L’Amérique latine dans le sang

 

Faire de l’humanitaire sans expérience, sans argent et à des milliers de kilomètres c’est possible, l’association Escuelandina l’a prouvé...

 

En 2013, cinq jeunes filles du lycée Montchapet se penchent sur la scolarité en Amérique latine. Toutes appartiennent à la section « Bachibac » (1) et connaissent donc bien la culture hispanophone. Ajouté à l’origine latino-américaine de deux d’entres elles, la situation désastreuse de l’instruction dans les pays andins les touche particulièrement et elles décident d’apporter leur pierre à l’édifice. À seulement 16 ans, Inès, Paloma, Pauline, Joy et Céline créent donc une association nommée Escuelandina, contraction de « escuela » et « andina » qui signifient école andine.

Le premier objectif a été de récolter des fonds pour aider matériellement les écoles. Pour ce faire, les lycéennes se rendent là où elles peuvent sensibiliser au maximum : centres aérés, églises, vide-greniers, kermesses, et profitent de ces rassemblements pour vendre divers objets : poupées péruviennes, sacs, porte-clefs, bijoux, atébas…

Mais les jeunes filles tiennent aussi à faire connaître la culture latino-américaine et les stands d’objets artisanaux s’accompagnent souvent de plats d’Amérique latine : pâtisseries, alfajores, empanadas… Elles vont même jusqu’à mobiliser des groupes de musique latino et organiser des concerts ! Leur motivation est donc solide et va bien au-delà de l’échange purement commercial.

 

Cet été en Equateur

Le deuxième objectif a été de rendre concret cette aide financière. En août 2014 elles se rendent au Pérou, où l’argent récolté sert à acheter chaises et tables (sur place pour en faire bénéficier les locaux) à destination de l’école de Punco Rancho Salcedo près de Puno. Le voyage sert également à rapporter de l’artisanat local, à vendre une fois de retour en France et poursuivre ainsi les collectes !

Chaque membre de l’association assume seul ses trajets et hébergements mais l’accueil est tel qu’il leur facilite grandement le séjour. Lors de leur second voyage qui a eu lieu en Bolivie en 2016, toute l’équipe a ainsi été logée au sein de la communauté qu’elle était venue aider, dans la ville d’Irupana. La télévision nationale bolivienne était même arrivée de La Paz pour filmer la cérémonie pendant laquelle les écoles recevaient sacs à dos, trousses ou stylos et initiaient ensuite les jeunes françaises aux danses boliviennes.

Inès Penaranda, la présidente, confesse aujourd’hui : « J’ai pris conscience sur place d’une pauvreté qui touche une catégorie bien précise de la population : les descendants d’amérindiens, et je voudrais tenir la promesse faite à une femme indigène, celle d’expliquer à tous les enfants rencontrés qu’ils doivent être fiers de leurs racines ». Ce qu’elle pourra faire dès l’été 2018, quand l’équipe s’envolera pour l’Équateur où elle viendra en aide à l’école Célestin Freinet de Sangolqui. Cette fois, les besoins seront différents puisque ce sont les canalisations d’une piscine destinée à la rééducation qui vont être remises à neuf ainsi que le toit de l’école et une barrière pour protéger les enfants d’une rivière voisine.

Depuis sa fondation, l’association a accueilli de nouveaux membres et a séduit bon nombre d’organisations dont le Secours Populaire qui les aide financièrement, ainsi que la mairie et le Crédit Mutuel. D’autres partenaires sont intervenus, notamment pour des prêts de salles, tels que Le Cercle Laïque Dijonnais et le Sueño Latino. Une belle association qui ne cesse de grandir donc, et qui a même reçu  fin septembre l’un des 11 prix « Jeune & Bénévole » remis par la Ville de Dijon.

Caroline Cauwe

 

(1) Une section qui permet d’obtenir le double diplôme : bac français et bac espagnol.

 

Pour les suivre ou soutenir :

Site : escuelandina.wixsite.com/escuelandina

Facebook : Escuelandina

Mail : escuelandina@gmail.com