Et quelle est jusqu’ici notre réponse stratégique, hormis les traditionnels discours, les marches de protestation ou commémorations sans lien avec un réel courage politique ou avec toute défense affirmée de notre culture et de notre histoire ?

Plus grave ! Que nous a réservé la rentrée scolaire du 2 novembre qui - au dire de Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale – devait actionner un réveil des consciences, constituer un électrochoc ? On a assisté à un fonctionnement hyper procédural concocté par des experts ou par les bons petits soldats énarques avant d’être distillé aux enseignants, puis devant les élèves. On s’est à nouveau borné à effleurer la nécessité vitale d’une éducation laïque, ainsi que l’ouverture au monde actuel, aux connaissances scientifiques et à la pratique du sport pour les filles. Le poids des codes du « politiquement correct » vient encore de prévaloir, laissant l’école sous les influences déliquescentes que l’on sait ! Bilan : impossibilité de convertir de jeunes publics aux lois de la laïcité. De nombreux parents d’élèves, pléthore d’électeurs en ont soupé de cet angélisme, de ce manque d’offensive d’un Exécutif aussi bancal que bureaucratique. Ce type d’opération dit « rentrée du 2 novembre » n’a-t-il pas eu davantage la fonction d’escamoter la réalité, plutôt que de poser un cadre éducatif rigoureux, tout comme une discipline plus stricte ? La question reste posée à l’issue de cette usine à gaz du consensus ou de la fatalité, alors qu’il existe des zones de non-droit où nos institutions républicaines, notre culture, nos modes économiques, nos forces de police sont blackboulés, rejetés et succombent à des coups de butoir violents.

Soyons lucides. L’islamisation exècre notre laïcité… Erdogan, qui n’a rien de son illustre prédécesseur Mustapha Kemal, engage ses troupes sur plusieurs fronts, dont le boycott des produits français. Il entend punir Emmanuel Macron pour ses prises de position en faveur des caricatures de Mahomet ainsi que du droit au blasphème. Nous sommes la puissance mécréante à abattre… D’autant que l’actuel projet sur le séparatisme est de mauvais augure pour Ankara, dont les dirigeants ont investi des sommes d’argent colossales dans moult associations basées en Europe afin d’exercer leur contrôle sur la diaspora turque. Tout comme le Qatar, les Saoudiens, l’Iran et d’autres pays qui ont détaché des imams aux seuls fins propagandistes sur notre sol. Vous pensez que la France est l’objet d’ingérence, de prosélytisme, de chantage ? Et vous avez bien raison… Erdogan rêve de redonner vie et puissance à cet empire Ottoman qui dicta sa loi de l’Autriche à l’Egypte du 17ème siècle à 1912. Ira-t-il jusqu’à prêter plus ouvertement main forte à Daech ou à ses sbires ? Pour l’heure, il boycotte Danone, les fromages Bel, ainsi que l’agroalimentaire ou les marques d’automobiles françaises etc. Jusqu’à quand se contentera-t-il de n’être qu’un joueur qui prend le monde entier pour tapis et un million de portions « Vache qui rit » pour jetons ?

Marie-France Poirier

 

François Rebsamen : « La manifestation nationaliste turque radicale est absolument intolérable »

« La manifestation nationaliste turque radicale qui s’est déroulée hier à Dijon est absolument intolérable, à l’instar des très grandes tensions observées dans plusieurs villes de France. Les slogans religieux sont insupportables, alors que la France est en deuil, le jour même de l’attentat de la basilique de Nice qui a coûté la vie à trois personnes et semé l’effroi. Je souhaite que ce genre de manifestation, véritable provocation à l’égard de la République, soit interdite et son déroulement empêché, à fortiori compte tenu du couvre-feu sanitaire. Quant au maire de Chalon-sur-Saône qui s’est exprimé par un tweet odieux, je regrette la petitesse de son esprit. Ses visées électoralistes régionales ne justifient pas selon moi de déshonorer ainsi la fonction de Maire. Je me suis pour ma part exprimé pour apporter mon soutien au maire de Nice, Christian Estrosi, ma solidarité avec les Niçois, et ma compassion à l’égard de la communauté catholique ».