La généalogie s’inscrit silencieusement dans le temps libre… souvent celui des seniors. Entre passion et curiosité, commencer sa généalogie est une entreprise de fin limier qui se travaille sur le temps long.
Accessibles à tous et à chacun, les clubs ou associations vous seront d’un précieux concours pour vous mettre le pied à l’étrier. Et puis, avouons le, les associations de généalogistes fonctionnent un peu comme des confréries. C’est un monde en soi qui veut réaliser le vieux rêve des hommes, remonter son temps propre, accessoirement celui des autres, pour garder et transmettre une mémoire oubliée. En terme clair, on veut redonner les lettres de noblesse à ceux qui croient ne pas en posséder. La généalogie a toujours été indexée à ceux qui possèdent des lignages nobiliaires ou, dans le pire des cas, aux descendants de la haute bourgeoisie. On remarquera que grâce à l’informatique et à la numérisation des archives nationales, départementales et parfois locales, nombre de gens s’adonnent à ces recherches. Le catalyseur est dû au hasard d’un vieux carnet de famille, d’un bulletin militaire ou d’une photographie sépia avec, par miracle, inscrit au dos un nom et une date. Tout simplement, une trace, un indice des gens simples qui, ipso facto, ne le deviennent plus : eux aussi ont des ancêtres. Incroyable !
Il y a là une recherche d’identité… Vous savez ces cartes d’identité où le nom, prénom, taille, adresse et la photographie de la tête (là où est concentré l’esprit) donnent vie à une personne qui, de fait, sort de l’oubli.
Les généalogistes sont des archéologues au sens étymologique du terme. On peut se creuser le crâne à défaut de trous et être archéologue. Le mythe est à revoir, regardez bien les définitions !
Ainsi va le monde comme l’on dit à la télévision sur les chaînes d’infos.
Nous pourrions vous parler des minutes notariales, des archives hospitalières, des archives de l’Armée à Vincennes, et des registres paroissiaux… des clubs de la région et des opportunités. Mais il y a la curiosité, l’intuition.
Curiosité veut dire prendre soin de…. C’est aussi être averti inconsciemment de ce que l’on recherche. Le hasard n’est jamais fortuit, il n’est que rencontre et la généalogie est spécifiquement une succession de rencontres. A titre d’exemple sur les étals de livres en soldes, je « tombe » sur les grandes affaires criminelles de la Cote d’Armor… et en feuilletant la table des matières, j’apprends l’assassinat d’une de mes arrières grandes tantes (Jeanne Marie Derrien, 1911, Bégard). Ma femme, comme dirait l’inspecteur Colombo, elle, à Strasbourg « tombe » sur un livre des « Malgré-Nous » (Alsaciens-Lorrains incorporés de force 39-45) et sur la double page reconnaît son père (Alphonse Bieth). Seule photographie connue de son père pendant de cette époque difficile (Tampov).
Et voilà, l’aventure et les rencontres s’ouvrent à vous. Ce n’est pas « sorcier »… il faut être tenace et moral… Et oui, moral car ce sont de nos pères que nous recopions les vies. A titre d’exemple, les anonymes des monuments aux morts de la guerre de 14-18 s’effacent avec la nuit des temps alors qu’un simple marquage des lettres liée à une recherche généalogique redonnerait une dignité à la commune… et aux morts.
C’est à quoi s’est attaché, en son temps, Gérard Jossot qui, pour le compte du Cercle généalogique de la Côte-d’Or et responsable du projet « Commémoration du centenaire de la première guerre mondiale ».
Il s’agissait d’effectuer le recensement de tous les soldats côte-d’oriens morts durant le conflit. Une brochure par canton a été éditée… sachant que Dijon, de par son importance, méritait un traitement à part. En fait, l’ensemble de ce projet relève d’un véritable travail de bénédictin. De nombreux généalogistes ont participé à cette enquête où chaque soldat est consigné avec son livret militaire !
Cela est un cas spécifique. Mais penchons nous sur le Cercle généalogique de la Côte-d’or dont les actions sont multiples et en relation constante avec les autres associations du même type. Commencer un travail de généalogie exige une pratique d’entraide et de mutualisation des moyens et des informations. Le cercle propose une bibliothèque riche d’ouvrages spécialisés, des listes patronymiques à partir de bases informatiques et les cahiers du CGCO reprenant l’état civil par commune ainsi que les actes notariés (www. cgco.org).
François Nedellec
Conseils de base
Souvenez-vous que vos ancêtres ne sont pas votre propriété exclusive. Déjà on partage ses parents avec les frères et sœurs alors, à la 12e génération, cela fait du monde dans la famille ! Cela implique que, peut être, d’autres membres de votre famille effectuent des démarches similaires. Donc il ne faut pas rester isolé d’où l’intérêt de travailler dans le cercle des généalogistes.
D’autant qu’il existe deux type de recherches. Les actes civils de moins de 100 ans. Les actes civils de plus de 100 ans. Pour les premiers, il faut récupérer toutes les informations disponibles, consulter les grands et arrières- grands parents.
Il faut de la méthode, de l’ordre et de la patience.
Une bonne adresse pour y voir plus clair : CGCO. Maison des associations, 2 rue des Corroyeurs, boîte A8, 21068 Dijon cedex.
cgcotedor@orange.fr


