Elections municipales – « Dijon ensemble » : Laurent Bourguignat prend rendez-vous

 

Dijon l’Hebdo : Avec la publication d’un tel livre, n’est-ce pas une façon de vous positionner clairement comme un leader potentiel pour conduire la liste de droite en mars 2020 ?

Laurent Bourguignat : « Je souhaite participer aux élections municipales à Dijon en 2020. C’est clair. Au-delà des tractations d’appareil qui ont débuté, il faut s’interroger sur le fond. Et pour ce qui concerne ma sensibilité, il y a un projet qui prend forme. Ce livre en est l’illustration et il fera taire ceux qui accusent souvent, à tort, l’opposition municipale de ne pas travailler. »

DLH : Quand vous parlez d’opposition municipale, vous pensez à qui car il y a aujourd’hui, à droite, trois groupes bien distincts qui rassemblent au total 11 élus… ?

L. B : « Je ne parle ni des Marcheurs ni du Front national. Je parle d’abord de mon groupe mais je n’oublie pas les autres collègues élus en 2014 sur la liste que conduisait Alain Houpert qui travaillent eux aussi. »

DLH : Alors pourquoi ne décidez-vous pas de vous retrouver dans un seul et même groupe, à droite, pour  travailler ensemble ?

L. B : « Parce qu’on ne pense pas la même chose. On résume souvent les problèmes de l’opposition municipale à des personnes. Je ne dis pas qu’ils n’existent pas mais il ne faut pas négliger les divergences de fond. Quiconque a assisté à un conseil municipal peut le constater. Pour ma part, je n’aime pas la critique pour la critique. Mon livre le montre. Je me suis évertué d’ailleurs à faire zéro critique. Reconnaître ce qui va bien ne doit pas être un tabou. La critique pour la critique, ce n’est pas ma tasse de thé. Dans ce livre, je me suis fixé pour règle d’éviter toute opposition bête et méchante. La question n’est pas de savoir comment il aurait fallu faire hier mais comment nous ferons demain. Ce n’est pas l’approche des autres groupes d’opposition. »

DLH : Justement, à la différence de vos amis de l’opposition, vous êtes plutôt conciliant avec François Rebsamen ? On peut lire en effet qu’ « au bout de 17 ans, un bilan municipal ne peut être ni complètement noir, ni complètement blanc. Il est forcément gris. J’ose dire que celui de François Rebsamen est plus « gris clair » que « gris foncé ». Comme le chanoine Kir et Robert Poujade avant lui, François Rebsamen marquera l’histoire de Dijon »…

L. B : « J’assume complètement ma position. L’honnêteté oblige à dire que François Rebsamen a fait beaucoup de choses à Dijon. J’ai rencontré beaucoup d’élus jusqu’à présent et je n’en ai jamais vu qui lançaient des projets pour nuire à leurs administrés. Dijon a changé depuis 17 ans et plutôt en bien. L’heure n’est pas au bilan et l’objectif de mon livre, c’est la projection dans l’avenir avec cette question : « Qu’est-ce qu’on fait demain avec ce qui nous est laissé ? ».

DLH : Et si François Rebsamen se représentait et que vos « amis » vous écartent de la liste qu’ils pourraient conduire en 2020, seriez-vous prêt à le soutenir ?

L. B : « Ce n’est pas le sujet. Ma priorité, c’est de ramener le débat sur le fond. La clé des élections municipales à Dijon, c’est celle du rassemblement. Il faut entendre ce qui s’est passé au printemps 2017. On ne fera plus de la politique comme avant. Je pense que les partis auront un rôle moindre et qu’il y aura une prime à ceux qui incarneront le renouveau et qui sauront se rassembler le plus largement possible. C’est ma conviction profonde. Les électeurs seront sensibles à un projet clair, ouvert et nouveau car force est de reconnaître que l’équipe municipale sortante s’essouffle. Elle n’est plus aussi opérationnelle, moins en prise avec les administrés qu’il y a quelques années. C’est un constat. Et celui qui se retranchera dans son parti politique en ne mettant que des militants sur sa liste se plantera assurément. »

DLH : Votre livre est donc un pré-programme ?

L. B : « Il faut le lire effectivement comme ça. Un projet municipal ne se conçoit plus comme hier où, du jour au lendemain, on voyait arriver dans les permanences un programme prémâché. C’est un pré-projet avec un fil d’Arianne qui est la quotidienneté. Comment accompagne-t-on les Dijonnais dans leur quotidien ? Comment leur faire savoir qu’en cas de coup dur, ils ont la ville à leur côté ? C’est tout le défi. Comment concilier l’attractivité d’une métropole avec le besoin de proximité qui n’en demeure pas moins élevé ? »

DLH : Cinq orientations principales ressortent au fil des pages…

L. B : « Je présente plusieurs projets. Ils répondent effectivement à cinq orientations principales : une meilleure prise en compte de l’écologie ; une priorité absolue donnée à l’économie car une ville dynamique sur le plan économique crée des emplois, attire les talents, produit de la richesse – et pour cela il faut booster l’agence de développement économique – ; le renforcement de la sécurité pour faire face à la menace grandissante et au désengagement de l’Etat ; l’accompagnement des familles et la culture, essentielle car elle procure des émotions uniques. »

DLH : Le centre-ville est-il aussi au coeur de vos réflexions ?

L. B : « Je le mets volontiers en avant. Je propose de le revitaliser par la culture. Tant qu’on essaiera d’appliquer au centre-ville de Dijon les recettes des centres périphériques tels que la Toison d’Or, le centre commercial de Quetigny… on n’y arrivera pas. »

DLH : Pourquoi ?

L. B : « Parce qu’ils seront toujours meilleurs que le centre-ville en terme de stationnement, d’animation… En revanche, le centre-ville sera toujours meilleur en terme d’écrin, de patrimoine… Et pour le booster, il faut en faire un haut lieu de culture qui développe à la fois le commerce et le tourisme tout en donnant satisfaction à ceux qui y habitent.

J’aimerais évoquer la création, à Dole, des « galeries éphémères ». La ville loue pendant quelques mois, à un prix négocié, un local commercial vacant. Elle y installe des artistes moyennant un loyer modique. Ils peuvent ainsi y exposer leurs œuvres et accueillir leur public. A Dole, 6 galeries éphémères ont été ouvertes et ont permis à 39 artistes d’exposer. Il faut proposer demain un concept similaire à l’échelle de Dijon ».

DLH : Et un projet qui vous tient à coeur serait la « déconstruction » du Centre Dauphine ?

L. B : « Cet espace a très mal vieilli. Il n’est pas beau, il est boudé par les clients et il prend de la place. Clairement, il faut aller vers sa destruction pour lancer « le » projet d’urbanisme des années 2020 à Dijon. On pourrait tout à fait concevoir un espace public aéré laissant de la place à la verdure, dédié à l’art contemporain et à la culture. Je verrais bien une terrasse en « roof top » pour admirer les toits du coeur historique. Le Centre dauphine, c’est le coeur du coeur de ville et ça pourrait être le grand chantier des années qui viennent… »

Propos recueillis par J-L. P

Laurent Bourguignat dédicacera son ouvrage Dijon Ensemble à la librairie Gibert Joseph, à Dijon, le samedi 21 avril de 14 h 30 à 17 heures.