Bac 2022 : Session de rattrapage pour Macron ?

Bac à sable pour châteaux en Espagne ? Lauriers en bac ? Bac à lauréats ? Youpi ! La France a la gagne ! L’attribution du diplôme du bac réalisée sur la base du contrôle continu se traduit par des scores jamais atteints : le taux de réussite tourne autour de 95,7 % - soit une hausse de 13,7 points par rapport à celui de juin 2019. Ajoutez l’oral de rattrapage, et on frôlera les 99%. Voire les 99,99% ! « Vous êtes l’avenir de notre pays», déclare aussitôt Jean-Michel Blanquer sur BFM. Un peu plus tôt, notre jeune et sémillant Président avait félicité les jeunes sur Tik Tok – normal, c’est le réseau préféré des ados. Napoléon a créé le bac en 1808 ; Macron 2020 et le Covid viennent de lui porter un coup fatal, l’Education nationale ayant concocté un synopsis de la Guerre des… Bonbons tiré d’une pochette-surprise et vide de toute crédibilité.

Voilà le bac retombé en enfance. A qui profite le crime ? Sûrement pas aux quelque 730 000 nouveaux labélisés... A Macron qui se cherche « un nouveau chemin » ? Au Ministre Blanquer et au gouvernement qui pensent se mettre dans la poche les nouveaux promus ainsi que leurs parents ? Une fois terminé l’entracte de l’été, fin du mirage… Les facs seront plus que jamais bondées, loin d’offrir la perspective d’un job à beaucoup. De l’aveu même du Président lors de son entretien avec les journalistes le 14 juillet, on doit s’attendre à un nouveau flux de 800 000 chômeurs en septembre. C’est dire si l’insertion des jeunes diplômés ou de ceux qui ont choisi la voie de l’apprentissage va s’apparenter à un parcours du combattant. La rentrée risque d’être un guet-apens pour l’Elysée, pour Matignon ainsi que les Marcheurs/Randonneurs - tous dûment mandatés de la feuille de route dite des « 600 jours ».

On l’a vu : le bac sort grand perdant, devenant le passeport du nulle part-ailleurs. Quid de l’excellence, quid de la valorisation de soi par l’effort et le travail tant prônées par le président de la République ? Ces questions ont beau rester en suspens, il n’en demeure pas moins que ce dernier se voit toujours candidat chanceux à la session de rattrapage de 2022. Ne nous y trompons pas : le gouvernement Castex boursoufflé au Botox – 50% de conseillers en plus dans chaque ministère – lui fournira des antisèches bien perlées.

Cette surcharge pondérale gouvernementale nous a été vendue comme une meilleure écoute du terrain, une plus grande proximité avec les maires ainsi que les collectivités territoriales. En réalité, il s’agit moins de doper le pays que de remuscler les mollets de La République en Marche en vue de la reconquête du corps électoral qui - aux Municipales - a penché pour les écolos et grimpé tout en haut des éoliennes. Les vents semblent aujourd’hui contraires à Emmanuel Macron, notre Ulysse des Temps Modernes. Les haruspices de l’Elysée tout comme les galériens de Matignon ont bien du pain sur la planche pour lui permettre de sortir vainqueur de l’odyssée 2022.

Marie-France Poirier