Shop In Dijon vient de lancer son premier site e-commerce 100% local : tous les secteurs d’activité du commerce physique dijonnais sont désormais disponibles en ligne, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 sur my.shop-in-dijon.fr. Les produits sont livrés au domicile des consommateurs par des entreprises dijonnaises ! Une façon, virtuelle s’entend, pour les commerçants de revoir le soleil dans cette sombre période…
Dijon l’Hebdo : En tant que vice-président de l’association des Commerçants et Artisans des Métropoles de France (CAMF), vous êtes au cœur des négociations avec le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Quel est votre avis sur les mesures d’aide mises en place par le gouvernement ?
Denis Favier : « J’ai d’abord été surpris par l’ampleur de ce que le gouvernement comptait mettre sur la table. Comme Bruno Le Maire l’a dit, cela n’avait jamais été fait depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Nous sommes en état de guerre. Aussi face à cela, il fallait des mesures exceptionnelles. Celles-ci sont plutôt bonnes. Je pense notamment au fonds de solidarité de 1500 euros même si, avant qu’il ne se mette réellement en place, nous avons dû obtenir le fait qu’il puisse intervenir à partir de 50% de baisse du chiffre d’affaires. Nous attendons que l’état de catastrophe sanitaire soit déclaré afin que les assurances mettent la main à la poche pour rembourser la perte d’activité. Elles ne veulent pas car ce n’est pas dans les contrats. Elles ne jouent pas le jeu… Quant aux loyers qui représentent la plus importante charge des commerçants et artisans, il y a deux cas de figure. Pour les centres commerciaux comme la Toison d’Or, le gouvernement a demandé directement aux gérants de grosses structures de faire preuve de solidarité et de décaler les loyers. Pour les centres-villes, cela concerne une multitude de bailleurs privés. Certains en ont besoin pour vivre, lorsque ce sont par exemple d’anciens commerçants qui ont investi dans leurs murs et qui les louent afin d’avoir un complément de retraite. Et quand on connaît le montant des retraites des commerçants plus que faible ! D’autres investissent pour leur retraite future, ont des emprunts à la banque et en ont besoin également. Je suis plutôt mitigé et je dis qu’il faut regarder au cas par cas… Il y a des enjeux des différents côtés ! Et je n’oublie pas la période future, le déconfinement qui n’est pas encore d’actualité, où l’Etat devra accompagner encore plus les commerçants et les artisans ».
DLH : Votre nouveau site d’e-commerce peut-il aider vos adhérents à franchir le cap du confinement ?
D. F. : « Absolument mais ce n’est pas une initiative faite pour le confinement. Nous l’avions décidée suite aux divers rendez-vous à Bercy au moment des gilets jaunes qui nous ont fortement impactés aussi, tout comme les manifestations contre la réforme des retraites. C’est un site de mise en avant du commerce de centre-ville. Et c’est une initiative collective, au lieu d’avoir des sites individuels, pour le bien de tous. C’est en proposant un site référence unique à tous les adhérents que Shop In Dijon assure une représentativité plus impactante que des initiatives indépendantes. Nous avons mis du temps afin de développer cet outil performant et il arrive durant cette période. C’est un site local qui permet de favoriser le consommer local sur le web. Nous faisons ainsi des chèques cadeaux locaux… »
DLH : Combien de commerçants se sont d’ores et déjà inscrits sur votre nouveau site d’e-commerce ?
D. F. : « Nous avons déjà vingt commerçants qui jouent le jeu. Nous souhaitons que tous les commerçants du centre-ville prennent conscience que c’est un outil supplémentaire en ligne. Il y a Internet et nous en avons tous besoin. Nous ne pourrons jamais combattre les gros mastodontes comme Amazone mais si nous pouvons limiter un peu leur impact ce sera parfait ! »
Propos recueillis par C.G.





