Et pourquoi pas jouer la place n° 3 au 421 ?

Vous connaissez le 421 ? Le jeu de dés sur tapis vert ? Petit rappel : le joueur qui commence lance les trois dés. S’il est satisfait de son résultat, il passe les dés à son voisin. Sinon il peut rejouer les trois dés, ou deux ou un seul (en gardant les autres). Il peut rejouer encore une troisième fois…

C’est un jeu auquel pourrait se livrer le sénateur Alain Houpert pour désigner celui qui portera le numéro 3 de la liste qu’il va conduire à Dijon, face à François Rebsamen. Même si les choses sont claires et bien calées dans son esprit, la situation n’est pas aussi simple que cela. Voici pourquoi.
Emmanuel Bichot, candidat déclaré à la mairie de Dijon, puis écarté par la commission d’investiture UMP/UDI, ne pensait pas se voir traité de la sorte : Alain Houpert lui a proposé la 25e place sur sa liste… alors qu’il espérait la 3e.
Il n’est jamais agréable de se voir claquer la porte au nez. Du coup, le conseiller général de Nolay qui a su tailler sa route dans l’écheveau de la droite beaunoise où il s’est fait plus d’ennemis que d’amis, a la bonne surprise de voir le président de l’UMP de Côte-d’Or, Alain Suguenot (maire de Beaune), voler à son secours. Et, par un phénomène que n’aurait pas désavoué Archimède, la pression mise par l’UMP pour arrêter ce mouvement n’a eu pour effet que d’en redoubler l’ampleur… Car maintenant Emmanuel Bichot est saisi par le syndrome de Caliméro, le petit poussin noir du dessin animé qui ne cesse de clamer : « C’est trop injuste ». Emmanuel Bichot qui agace Alain Houpert avec son opiniâtreté et ses certitudes de premier de la classe, s’estime fondé à être mieux traité. Mais voilà Alain Houpert lui voue les sentiments que tout propriétaire porte à un sous-locataire peu soigneux de l’état des lieux et ne semble guère disposé à convoler électoralement avec lui.
La politique ayant horreur du vide, Bernard Depîerre, l’ancien député de la 1ere circonscription, retrouve cette flamme dans l’oeil qui illumine le champ de bataille. Avant hier, c’était un des jeunes loups qui entouraient l’ancien maire Robert Poujade. Aujourd’hui, la meute a disparu, le poil gris, la peau couverte des cicatrices de défaites et de victoires, c’est le seul survivant de cette époque où le RPR dominait toute la vie politique locale. Bernard Depierre est prêt à se (re)lancer une dernière fois dans la bataille municipale à condition d’être le numéro 3 de la liste. Dans tous les cas, il ne se contentera pas d’un « ministère » de la parole.
Et puis, il y a le numéro 3 potentiel : Laurent Bourguignat, conseiller municipal UMP. qui se dit in petto que ce désordre le servira. Candidat déclaré, lui aussi, avant la désignation d’Alain Houpert, son calme et sa discrétion contrastent avec son ambition. Depuis son entrée en politique, sa première règle de conduite peut s’énoncer ainsi : il faut cultiver son pré carré et rester concentré sur sa propre trajectoire. Il est jeune et il se dit que le temps joue en sa faveur.
Mais revenons au jeu de dés 421. Le règlement spécifie que, quelque soit la meilleure combinaison, celui qui a fait 221, la plus petite combinaison, qu’on appelle aussi la « nénette » reçoit 2 jetons. Et, en politique, il vaut mieux éviter d’en recevoir de trop… Alain Houpert le sait.