Jean-Pierre Deramecourt : « Nous voulons maintenir un climat de confiance ! »

Le 13 janvier, le président du Directoire a organisé la traditionnelle cérémonie des vœux de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté. A cette occasion, Jean-Pierre Deramecourt a répondu à nos questions sur le présent mais aussi sur l’avenir. Un avenir que la CEBFC entend sécuriser pour l’ensemble de ses clients – particuliers, entreprises, collectivités locales… – comme pour ses salariés.

Dijon l’Hebdo : La Caisse d'Epargne s’est considérablement transformée, réussissant le tour de force, comme vous le dites régulièrement, d’être « la banque la plus ancienne tout en étant la plus moderne… » La CEBFC a donné l’exemple, avec, notamment, la participation aux côtés de Natixis à l’Open Payment dans le tram dijonnais (une première en France) ou encore les crédits immobiliers en ligne… Pourquoi avoir fait de la digitalisation l’une de vos priorités ?

Jean-Pierre Deramecourt : « Ce n’est pas une surprise. Dans tous les secteurs d’activité, le développement des technologies et en particulier le digital modifient considérablement les choses. C’est vrai entre les clients et les entreprises et entre les entreprises elles-mêmes. La banque n’échappe pas à ce phénomène. Nous devons en permanence nous adapter. La digitalisation est un moyen qui permet de répondre aux besoins de nos clients qui souhaitent pouvoir avoir accès à leur banque, à tout moment, à distance notamment pour les opérations courantes. Ceux-ci viennent moins souvent en agence mais ils souhaitent, comme nous lindique une enquête BVA, encore être accueillis dans nos agences pour du conseil dans des moments clés de leur vie. Nos clients doivent pourvoir nous joindre par tout moyen à leur convenance : mobile, téléphone, mails, site internet ou bien agence. Le groupe et les caisses d’épargne ont accéléré ces dernières années leur investissement sur ces questions. Les résultats sont au rendez-vous puisque dans sa dernière étude annuelle, lagence de notation digitale D-rating place les Caisses dEpargne au premier rang des banques dites traditionnelles sur le niveau dusage et de performance de leur canaux digitaux. Nous sommes au niveau des pures players qui ne disposent pas d’agences. Nous avons beaucoup progressé dans ce domaine et nous allons continuer de le faire et pour toutes nos clientèles – les particuliers, les professionnels, les entreprises, les collectivités – mais aussi pour améliorer notre organisation interne. En œuvrant à la dématérialisation, nous travaillons avec de moins en moins de papier. Nous n’investissons pas dans le digital afin de faire des économies, même si cela peut être un vecteur, mais nous le faisons afin de mieux servir nos clients et pour fluidifier nos méthodes de travail ».

DLH : Le réseau de vos agences sur l’ensemble du territoire a lui aussi considérablement évolué. La nouvelle agence Dijon Centre, place Grangier, représente-t-elle l’agence étalon de la CEBFC ?

J.-P. D. : « Le centre-ville de Dijon concentrait 3 agences dans un périmètre réduit. Afin de réunir l’ensemble des compétences et expertises, le choix a été fait de créer une agence plus centrale au cœur de ville et favorisant un accueil optimal de toutes les clientèles.

Cette création s’inscrit dans l’ambitieux programme de rénovation d’agences que nous menons chaque année. Nous y consacrons plus de 10 millions d’euros avec comme objectifs d’offrir à notre clientèle le meilleur service et accueil possibles, tout en maintenant la proximité sur le territoire.

Dans un environnement très concurrentiel et d’évolution vers une société responsable, la Caisse d’Épargne mise sur la profondeur de ses racines pour se différencier. Pour être plus proche de nos clients, nous valorisons notre ancrage régional et rénovons nos agences pour les rendre plus chaleureuses. Il suffit de voir les magnifiques photos exposées au sein de notre agence Dijon Centre pour le constater. Sachez que celles-ci montrant, par exemple, la chouette, l’église Notre Dame, ont été réalisées par l’une de nos collaboratrices. Nos clients viennent moins souvent mais nous les accueillons de mieux en mieux ».

DLH : En étant aux côtés d’une collectivité sur deux dans toute la région, vous êtes également sans conteste un acteur essentiel de l’aménagement de tous les territoires… Comment réussissez-vous à rester la banque leader dans ce domaine ?

J.-P. D. : « La Caisse d’Epargne est non seulement la banque des collectivités locales mais aussi depuis son origine actrice dans toutes les structures qui participent à ce qu’il est convenu d’appeler la vie de la cité. Nous travaillons en confiance avec les élus. Ce n’est pas par hasard, par exemple, que la Caisse d’Epargne a organisé le financement des travaux du passage Bareuzai à Dijon. Notre rôle principal est de participer activement au développement économique et social de notre territoire ».

DLH : Quels sont vos objectifs, notamment financiers, pour cette année 2020 ?

