Dijon : Franck Ayache veut « construire la majorité de demain »

Discret mais déterminé. C’est ainsi que l’on pourrait présenter l’engagement politique de Franck Ayache. Conseiller municipal, il a fondé son propre groupe de centre-droit qu’il a baptisé « Construire Dijon autrement ». Bien décidé de s’extraire de la cacophonie qui règne au sein de la droite dijonnaise, il laisse clairement entendre qu’il faudra compter sur lui pour les prochaines élections municipales. Franck Ayache ne rejette pas pour autant l’idée d’une union, « mais pas pour perdre ».

Dijon l'Hebdo : En mars 2014, à Dijon, la droite et le centre enregistraient une nouvelle défaite aux élections municipales. De la liste conduite par Alain Houpert, seules dix personnes allaient siéger sur les bancs de l'opposition. Comment expliquez-vous les dissensions qui sont apparues au point d'aboutir, au fil du temps, à la création de trois groupes ?

Franck Ayache :« A l'époque, il n'y avait effectivement qu'un groupe, celui de la droite et du centre. Je ne l'ai rejoins que neuf mois après la mise en place du conseil municipal, bénéficiant, si on peut dire, de la démission d'une élue de notre liste.

Emmanuel Bichot a quitté le groupe avec Chantal Outhier pour créer « Agir pour Dijon ». Laurent Bourguignat, lui, est sorti un peu plus tard avec Virginie Voisin-Vairelles. Cette situation m’a fait réagir et je me suis mis en marge de ces dissensions. La sérénité n’étant pas revenue, j’ai pris la décision de créer mon groupe « Construire Dijon autrement » et François Hélie m’a rejoint. Deux élus ont fait le choix de rester seuls : Alain Houpert et Catherine Vandriesse.

Au final, on voit bien que ce sont les egos des élus qui voulaient être tête de liste aux municipales qui ont pris le dessus. »

DLH : Selon vous, quelle serait la solution la plus efficace pour réaliser au sein de cette opposition municipale cette union qui fait défaut ?

F. A :Voyant les divisions s’installer durablement, j’ai proposé la création d’un inter-groupe. Cette solution n’a pas été retenue. Aujourd’hui, la vraie préoccupation, c’est 2020. Le slogan de mon groupe, c’est « construire la majorité de demain ». Faire l’union pour perdre, ça ne m’intéresse pas. Une association qui soutient mon groupe a été créée. C’est un cercle de gens qui me sont fidèles. Ce sont des centristes, des UDI, des radicaux, des sans étiquette. Et nous sommes tous au travail pour préparer l’alternance à Dijon en 2020. »

DLH : Pensez-vous que la droite et le centre réussiront à faire une seule et même liste en mars 2020 à Dijon ?

F. Y :« Je ne sais pas. On s’est posé la question, pour ce qui nous concerne, de savoir si nous étions plus proches des Républicains ou de la République en Marche. Nous en sommes restés là et nous avons pris l’option d’avancer sur nos valeurs. On remarque que les prétendants ne manquent pas chez les Républicains. L’union sera possible avec certains mais pas avec d’autres précisément au regard des valeurs que nous défendons. »

DLH : Vous faites référence à Emmanuel Bichot qui a accepté dans son groupe un transfuge de la liste du Front national ?

F. A :« Pour moi, c’est un candidat trop clivant. Je pense qu’aujourd’hui il n’est pas en capacité de gagner. »

DLH : Et si l’union n’est pas possible, vous serez candidat ?

F. A :« Si c’était le cas, je serai clairement candidat et je m’y prépare. »

DLH : A part le vôtre, quel serait le meilleur profil pour conduire la liste de la droite et du centre à Dijon ?

F. A :« Je pense que mon profil est bon. Je n’ai pas à rougir par rapport à d’autres candidats potentiels. Avant de désigner une tête de liste, il faut se mettre d’accord sur un socle commun de valeurs et sur les grandes lignes d’un projet. On verra alors quelle est la meilleure personne capable de porter et soutenir ce projet. La meilleure personne capable de déclencher l’adhésion. Aujourd’hui, les partis politiques sont utiles pour préparer les élections mais ce sont les personnes qui vont les gagner. »

DLH : Justement, il y a un nom qui revient avec beaucoup d’insistance depuis quelque temps, c’est celui de Rémi Delatte…

F. A : « Il faut déjà que Les républicains choisissent leur candidat. Et nous restons très attentifs car il y a deux lignes qu’il ne faut pas franchir. Deux lignes rouges : celle de l’extrême droite et celle des euro-sceptiques. Notre porte restera ouverte à cette condition. »

DLH : Face à cette confusion qui règne au sein de l’opposition municipale, n’avez-vous pas eu la volonté de tout laisser tomber et faire autre chose ?

F. A :« Découragé, j’ai pu l’être. Mais cela n’a jais duré très longtemps. Je ne vis pas de la politique mais la politique me passionne. Pas la politique politicienne, celle des partis, mais la politique au niveau des gens. Les élections départementales m’ont permis de voir ce que pouvait donner une campagne sur mon propre nom. Ca a été une bonne surprise malgré toutes les peaux de banane que mes « amis » politiques ont pu lancer. Une semaine de plus et je pouvais gagner.

La situation que nous vivons est pour le moins confuse au sein de cette opposition municipale. Mais au final, c’est très motivant. Je n’incarne pas le centre mou. Les gens qui me connaissent le savent. Je ne suis pas dogmatique. Donc, j’écoute. Aussi bien les gens de gauche que les gens de droite. J’aime me plonger dans les dossiers. J’y ai, par exemple, détecté des tas de problème dans la gestion municipale… sans pour autant dire que tout ce qui est fait est mal. »

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre