Il y a toujours des gens pour avoir des idées formidables. Lakhdar Zelbouni en fait partie. Président de l’association « Le Cœur dijonnais », il est à l’initiative de la création d’une épicerie solidaire ouverte depuis un peu plus d’un an sur la zone d’activités Cap Nord.
C’est un projet important qui lui trottait dans la tête depuis un bon moment. Sa motivation ? Apporter un début de solution à la précarité alimentaire des familles. Ces familles qu’il côtoie dans son quartier, dans son quotidien. Ces petites misères, ces grandes détresses. Ce monde fermé qui tourne sur lui-même à deux pas de chez lui.
« Je suis heureux que ce projet ait pu aboutir ». Pas de forfanterie, mais de la fierté dans la déclaration de ce jeune père de famille, gestionnaire de résidences à Grand Dijon Habitat, qui a su faire preuve de constance et de persévérance. Qui ne se laisse pas distraire par des babioles, des péripéties sans importance…
L’association a vu le jour en février 2014 mais c’est seulement en décembre 2015 que l’épicerie à proprement dite ouvre ses portes au numéro 3 de l’impasse Clément-Désormes, face à Ikea, dans des locaux occupés jusqu’alors par le commerce « Aux Bel-Bières ». « François Rebsamen a adhéré à notre projet et nous avons travaillé efficacement avec les services du Grand Dijon, du CCAS et du Département » explique Lakhdar Zelbouni.
Aujourd’hui, les 350 m2 de cette surface sociale et commerciale attirent de nombreuses familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les dossiers de chaque bénéficiaire sont préalablement évalués par les services sociaux. Les clients issus des 24 communes du Grand Dijon disposent d’une carte magnétique qu’ils présentent à chaque passage en caisse. La photo du bénéficiaire apparaît alors discrètement sur un écran de contrôle, évitant ainsi toute utilisation frauduleuse.
« Nous récupérons deux à trois palettes par jour de produits frais (viande, fromages, yaourts…), de produits secs, de viennoiseries avec des prix de 40 à 90 % moins chers que ce que propose le commerce classique. La Banque alimentaire est un partenaire majeur mais nous travaillons aussi avec des destockeurs qui nous permettent de donner une seconde vie à des produits qui ne seront pas écoulés dans le circuit traditionnel parce qu’il y a un défaut d’emballage, d’étiquetage, une date limite de consommation courte ou encore des stocks trop importants. Certains produits sont cependant quantifiés selon la composition familiale ».
En dehors des membres du bureau de l’association qui prêtent tous la main bénévolement, l’épicerie sociale et solidaire emploie aujourd’hui cinq salariés et fonctionne comme une petite entreprise. « Et nous ne bénéficions plus de subventions conformément à l’engagement que nous avons pris » précise avec une pointe de fierté Lakhdar Zelbouni qui sait exprimer avec ses mots à lui les vertus cardinales dont doivent se parer les personnes qui sont en première ligne sur le front de la précarité.
Jean-Louis PIERRE





