Thierry Falconnet : « Nous avons renoué une relation de confiance avec les habitants »

Elu par le conseil municipal le 21 septembre 2015, Thierry Falconnet se présente cette fois-ci à la tête de la liste d’union de la gauche « Chenôve pour tous ». Il veut faire, notamment, de « Chenôve une ville citoyenne et participative », « une ville de transition écologique » mais aussi « une ville unie, rassemblée et solidaire ». Entretien…

Dijon l’Hebdo : Le 21 septembre 2015, vous étiez élu maire de Chenôve après la démission de Jean Esmonin. Les municipales des 15 et 22 mars prochains seront donc une première pour vous car vous vous présentez cette fois comme maire sortant…

Thierry Falconnet : « C’est effectivement une première après quasiment 5 ans de mandat, avec un bilan important que l’on a eu l’occasion de présenter lors de 4 réunions publiques. Nous repartons dans la configuration de l’union de la gauche, la gauche s’arrêtant à La République en Marche, puisque je n’ai pas souhaité qu’elle soit présente sur la liste. Le représentant local de LREM a préféré rejoindre Les Républicains, puisque l’important pour lui est d’être élu, peu importe la couleur politique. C’est l’avantage du « en même temps » ! Une autre liste se présente se réclamant également de l’action du président de la République et du gouvernement menée par mon ex-premier adjoint dont je me suis séparé dans les conditions que chacun connaît à Chenôve. Ce que je vois quant à son positionnement, c’est qu’il s’est fait élire comme conseiller départemental socialiste, aujourd’hui il vote le budget de François Sauvadet. Sur toute une série de questions, il navigue à la godille en fonction de l’ère du temps et du moment. Il n’avait par exemple pas de mots assez durs sur moi et sur ma politique en matière de tranquillité publique en dénonçant un caractère répressif. Aujourd’hui, je vois qu’il demande, comme je l’ai fait il y a 6 mois, le classement du quartier du Mail en quartier de reconquête républicaine. Il demande un renforcement des effectifs de la police municipale alors que, lorsqu’il était en responsabilité, il y était radicalement opposé. Cela s’appelle du girouettisme politique ! Face à ces deux listes, nous avons souhaité opéré un très large rassemblement. Rassemblement d’abord des forces de gauche : Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste français, Générations, le Parti socialiste. Et puis, nous avons l’apport de personnalités de la société civile, toutes républicaines et démocrates de progrès ».

DLH : S’il fallait ne retenir que quelques-unes de vos actions depuis 2015, quelles seraient-elles ?

T. F. : « Je souhaite déjà souligner une méthode visant à renouer une relation de confiance avec les habitants de Chenôve, une relation qui s’était délitée au fil du temps. Nous avons imprimé une marque forte en matière de participation citoyenne, de concertation, d’association des habitants à la vie publique et aux grandes décisions prises par la municipalité. Je suis particulièrement heureux d’avoir recréé une relation fluide et de confiance avec nos concitoyens. Et nous avons mis sur les fonds baptismaux toute une série de projets, notamment ceux de renouvellement urbain, dans la suite de ce qui avait été fait depuis une quinzaine d’année. Nos projets vont poursuivre la transformation profonde de Chenôve. Je citerai ainsi la finalisation de la Cour Margot. Aujourd’hui, tous les ilots du centre ville ont fait l’objet d’une manifestation d’intérêt par des aménageurs, notamment de dimension nationale. Cela signifie que, malgré le déficit d’image dont elle peut encore souffrir, Chenôve est une ville attractive pour les aménageurs, pour les promoteurs et pour les lotisseurs immobiliers. Le renouvellement urbain se poursuit avec d’une part la déconstruction du centre commercial Saint-Exupéry qui est faite et demain l’installation d’un parc paysager naturel de 4 ha en cœur de ville ».

DLH : Ce parc disposera-t-il d’équipements particuliers ?

T. F. : « Ce parc a d’abord comme première vocation de végétaliser la ville et de participer au retour de la nature en ville. Nous avons une ville très marquée par l’urbanisation des années 60/70, par le bitume, par le béton et par l’automobile. Il faut équilibrer cette ville sur le plan de son cadre de vie et de son cadre environnemental. Ce parc sera aussi demain un lieu de convivialité et de rencontres. Nous allons y créer une offre culturelle de plein air, en lien avec le Cèdre à proximité. Nous souhaitons aussi créer un café associatif pour favoriser la sociabilité de quartier. Ce sera un espace aménagé pour y permettre le repos, avec des îlots de fraicheur, des espaces de jeux pour les enfants, des espaces de sport détente pour les adultes. Nous favoriserons aussi les mobilités douces, notamment la marche. Notre idée est que demain nous puissions traverser Chenôve à pied ou à vélo de manière sécurisée notamment à travers cet espace ».

DLH : Est-ce la lutte contre le réchauffement climatique qui vous motive quant à l’avènement de ce parc ?