J.-P. D. : « La Caisse d’Epargne de Bourgogne-Franche-Comté va bien. Elle a encore renforcé en 2019 sa solidité financière. Mais nos objectifs dépassent la dimension financière stricto sensu. Nous vivons une période de profondes transformations, liées aux changements de comportements des clients mais également à la situation économique et financière actuelle. Depuis la crise de 2008, les banques centrales soutiennent fortement le développement économique par une politique financière vigoureuse, ce que l’on appelle le quantitative easing, aboutissant à une importante mise à disposition de liquidités pour encourager les investissements et la croissance. Cela a des conséquences sur notre business model : baisse des taux d’intérêt et des marges. Nous sommes également dans un monde où le réglementaire est extrêmement important. Il veille à la solidité des banques mais il s’occupe aussi, et à juste titre, de protéger les clients et donc de la façon dont nous exerçons notre devoir de conseil. Il intervient, et cela d’une façon de plus en plus prégnante, sur la protection des données. Les banques sont des tiers de confiance et les clients ont besoin d’avoir confiance dans la bonne protection des informations dont disposent d’une façon générale les entreprises et en particulier les banques. Nous sommes et nous serons très attentifs afin de respecter la volonté des clients d’être bien protégés dans ce domaine. Nous voulons maintenir un véritable climat de confiance ».

DLH : Dans cette période d’incertitudes, obtenir un climat de confiance peut s’avérer compliqué…

J.-P. D. : « Les interrogations sur l’avenir sont en effet nombreuses. Je pense à l’avenir économique mais aussi à l’avenir de la planète – maintenant lorsque l’on utilise cette sémantique, l’on n’est plus grandiloquent, tout le monde s’est aperçu que c’était très sérieux. Il est pour moi essentiel d’être aux côtés de nos clients qui réfléchissent à leur avenir. Nous travaillons avec eux pour leur rendre la vie quotidienne plus facile mais aussi afin qu’ils puissent bien anticiper leur avenir par l’épargne, par la préparation de la retraite ou encore par le crédit. Ce n’est pas nouveau mais c’est encore plus vrai aujourd’hui. Je parle d’un avenir sécurisé sur beaucoup d’aspects. Derrière les mouvements sociaux, il y a les craintes d’un monde où l’on ne maîtrisera plus forcément les choses. Nous sommes attentifs à cela. Dans nos priorités, nous œuvrons aussi pour que l’ensemble des équipes de la CEBFC sentent qu’elles ont un rôle d’avenir, que ce soit celui de leurs clients mais aussi le leur. Nos métiers évoluent et de ce fait il faut que nous ayons encore plus des organisations apprenantes. Il est important que le manager simplique totalement dans la transmission des compétences auprès des équipes ».

Le futur siège de la CEBFC qui doit sortir de terre cette année, tout de bois vêtu, sera un bâtiment exemplaire sur le plan environnemental et apportera ainsi lui aussi sa pierre à un avenir durable. Pensez-vous que ce bâtiment puisse être réellement finalisé en 2020 ?

J.-P. D. : « Lorsque l’on construit un bâtiment classique, nous devons faire face à des aléas susceptibles de générer des retards. Quand on s’oriente vers ce type de bâtiment, avec un procédé novateur, on augmente les aléas. Il sortira de terre en 2020 et nous avons prévu de déménager au début de l’année prochaine ».

DLH : Pourquoi le groupe BPCE est-il devenu le premier partenaire Premium de Paris 2024 ?

J.-P. D. : « En 2018, le groupe a, en effet, souhaité être partenaire Premium des Jeux olympiques. C’est un engagement fort. Nous apprécions les valeurs sportives : la cohésion, l’esprit d’équipe, les challenges à relever, le dépassement de soi, l’excellence … Ce sont des valeurs de qualité mais aussi fédératrices. Il y a derrière les JO la fierté nationale qui peut s’exprimer mais au sens noble du terme. Je ne suis pas pour le repli sur soi mais pour l’ouverture sur les autres. Il suffit de se rendre une fois dans un village olympique pour constater à quel point la rencontre entre les peuples se fait dans un esprit extrêmement positif. Nous nous imprégnons au sein du groupe de ces valeurs. La Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté adhère fortement à ces principes. Aussi avons-nous souhaité soutenir sept sportives et sportifs régionaux aux JO et aux Jeux Paralympiques (voir encadré). Et ce, dans des disciplines diverses allant jusqu’à la dernière en date inscrite au JO : le hip hop. Nous serons aux côtés d’une Dijonnaise championne du monde à deux reprises : Sarah Bee. Nous allons suivre leurs performances et les supporter. Nous allons les accompagner pour les JO de Tokyo mais aussi on l’espère pour ceux de Paris en 2024 ! »

Camille Gablo

Les sportifs soutenus pour les Jeux Olympiques

Sarah Bee (hip/hop, breaking dance) : 30 ans, championne du monde 2008/2009, Côte-d’Or

Cédric Fèvre (tir sportif carabine 10 m et 50 m) : 35 ans, champion paralympique et recordman à Londres en 2012, Saône-et-Loire,

Kevin Carvalho (gymnastique) : 20 ans, champion de France junior 2016 au Concours général, Saône-et-Loire

Eugénie Dorange (canoë) : 21 ans, vice-championne du monde junior, élue Étoile du Sport 2018, Yonne

Jules Cyprès (athlétisme, saut à la perche) : 22 ans, champion de France espoir 2019, Nièvre

Evita Muzic (cyclisme) : 20 ans, championne de France junior 2017, Jura

Ilman Mukhtarov (lutte libre) : 23 ans, 10 titres de champion de France, 3e aux championnats d’Europe 2018 et 2019, Doubs