Le 23 avril, l’Atelier CALC fêtera ses 20 ans. Deux décennies au service de l’humain à travers le bâti… Avec un mot clé : le (bien) vivre ensemble ! Nous vous proposons d’ouvrir les fenêtres (et les portes) sur le travail de l’architecte dijonnais Lionel Lance et de son équipe. Car ils le méritent… Bon anniversaire !
Si vous l’interrogez sur le bâtiment qu’il aurait souhaité concevoir, la réponse fuse… tout aussi rapidement que son magnifique coup de crayon, l’ensemble des projets de cet architecte débutant toujours à la main. Pour lui, c’est une évidence : la Chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp en Haute-Saône. Cette chapelle de béton s’exprimant tout en courbes, tout en couleurs (et tout en lumière !) dont la forme s’inspire d’une carapace de crabe… Inaugurée en 1955 sur la colline de Bourlémont, à l’emplacement d’une ancienne église qui avait été détruite sous les bombes en 1944, ce bâtiment particulièrement novateur pour l’époque s’apparenta à un véritable tournant dans l’architecture du XXe siècle. Et, pourtant, lorsque l’on interrogeait Le Corbusier sur « les secrets de sa création », celui-ci répondait simplement : « Il n’y a rien, qu’une recherche harmonique des problèmes posés ! »
Vous serez, qui sait, surpris par cet hommage de taille à l’œuvre de Le Corbusier, comme fondation d’un article sur le 20e anniversaire de l’Atelier CALC, et pourtant… Tout comme lui, l’architecte dijonnais Lionel Lance partage le même processus de création et commence par observer et s’immerger dans les lieux avant de concevoir. Et, surtout, la première interrogation à laquelle il tente d’apporter une réponse : « C’est pourquoi ! Un architecte se doit de se poser les bonnes questions. Pourquoi devons-nous réaliser cela, peut-être faut-il le faire différemment ? Dans le pourquoi, tu as à la fois l’utilité mais aussi toutes les contingences autour de ce que l’on te demande… »
La messe est dite
Et c’est la raison pour laquelle la rédaction de Dijon l’Hebdo apprécie de placer régulièrement les projecteurs sur cet architecte que d’aucuns aiment qualifier d’atypique : « Je suis né dans une période, celle des années 50 à 70, au cours de laquelle les architectes construisaient beaucoup, sans toujours se poser les bonnes questions. Pour ma part, je veux mourir tranquille… Construire, pourquoi pas, mais pas à n’importe quelle condition ! » La messe est dite, si vous nous permettez cette expression en phase avec la chapelle évoquée plus haut… Lionel Lance aspire, à travers ses réalisations, à participer à l’amélioration de la société qui nous entoure.
Et ses réalisations parlent d’elles-mêmes : nous ne serons pas exhaustifs mais nous pouvons citer l’immeuble de bureaux écologiques La Bourdonnerie, au cœur de l’éco-quartier Heudelet 26 à Dijon, destiné à Réserves Naturelles de France et à l’association Alterre Bourgogne. Avec sa façade qui ne passe pas inaperçue : celle-ci intègre le plus grand mur à insectes de l’Hexagone et constitue un signal fort, que nous pourrions qualifier de « pollinisateur », de l’engagement durable des équipes sur place. « Il fallait que ce bâtiment très performant sur le plan environnemental soit représentatif de l’activité mais qu’il soit aussi un formidable outil de travail. L’idée était de leur proposer quelque chose qui puisse être utile aux chercheurs pour voir l’évolution des insectes en milieu urbain… »
Et ce bâtiment, avec sa façade unique, est depuis devenu un marqueur du quartier et, plus largement, du tournant durable de Dijon. Car, « lorsque l’on construit, c’est aussi l’occasion de dire dans la ville qui on est et ce que l’on fait ! »
« Pour que les étudiants s’entraident »
Nous pourrions tout autant évoquer le Rectorat de l’Académie de Dijon, qu’il a cosigné avec un autre grand nom de l’architecture, Rudy Ricciotti, un « véritable bâtiment sculpture, à la croisée du monde de l’art et de la taille urbaine, questionnant son environnement ». Ou encore, pour rester dans l’univers des apprenants, la résidence étudiante Cours Fleury, face à BSB, avec les volets lie de vin faisant déguster visuellement les racines de la Bourgogne. La beauté n’est pas seulement visuelle, elle est aussi sociale puisque cette résidence fut pensée « afin que les étudiants puissent se connecter entre eux, s’entraider… »
Sa restructuration de l’hôtel-restaurant Castel de Très Girard, en plein cœur des Climats de Bourgogne, suscite aussi l’appétence de ses nombreux clients. Et que dire de la mue du Country Club du Golf de Norges pour laquelle il a réussi un parcours sans faute… pour réussir une superbe interaction entre l’ancien et le contemporain par un choix de matériaux et de teintes en corrélation avec le site naturel.
Nous vous épargnerons les logements créés par l’Atelier CALC car, sinon, il faudrait un journal entier, tellement dans chaque projet Lionel Lance et son équipe (composée uniquement d’architectes au demeurant, ce qui est également une typicité de ce cabinet), mettent toute leur âme pour le bien vivre ensemble.
Nous devons à Le Corbusier la célèbre Cité Radieuse de Marseille, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. A nos yeux, Lionel Lance et son Atelier CALC sont synonymes d’architecture… radieuse !
Xavier Grizot