T. F. : « La végétalisation permettra en effet de lutter contre le réchauffement climatique et fera baisser la température en ville. Recréer des îlots de fraicheur, dans le parc mais partout dans la ville, permettra aux habitants de Chenôve de faire face aux épisodes caniculaires. Sans être amené à couvrir Chenôve de climatisations quand l’on sait leur effet néfaste sur le réchauffement. Nous favoriserons aussi la végétalisation et un îlot de fraicheur dans l’espace libéré par la tour 12 Renan. Un espace de jeux pour les 8-15 ans a déjà vu le jour. Concernant le réaménagement du secteur Kennedy-Valendons-Pétigny, nous en sommes à la phase de concertation et nous avons là aussi la manifestation d’intérêt d’un acteur majeur de la promotion immobilière et de l’aménagement urbain. Nous allons travailler sur la modernisation de l’offre commerciale de proximité et la construction de logements principalement en accession libre et aidée. Nous menons aussi le projet des Vergers du Sud avec la SPLAAD et Dijon métropole. Le long de l’avenue Roland-Carraz, nous ferons sortir de terre un éco-quartier exemplaire sur le plan de la mixité sociale – avec 20% de logements à loyer modéré et 80 % en accession libre ou aidée. Nous voulons aussi une mixité générationnelle, avec l’installation de logements seniors de type Village Bleu et le développement de formes originales d’habitat – modulable, participatif – afin de redonner à Chenôve cette dimension de laboratoire urbain ».

DLH : Qu’en est-il de l’aménagement de l’entrée Sud de la métropole ?

T. F. : « En lien avec Dijon métropole, le dernier grand projet structurant concerne la requalification de l’avenir Roland-Carraz et des rues de Marsannay et Maxime-Guillot afin de préfigurer le prolongement du tramway jusqu’à Perrigny-lès-Dijon. En accord avec François Rebsamen, l’idée est de limiter l’utilisation de la voiture à l’entrée Sud de la métropole. Pour ce faire, il faut installer un parking relais, à Perrigny par exemple. La priorité est mise par le président de Dijon métropole sur le prolongement du tramway à Chevigny-saint-Sauveur mais il souhaite également que nous dotions le sud de la métropole d’un transport en commun de type tramway. Demain l’avenue Roland-Carraz sera complètement reconfigurée dans le sens d’une réduction de la circulation automobile. Une voie centrale sera destinée, dans un premier temps, à accueillir des bus avec une fréquence plus importante parce que notre objectif est d’urbaniser l’avenue Roland-Carraz, qui sera l’axe majeur de développement de Chenôve. Toujours avec Dijon métropole, nous moderniserons et donnerons un coup de jeune à la zone d’activités économiques et commerciales.

En lien avec le projet TIGA d’alimentation durable à l’horizon 2030, nous aménagerons la zone Europa en zone maraichère de manière à y installer des cultures bio. J’ai l’ambition de passer au 100% bio dans les cantines scolaires et au restaurant municipal d’ici à 2026. Pour ce faire, nous devrons nous donner les moyens de travailler en circuits courts et avec des producteurs locaux ».

DLH : Comment allez-vous lutter contre l’insécurité et la délinquance qui ont régulièrement placé Chenôve – notamment cet été – dans les pages faits divers ?

T. F. : « L’énergie et l’attention que j’ai pu porter à ce dossier seront les mêmes lors du prochain mandat. Il faut un maire qui tienne la ligne sur ces questions et notamment face à l’Etat. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans des troubles à la tranquillité publique mais des troubles à la sécurité publique et des entraves à l’ordre public. Or je rappelle que les prérogatives du maire concernent la tranquillité publique. C’est pour cela que nous trouvons, dans notre programme, 3 propositions qui s’adressent à l’Etat : le classement du Mail en quartier de reconquête républicaine montrera que le gouvernement a pris toute la mesure des événements qui se sont déroulés cet été à Chenôve, pour lesquels la réponse n’a pas été à la hauteur. Nous demandons aussi le renforcement des effectifs de police affectés au territoire de Chenôve. Nous avons un commissariat qui est vide aujourd’hui. Je souhaite que Chenôve voit concrètement le déploiement de moyens de police et de justice pour lutter contre le trafic de stupéfiants. Celui-ci a pris aujourd’hui une ampleur trop importante. Il doit être combattu avec fermeté parce qu’il mine notre pacte républicain. J’ai aussi le projet d’augmenter les effectifs de la police municipale de trois membres supplémentaires – ce qui porterait leur nombre à 12 –, voire d’un quatrième si les finances de la ville le permettent. Parce que je souhaite que la police municipale soit présente sur une amplitude horaire plus importante, notamment le soir et le week-end. Nous poursuivrons le déploiement des caméras de vidéo-protection sur les points les plus sensibles. Nous créerons une brigade verte pour veiller à la propreté de la ville et la protection du plateau ».

DLH : Les finances de la ville vous permettent-elles d’envisager de tels projets ?

T. F. : « Nous ferons tout cela en garantissant une situation financière de la ville saine. J’ai renforcé les capacités financières de la ville, en menant volontairement une politique d’économies de fonctionnement. Quand les communes voient en moyenne leurs dépenses augmenter de 1,4% sur le mandat, nous avons diminué de 0,4% par an les dépenses de fonctionnement. Nous n’avons pas augmenté les taux communaux durant 4 ans et nous avons reconstitué des marges de manœuvre en améliorant l’autofinancement de la ville. Nous sommes à 4 ans de remboursement de la dette. Cela nous permettra de financer nos projets sans dégrader la situation financière de la ville ».

Propos recueillis par Jeanne Vernay