Stéphane Woynaroski « convaincu par la protection de l’environnement depuis toujours »

A la tête de Vivre Talant 2020, le conseiller régional, qui a l’écologie chevillée au corps – une preuve, s’il en est, c’est à vélo qu’il arrive pour cette interview –, Stéphane Woynaroski se présente pour la 3e fois aux élections municipales à Talant. Mais les conditions sont cette fois-ci bien différentes de 2008 et 2014…

Dijon l’Hebdo : Comment abordez-vous cette 3e élection municipale, où, pour la première fois, vous n’affronterez pas Gilbert Menut qui a décidé de passer la main ?

Stéphane Woynaroski : « Cela crée de nouvelles conditions que je n’ai jamais connues puisqu’en 2008 et 2014 je me suis présenté contre Gilbert Menut. Je l’analyse comme une fenêtre de tir qui s’ouvre d’autant plus que l’on sait que la succession n’a pas forcément été facile à mettre en place. Cela crée de nouvelles opportunités mais je le prends très prudemment et très sereinement car, pour avoir connu et des défaites et des victoires électorales, je sais que rien n’est joué jusqu’à ce que les électrices et les électeurs ne se soient prononcés ».

DLH : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez découvert que La République en Marche rejoignait la liste de la majorité sortante ?

S. W. : « Je n’ai jamais recherché le soutien de LREM. Notre liste est très clairement soutenue par Europe Ecologie-Les Verts, Générations, le PCF et le PS, ainsi que l’association La Fabrique citoyenne. Avec une nouveauté aussi : deux tiers de mes colistiers ne sont pas membres d’un parti politique. Sachez aussi que la liste est renouvelée par rapport à 2014 de deux tiers et que la moyenne d’âge est de 53 ans ».

DLH : Le nom du président de votre comité de soutien ne passe pas inaperçu : Laurent Grandguillaume… Effectue-t-il ainsi son retour dans la vie politique locale ?

S. W. : « C’est surtout un ami. C’est une démarche que j’ai fait en amitié avec Laurent. Nous avons commencé ensemble au MJS et nous nous connaissons depuis longtemps. Je l’ai toujours soutenu dans ses campagnes, en particulier lorsqu’il fut élu député sur la 1re circonscription de Côte-d’Or. J’apprécie ce qu’il a fait sur son association territoires 0 chômeur de longue durée. Il a accepté sans difficulté et j’en suis très heureux ! Il sera présent pour la dernière réunion publique le 12 mars à 18 h 30 salle Jean-Gabin à l’espace G.-Brassens ».

DLH : Gilbert Menut n’a de cesse de tirer à boulets rouges sur le président de la métropole, François Rebsamen. Quelle sera votre positionnement par rapport à Dijon métropole ?

S. W. : « Lors d’un conseil municipal, j’ai rappelé au maire qu’il était le principal pourfendeur de la métropole après en avoir été pendant 12 ans un vice-président zélé. Ce positionnement de village gaulois par rapport à la métropole devient surréaliste. Talant est tout de même la seule commune qui, in fine, n’a pas voté le PLUI-HD. Cette position n’est pas tenable et est mal perçue de la population talantaise dans tous les quartiers. Il ne faut pas gommer les spécificités talantaises mais il faut des relations apaisées avec la métropole afin que l’on puisse travailler ensemble, comme le font d’autres maires, y compris ceux de la sensibilité de Gilbert Menut ».

DLH : Vous êtes conseiller régional délégué à l’Agenda 21, à la biodiversité et aux parcs. Aussi n’est-il pas étonnant de découvrir l’écologie en tête de votre programme ?

S. W. : « Je suis profondément convaincu, et ce depuis toujours, par la protection de l’environnement. Nous voulons une ville plus plus tranquille – c’est un vrai sujet en particulier sur le quartier du Belvédère mais pas que –, plus dynamique et plus solidaire. Mais nous voulons une ville plus écologique. Dans ce domaine, je ne suis pas de ceux qui disent : il faut planter des arbres pour planter des arbres. Nous avons des projets concrets de désartificialisation et surtout de réaménagement des cours d’école. Nous prônons l’installation d’îlots de fraicheur – on a vu cette impérieuse nécessité lors des derniers épisodes caniculaires. Je veux aussi développer des jardins partagés en pied d’immeuble dans une optique de convivialité et de projet en commun. Talant a un vrai atout au niveau de ses espaces naturels mais nous devons les valoriser d’un point de vue pédagogique. Concernant le vignoble de Talant, je souhaite que l’on revienne à des vignes en bio. Le développement des composteurs collectifs me tient aussi beaucoup à cœur. Je suis pour les énergies renouvelables mais pas n’importe où ni n’importe comment. Par exemple, je souhaite les panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments municipaux et non le projet de la centrale prévue par l’actuelle majorité sur les terrains agricoles et naturels. Ce projet est tout de même en contradiction avec son propre PLU. Nous pouvons également installer des récupérateurs d’eau de pluie sur les bâtiments publics… »

DLH : Comment comptez-vous juguler les faits de délinquance commis sur Talant ?

S.W. : « J’entends dire que, de l’autre côté, ils veulent embaucher des policiers municipaux. Très bien mais cette proposition je l’ai faite en 2014 et je l’ai réitérée de manière régulière tout au long du mandat. Elle m’a toujours été refusée. Je le dis très clairement : il faut créer une équipe de 5 policiers municipaux alors qu’ils ne sont que 2 aujourd’hui. Derrière, nous devrons avoir le débat sur la question de leur armement. Sur le volet médiation, il faut savoir que, contrecoup du cavalier seul contre la métropole, Talant n’a pas adhéré au dispositif d’association de médiation du Grand Dijon. Celui-ci nous permettrait une présence horaire accrue jusqu’à 22 h en hiver voire 23 h 30 en été… »

Propos recueillis par Camille Gablo