Le jour de son élection, « il y a un an à peine » (plagions Mort Schumann), Emmanuel Macron entendait jouer son complet-veston de jeune Président de la République sur une nouvelle démocratie en marche. Quelle est la nature de sa stratégie pour contrer des places-fortes, telles que la SNCF retranchée dans un refus de toute refonte, Notre-Dame des Landes avec ses Vierges Folles de zadistes ou encore la sourde opposition d’un nombre croissant de Français jusqu’ici sans parti-pris ?
Qu’en est-il, fin d’avril 2018, de ce modus operandi macronien qu’il nous avait – excusez du peu ! – exposé face à la pyramide du Louvre ? S’il se représentait aujourd’hui aux Présidentielles, notre Number One devrait se vendre comme « candidat de la main de fer », ou celui de « marche au pas.
Voilà qui conduit à poser la question à 40 milliards d’euros : pourquoi le fonctionnement de la démocratie coince-t-il de plus en plus dans notre pays ? Les ressources d’énergie fossile sont polluantes et dépassées. Soit. Pourtant, c’est bien avec ce carburant-là que sont alimentés les moteurs de notre « véhicule » social. Passons les troupes en revue : nos syndicalistes-vedettes sont dépourvus de toute culture économique, se barricadent dans le huis-clos de leurs états-majors politiques, sont coupés de la base qu’ils bombardent de « mots d’ordre ». Notre président Macron se la joue, lui, à coups d’ordonnances et avance en fantassin sur le terrain accidenté de la politique intérieure française, peaufinant un projet de réforme de nos institutions qui effriterait, entre autres choses, le pouvoir législatif de l’Assemblée et du Sénat. Les gens n’accordent plus grand crédit dans ce que les médias parisiens leur délivrent, et aspirent aux principes d’un journalisme équilibré, critique et constructif. A ce titre, ce n’est pas parce qu’on s’abstient de dire « Monsieur le Président » à Emmanuel Macron ou qu’on lui pose des questions sur un ton de roquet, que l’on sait être libre ou que l’on joue véritablement un rôle éclairant dans une ère démocratique malmenée.
Un mot pour conclure sur les zadistes qui donnent des coups de main aux étudiants en lutte ; leur démarche libertaire est un faux-semblant ; et demandons-nous s’ils ne sont pas sous l’influence d’une paranoïa qui prévaut dans toutes les sectes. Bref, tous nos porte-voix patentés – de la cour d’honneur de l’Elysée à la gadoue de Notre-Dame des Landes en passant sur les « forçages-à-niveau » des cheminots -, brouillent les aiguillages des voies et… des voix de la démocratie, en privilégiant diktats, messages réducteurs, ou conception crépusculaire de notre citoyenneté.
Faire croire que l’économie de marché, Facebook ou encore Google sont l’expression de la néo-liberté du citoyen éclairé est illusoire, et même dangereusement naïf. Vite-vite un appel d’air ! Les lampes Led n’ont rien à voir avec le Siècle des Lumières, ni avec l’Esprit des Lois. Adieu, Messieurs de Montesquieu, Diderot, d’Alembert, Voltaire, Tocqueville…
Marie-France Poirier





