Dans la métropole de Dijon, 11 des 23 communes ont vu l’élection d’un nouveau maire. Entre les successions choisies et celles subies, tour d’horizon du résultat des élections municipales qui ont auguré quelques surprises sur le territoire métropolitain. Cela s’est même parfois joué à 10 (petites) voix parfois !
Si le gaulliste Georges Pompidou n’avait pas utilisé ce slogan lors de la campagne présidentielle de 1969, nous pourrions écrire que ces municipales 2026 se sont apparentées dans la métropole dijonnaise, au « changement dans la continuité ». Et pour cause : après 4 victoires de suite depuis 2001, ce n’est pas François Rebsamen qui, cette fois-ci, conduisit la liste sortante dans la ville centre. Mais la socialiste Nathalie Koenders qui s’est parfaitement inscrite dans ses traces… victorieuses, récoltant pas moins de 58,41% des suffrages au 2e tour. L’ancien ministre et président de la Fédération socialiste, 6e sur sa liste, retrouvera ainsi la métropole, qu’il a façonnée depuis sa première élection, et qu’il devrait à nouveau présider.
Mais le changement est aussi de mise car pas moins de 11 des 23 communes sont désormais dotées d’un nouveau maire. Dans certaines communes, c’était annoncé. Citons par exemple Saint-Apollinaire, où Jean-François Dodet s’est retiré pour se consacrer à de prochaines échéances nationales, et où son premier adjoint, Frédéric Goulier, a revêtu l’écharpe tricolore. Sans avoir à batailler puisqu’aucune autre liste ne s’est présentée. A Marsannay-la-Côte, Jean-Michel Verpillot passant aussi la main, c’est également sa première adjointe, Catherine Pageaux, qui lui a succédé, mais qui a dû, pour ce faire, batailler contre la conseillère départementale du canton, Caroline Carlier. Résultats des courses : la transmission choisie par le premier magistrat sortant (il était 12e sur la liste) a pu se faire, avec 60,07%.
Ouges : le maire sortant… sorti
Les projecteurs étaient également braqués sur Quetigny, où Rémi Detang s’était également choisi comme héritière sa première adjointe socialiste Isabelle Pasteur. Malgré une 3e liste au départ menée par Patrick Berthelot (LO) et les ténors de la droite et du centre soutenant son adversaire principal LR, Sébastien Kencker, Isabelle Pasteur s’est imposée dès le premier tour (53,46%).
A Fontaine-lès-Dijon, Patrick Chapuis (LR) qui présidait à la destinée de la commune depuis 2001, a vu également celle qu’il a adoubée, Catherine Minaux, s’imposer sans coup férir, avec 69,99% des suffrages, devançant son adversaire divers gauche, Bastien Ponnelle, de 1 576 voix.
A Ouges, en revanche, le maire sortant, Jean-Claude Girard, n’avait pas choisi d’arrêter, ce sont les électeurs qui en ont décidé autrement, en accordant 51,25% à la liste menée par son adversaire Ludovic Gaffet. Pour 13 voix, Jean-Philippe Girard fut battu et Dijon métropole devra, au demeurant, se doter d’un nouveau vice-président délégué aux finances…
L’écart fut encore plus réduit à Ahuy, où, lors du dépouillement, le suspense fut à son comble. Dominique Grimpret ne briguant pas un 3e mandat, son ancienne première adjointe, Odile Goizet-Dumont a tenté, avec une liste sans étiquette, de s’inscrire dans son sillage. Mais, dans un premier tour marqué par une participation de 69,06% très au-dessus de la moyenne départementale, ce fut la liste d’un autre conseiller municipal sortant, Régis Petitboulanger, qui obtint la majorité absolue. Pour seulement 10 petites voix !
La revanche à Talant
Citons également Talant, où, là, il a fallu patienter jusqu’au 2e tour pour connaître le nom du nouveau premier magistrat. Se jouait sur les hauteurs de Dijon la revanche, à droite, de 2020… Rappelez-vous, il y a 6 ans, la liste menée par Adrien Guené s’était imposée, mais, après l’épisode du Covid, c’était l’un de ses colistiers, Fabien Ruinet, qui lui avait ravi le siège tant désiré. Cette fois-ci, les deux protagonistes de cet épisode politique qui avait fait grand bruit à l’époque se croisaient à nouveau dans les urnes, avec l’éternel prétendant socialiste, Stéphane Woynaroski.
Après un 1er tour, où le maire sortant (1 730 voix – 39,95%) devança de 146 voix son principal adversaire et de 835 voix le candidat de la gauche, le 2e tour s’annonçait plus indécis que jamais. Il le fut, et Adrien Guené recouvrit au final son bien pour 197 voix. Avec 45,26%, Fabien Ruinet étant crédité de 40,80% et Stéphane Woynaroski de (seulement) 13,94%.
Voilà pour les bouleversements majeurs dans la métropole. Quant à la continuité, elle a été au rendez-vous dans 12 communes. Citons, entre autres, le socialiste Thierry Falconnet qui conserva son bien à Chenôve, dès le premier tour, avec 53,83%, malgré une liste LFI, menée par Patricia Marc (12,99%) ou encore la liste DVD de Philippe Neyraud (29,90%). A Longvic, la socialiste Céline Tonot (61,29%) remporta le scrutin de 652 voix. Citons aussi l’excellent score de Laurent Gobet (75,64%) à Fénay qui ne laissa aucune chance à Philippe Curot.
A Chevigny-Saint-Sauveur, ce fut encore plus facile pour Guillaume Ruet (LR), puisqu’aucune liste ne vint lui disputer l’élection… En revanche, il a fallu patienter jusqu’au soir du 2e tour à Neuilly-Crimolois pour voir le maire sortant, Didier Relot, récupérer son siège (pour 84 voix), aux termes d’un duel acharné contre Emmanuel Florentin. Voilà les enseignements principaux de ces élections municipales dans la métropole de Dijon, qui comprendra donc de nouveaux… mais aussi d’anciens visages ! Le changement dans la continuité…
Xavier Grizot





