Deux hommes de la même génération. Deux hommes qui appartiennent à l’histoire gourmande de Dijon. Leurs façons sont au diapason : courtoisie, affabilité, verbe châtié qui coule d’une voix douce. Deux as de la formule, de l’essentiel exprimé en peu de mots.
La soixantaine à peine entamée mais complètement assumée. Deux complices dans la vie professionnelle unis pour le meilleur et pour l’excellence. Ils parlent peu d’eux mais font beaucoup parler d’eux.
Le vouvoiement est de rigueur entre les deux. L’un est président. L’autre, directeur général. Et à eux deux, ils font avancer et évoluer cette formidable machine qu’est Dijon Congrexpo. Des points communs, ils en ont. Mais celui sur lequel ils sont en parfaite harmonie, c’est faire la foire. Oui, vous avez bien lu : faire la foire ! Surprenant pour ces deux individus cultivés, élégants, toujours tirés à quatre épingles ? Pas vraiment. Et voici pourquoi.
Sonnez hérauts, résonnez trompettes : voici Jean Battault et Yves Bruneau. Et à l’évocation de ces deux noms imprimés dans le marbre de la vie dijonnaise, on pense immédiatement à la foire internationale et gastronomique de Dijon qui se maintient au plus haut niveau des manifestations de ce genre dans l’hexagone. Deux hommes qui ont trouvé la bonne recette pour délivrer cette sauce, liaison entre l’aliment nu et le produit habillé sans laquelle le passage à l’acte gourmand perdrait sa dimension culturelle.
Deux hommes qui vont, pendant presque deux semaines, nous chasser l’automne, ses prénombres, les nuits tombées trop rapidement, les mots du froid…
La Foire ! On n’explique pas un coup de foudre. La Foire est un coup de foudre. La voir, c’est la vouloir. La regarder, c’est la désirer. On ne ne cessera jamais de le dire, le redire et le répéter encore. Et, par les temps qui courent, il ne faut pas bouder les bonnes nouvelles.
La Foire ouvre ses portes le 31 octobre. Elle ne les refermera que le 11 novembre. Fermez les yeux, laissez vous portez par cette savoureuse salade de sons, craquante à souhait. Symphonie de cordes vocales. Avec ses exposants qui ont la voix de leur marchandise : chaude, moelleuse.
Il y a une façon efficace de tourner le dos à la crise : plus de téléphone portable ? Plus de mails ? Plus de spams ? Plus d’opportuns ? Non, foin de tout cela. Faites la Foire. Lâchez vous. Laissez aller vos papilles gustatives. Vous serez assurés de ne trouver le temps ni long ni gris. Même si une odeur persistante imprimera vos textiles. C’est comme ça. C’est la Foire.
La Foire s’ouvre à vous. Formidable brassage social, loin, très loin des bruissements furtifs de costumes alpaga et de robes soyeuses. Populaire, elle l’est notre Foire. Et elle le restera tant que ces deux magiciens prendront autant de plaisir à nous faire plaisir.
Jean Battault et Yves Bruneau ont aussi compris que leur mission était de répondre à des aspirations que la société ressent sans toujours les exprimer ou même les identifier : faire la fête, se laisser aller, goûter, boire, manger… vivre ! Voilà un joli pied de nez à tous ces cultureux, programmateurs en manque d’imagination, subventionnés pour leur esprit moutonnier ou leur frilosité…





