Dijon Métropole Développement a tenu le 15 juin son assemblée générale. L’occasion de faire un point sur l’avenir de l’agence de développement économie du territoire de Dijon Métropole avec son président François-André Allaert.
Dijon L’Hebdo : Comment se porte Dijon Métropole Développement ?
François-André Allaert : « Après une période de réflexion, à l’image de celle donnée au niveau de la métropole sur ses nouvelles missions, Dijon Métropole Développement se porte bien. Au terme de cette période de réflexion, la structure que je préside s’oriente aujourd’hui vers une action renforcée dans ses missions de prospection au profit de l’attractivité territoriale. En clair, maintenir les entreprises locales, mais aussi aller en chercher d’autres et notamment dans nos domaines tête de pont que sont la santé, l’agro-alimentaire et le numérique. Cette activité va se traduire par la création de nouveaux postes de prospecteurs et par un travail renforcé avec les services de la métropole sur l’attractivité territoriale au profit de la marque Just Dijon et aussi d’une coordination renforcée sur la promotion de la métropole dans les grands salons internationaux, qu’ils soient des salons d’immobilier, mais aussi des salons techniques, comme le salon international de l’alimentation. »
DLH : Reste-t-il de la place pour une entreprise qui souhaiterait s’implanter sur la métropole ?
F-A. A : « Nous avons encore des dizaines d’hectares disponibles pour implanter des entreprises avec des zones extrêmement bien viabilisées. Il y aura une sélection qui sera en faveur de Dijon pour beaucoup d’entreprises, en raison non seulement de notre accessibilité au cœur du réseau ferroviaire entre Paris, Lyon, Bâle, Mulhouse, sur un réseau autoroutier mais également sur une immense attractivité en termes de qualité de vie. Aujourd’hui, à Dijon, le temps moyen pour venir travailler est de quelques minutes et les grèves de la SNCF par exemple n’ont pas fracassé l’activité comme ça peut être le cas dans les mégapoles qui nous environnent. Et justement, ce qui peut faire venir ces cadres que nous recherchons et ces techniciens dont nous avons besoin pour satisfaire aux besoins des entreprises, c’est cette qualité de vie qu’ils pourront trouver sur Dijon, par la qualité de l’air, des infrastructures, de la culture, de l’environnement… Dijon a véritablement aujourd’hui atteint un tropisme de qualité de vie peu égalé en France. »
DLH : Quels sont les grands projets pour l’année 2018 et les années à venir ?
F-A. A : « Je crois que les grands projets sont déjà partis. Réaliser et finaliser cette cité internationale de la gastronomie et du vin. Développer cette ville connectée et intelligente, qui fait de nous vraiment quelque chose d’assez unique en Europe. Il y a également ce projet TIGA sur l’alimentation durable. En fait nos grands projets touchent véritablement aux fondamentaux de la vie des personnes. C’est à dire que l’alimentation ou le numérique, ce sont les deux grands domaines dans lesquels il va y avoir le plus d’évolutions dans notre vie quotidienne parce que les paradigmes changent. Nous ne sommes plus en situation de chercher de quoi manger, ce qui a été hélas l’apanage pendant des siècles, nous sommes en recherche de mieux manger et de mieux vivre. De même, le numérique est une autre évolution. Nous avons développé le jeu des communications et l’enjeu aujourd’hui est de savoir comment mieux communiquer tout en préservant des libertés individuelles lorsqu’on se met à traiter des données personnelles. En fait nous sommes dans la phase de trouver l’équilibre. Et Dijon et sa métropole est une terre de bien-être parce que c’est une terre d’équilibre. »
DLH : Quel sera votre cheval de bataille en 2018 ?
F-A. A : « Je fais partie des gens qui sont de fervent défenseurs du mot commercial. Dans toute l’histoire, c’est le commerce qui a protégé la paix. Et c’est le commerce qui est à l’origine de l’économie. Je dirais même que les plus belles innovations et les plus grands bouleversements technologiques ne sont rien s’il n’y a pas des gens qui sont capables de le vendre. C’est faux de croire qu’un produit, quelle que soit sa qualité, se vend tout seul. Même le smartphone qui a quand même changé totalement la communication dans le monde et qui représente aujourd’hui des montants énormes, encore a-t-il fallu à un moment donné qu’il y ait quelqu’un qui a été le vendre. De le proposer et de convaincre les gens que c’est utile, que c’est intéressant et que c’est productif. Il n’y a pas de produit immanent. Et je crois aujourd’hui qu’il faut revaloriser la profession de commercial parce que c’est une profession qui est injustement décriée. Elle est un élément manquant. Aujourd’hui, c’est peut-être le commercial qui est le chaînon manquant de notre succès économique. Nous avons des idées, parfois nous ne savons pas les vendre. »
Propos recueillis par Antonin Tabard
Dijon Métropole Développement en quelques chiffres
EN 2017, Dijon Métropole Développement comptait 137 adhérents, soit 20 786 salariés du secteur privé. L’agence de développement économique du territoire de la métropole dijonnaise a suivi 387 projets, dont 101 créés en 2017. 35 projets ont abouti au cours de l’année, 1 489 emplois ont été directement concernés et 290 emplois ont été créés.





