Le Parti socialiste aurait-il oublié Beaune ?

Ca pourrait être une petite annonce publiée dans un journal local beaunois :  » Parti socialiste cherche candidat(e) pour premier tour des municipales à Beaune. Aucune chance de gagner. Risque même de terminer derrière le Front national. » Envoyer CV à PS Côte-d’Or, rue …. 21000 Dijon ». Cette petite annonce, vous n’aurez pas l’occasion de la lire tout comme vous n’aurez pas l’occasion, pour l’heure, de connaître le nom du candidat socialiste pour les élections municipales de Beaune. La raison est simple : il n’y a pas de volontaire pour porter les couleurs du PS dans la deuxième ville de Côte-d’Or. C’est le constat qu’a fait, le 10 octobre dernier, la section locale beaunoise. Un comble. Personne pour reprendre le flambeau, certes vacillant, derrière Sylvie Martin, conseillère municipale d’opposition, qui a décidé de ne pas tenter une nouvelle aventure municipale après avoir accompagné, en juin 2012, l’ancien préfet Daniel Cadoux à l’élection législative sur la 5e circonscription (perdue face à Alain Suguenot). C’est un coup dur pour le PS du sud Côte-d’Or qui va devoir s’activer pour trouver dans les meilleurs délais celui ou celle qui va se sacrifier à l’exercice et endosser la tunique d’opposant au maire UMP.

Abandon du terrain ou stratégie de bazar ? Il est impossible d’imaginer un instant que le PS décide de faire l’expérience du vide dans une ville de 22 000 habitants. Mais pour l’heure, à cinq mois des municipales, l’absence d’une tête liste soutenue par le PS interpelle toute la classe politique et en fait sourire certains. La ville de Beaune, bastion UMP il est vrai depuis des lustres, ne peut pas être rayée de la carte électorale du PS ? L’affaire est loin d’être anecdotique. Elle se révèle d’autant plus nocive qu’elle brouille les repères et atteint à la source les énergies militantes. Elle stigmatise aussi l’inconstance des politiques de gauche qui n’ont pas réussi, sur ce secteur, à féconder un débat politique durable dans la ville et l’accomplissement d’un projet dans le temps. Même si, en 2008, Alain Suguenot l’avait emporté dès le premier tour, avec 66,80 % des suffrages exprimés.
Pour l’heure, cette triste fable a, cependant, une morale : en politique, exemplarité et cohérence devraient être des règles impératives de conduite, les fondements de la crédibilité. A Beaune, on sait ce qui aura manqué aux dirigeants du PS qui pourront toujours méditer sur le fait que l’avenir n’est jamais vraiment écrit, mais, faute de le penser, il lui appartient de moins en moins.
On ne peut pas imaginer un instant d’imposer aux électeurs de gauche, même moutonniers d’opter pour la démission dans l’abstention. Le droit de vote est un bien trop précieux pour en faire un usage capricieux. Première des conquêtes démocratiques, indispensable corollaire de la liberté, il ne doit pas s’anémier même là où le PS est appelé à ne faire que de la figuration.
En attendant, il y en a quelques uns qui se frottent les mains. Ce sont les employés municipaux de Beaune qui, à ce faux rythme, ne vont pas avoir un gros travail à fournir dans le cadre de la prochaine élection du maire. Deux panneaux à monter et démonter : difficile de réclamer des heures sup à Alain Suguenot…