En toute liberté avec Jean Battault

Votre autoportrait en trois mots ?

Volontaire. Passionné. Dijonnais

Les meilleurs moments de votre vie en trois dates ?
1989. Je deviens président du directoire de la Maison Boudier.
2001. Une double présidence : celle de Congrexpo et du MEDEF.
2013. Le plaisir de tirer la Foire internationale et gastronomique un peu plus vers le haut. Désormais, l'invité d'honneur présentera ses vins. Nous nous inscrivons ainsi en pleine harmonie avec les Climats de Bourgogne et la future cité de la Gastronomie. L'idée est de célébrer les vins du monde et leur donner la légitimité qu'ils méritent. En Bourgogne, en la matière, nous sommes des faiseurs de roi, un arbitre des beautés.

Trois mots pour définir votre métier ?
Chance. Confiance. Paix
C'est une chance de diriger une entreprise familiale de cette taille.
La confiance, je la ressens sous la forme d'un contrat moral. C'est cette responsabilité que je porte aux yeux des salariés de Boudier, de mes clients et de mes fournisseurs.
La paix, je la vis au jour le jour dans mon activité. Quand on est l'adepte du vrai commerce, on n'est pas un tueur.

Quel avenir pour le cassis de Dijon ?
Un bel avenir à condition de remplir deux missions. La première : obtenir une indication géographique de provenance. Heureusement, c'est fait. La seconde : communiquer. La grande mode, ce sont les cocktails. Et le vin blanc cassis est l'ancêtre de tous les cocktails. Il faut donc faire vivre le cassis dans cette idée de mélange.

Vous auriez aimé faire un autre métier ?
Tout autre métier qui implique des responsabilités et qui impose une vision de l'entreprise et de l'économie en général.

Votre principale qualité ?
L'engagement.

Votre principal défaut ?
L'engagement. Toutes les causes m'intéressent. Mais j'aimerais retrouver du temps pour moi et les miens.

Avez-vous conscience de votre goût pour la provocation ?
Evidemment. Mais c'est une provocation plus amusée que méchante car je ne résiste pas aux bons mots. Provoquer, c'est créer des réactions. C'est aussi une façon de ne pas se prendre au sérieux. Le meilleur des humours n'est-il pas la dérision de soi-même. Et puis, c'est aussi une façon de créer de l'empathie.

Supportez-vous la critique ?
Comment y échapper. Je l'accepte dès lors qu'elle est constructive.

Auriez-vous aimé faire de la politique ?
Spontanément, je réponds non. Ma sensibilité et mes revendications sont proches des politiques. C'est pour cela qu'ils me sont sympathiques.

Si vous aviez été un personnage historique ?
Le marquis de Foudras. Il me transporte dans cette douceur de vivre du 19e siècle, héritage de l'Ancien Régime. Avec le marquis de Foudras, les thèmes de la chasse, du chien et de la nature entrent dans la littérature française.

Vous chassez un peu partout dans le monde. Quel est l'animal que vous préférez tirer ?
Le sanglier.

Pourquoi cette passion pour la chasse ?
C'est l'expression de mon goût pour la nature. C'est aussi le défi que lance l'animal à l'homme. Je ressens le même émerveillement à chaque partie de chasse.

Et la pêche ?
Oui mais seulement la mouche.

Comment un homme occupé comme vous l'êtes trouve-t-il le temps de faire la Foire ?
Je m'organise pour être présent pendant toute la durée de la Foire. C'est ma respiration, ma récréation.

Sur votre carte de visite, vous pourriez rajouter gourmand et épicurien ?
Oui, sans hésitation. C'est dans la vie que j'ai envie de croquer. C'est mon appétit de l'existence. J'aimerais pouvoir tout boire et tout manger… avec modération. C'est aussi lié à mon travail dans l'industrie alimentaire. Boudier est positionnée dans l'excellence. Nous avons été récompensés meilleur spiritueux du monde.

Un endroit que vous conseillez pour bien manger à Dijon ?
David Zuddas et son restaurant D Z'Envies, un restaurant bistrot contemporain au centre-ville de Dijon, sur la place du marché.

Votre plat préféré ?
Il y en a beaucoup… Une sole grillée.

Votre vin préféré ?
Pour les blancs, le clos des mouches, chez Drouhin. Pour les rouges, le clos de l'enfant Jésus, chez Bouchard Père et Fils.

Votre livre de chevet ?
Je lis un ouvrage de Sylvain Tesson, "Dans les forêts de Sibérie". L'histoire d'un homme qui
dans une cabane, dans les forêts de Sibérie, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Perdu dans une nature démesurée, il s'est évertué de trouver une forme de bonheur empli de solitude, d'espace et de silence. Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. Avec un fusil, bien sûr.

Le lieu que vous préférez à Dijon ?
Le choeur de Saint-Bénigne. Il me renvoie à tous mes souvenirs d'enfant maîtrisien. Plus généralement, j'aime Dijon. Dijon est une marque de qualité et d'excellence. Et c'est un terrain sur lequel je m'engagerai toujours.

Premier geste du matin ?
Remémorer mes rendez-vous de la journée avant de me lever.

Dernière chose que vous faites le soir ?
Je remercie mon créateur pour la journée écoulée.

Qu'est-ce que vous trouvez de bien dans Dijon l'Hebdo ?
Sa tonalité. Ce journal n'est pas conventionnel.

Propos recueillis par Jean-Louis PIERRE