Place du Théâtre : coin de paradis pour Saint-Etienne !

 

C’est une place tout en triangle qui pointe en direction du beau bâtiment de la Caisse d’Epargne, face à la NEF, jadis abbaye Saint-Etienne, et située au n°1 de la Place du Théâtre, dans le centre sauvegardé de Dijon. Lorsqu'on scinda le diocèse de Langres en créant le diocèse de Dijon en 1731, elle en devint brièvement le siège du chapitre cathédral, avant la cathédrale Saint-Bénigne.

Soixante ans plus tard, elle est désacralisée et transformée en halle au blé. En 1809, de nouveaux acquéreurs se présentent et l’acquièrent pour neuf mille francs. Puis la loi sur les Bourses de Commerce joue ses démiurges, et voilà Saint-Etienne transformée en Chambre de Commerce ! Le Président de la République Emile Loubet se déplacera pour consacrer sa nouvelle vocation  en grande pompe. On est alors en 1899.

L’institution consulaire met tout en œuvre pour transformer l’ensemble architectural et embellir la nef en forme de vaisseau. Voilà qui suscite les convoitises de la Poste qui se verrait bien tout restructurer pour y accueillir ses services, mais en ne gardant que la façade. La Ville refuse catégoriquement, et en 1909 la Poste investira la Place Grangier. Saint-Etienne n’en a pas fini des avatars. Et c’est ainsi que, sur le flanc nord, au pied des contreforts, on lui adjoint un petit bâtiment qui abritera le restaurant « La Poularde ». Une porte permet d’accéder directement du hall central au dit restaurant, qui devient vite un lieu haut en couleurs, fort convivial où se retrouvent les notables de la Chambre de commerce de l’époque, ceux de l’Ecole supérieure de commerce, ou du nouveau Palais des Congrès et Expositions ou bien encore de l’aéroport de Dijon-Longvic !

La Ville rachète la propriété du fonds de commerce du restaurant, se lance dans la restauration des murs de l’ex-église et crée un jardinet. Mais où sont passées les deux sculptures de Paul Gasq, un Dijonnais Prix de Rome, qui encadraient l’entrée des lieux ? C’est un mystère… Seul souvenir de ces œuvres d’art, une carte postale illustrée d’un fusain de Denise Richier, habituée de  L’Essor ainsi que des Salons d’art de la région.

Roger Loustaud