Tourisme : Visite guidée par François Rebsamen

Une conférence de presse de François Rebsamen n’est pas tout à fait un rendez-vous médiatique comme les autres. Celle devant dresser le bilan touristique estival n’a pas échappé à la règle. Le président de Dijon métropole a distillé des messages qui ne sont pas passés inaperçus. Florilège de cette visite guidée…

S’il ne fallait retenir que deux qualificatifs pour le tourisme dans la métropole à l’été 2025, ce serait solide ou robuste. Ce sont ceux qu’a mis en exergue le président de Dijon métropole, François Rebsamen, au moment de dresser le traditionnel bilan de la fréquentation. Et ce, en s’appuyant sur les chiffres majeurs, à l’instar, comme vous pourrez le découvrir dans cette double page, du nombre de nuitées (marchandes et non marchandes) : 2,03 millions enregistrées entre le 1er juin et le 31 août. Un volume pratiquement stable par rapport à 2024 (-0,2%) mais en progression notable comparé à 2023 (+2,5 %). Et le ministre d’ajouter : « Au total, de janvier à août, ce sont plus de 4,56 millions de nuitées. Dijon confirme ainsi son attractivité alors que certains modèles souffrent. Le nôtre est solide, ou robuste – selon le terme usité par les professionnels – et montre sa résilience ! ».

En présence, notamment, des adjointes dijonnaises Danielle Juban et Nadjoua Belhadef mais aussi du vice-président métropolitain et maire de Marsannay-la-Côte, Jean-Michel Verpillot, le président de Dijon métropole n’a pas manqué de détailler la typologie de la clientèle (les Français sont à l’origine des 55% des nuitées, + 17% de Chinois…), la fréquentation des points d’accueil de l’Office de Tourisme (110 161 visiteurs entre le 1er juin et le 31 août) ou encore celle de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin (+ 50% de la fréquentation du pôle culturel durant l’été)… Évoquer seulement les chiffres serait par trop réducteur, car une conférence de presse de François Rebsamen n’est pas tout à fait comme les autres… surtout à 6 mois des élections municipales ! Les messages ont plu comme à Gravelotte, si vous nous permettez l’expression… même si le temps, en ce vendredi 26 septembre, était plutôt à la pluie fine.

« La ligne TGV rétablie en 2028 »

« Après la Bourgogne Franche-Comté (31%), c’est de l’Ile de France (18%) que sont originaires les visiteurs de la métropole, malgré l’absence de la ligne TGV. Cela montre une fois encore qu’il est indispensable d’avoir une liaison directe avec l’aéroport Charles-de-Gaulle et avec l’ouest de la France à Marne la Vallée ». Et celui qui se bat pour le retour de cette ligne arrêtée durant le Covid d’annoncer : « Celle-ci sera rétablie en 2028 eu égard au retard dans ses commandes qu’a pris Alstom ».

« Le combat pour la gratuité des musées que j’ai mené dès mon arrivée porte ses fruits », a-t-il également développé, en constatant les hausses de fréquentation des établissements culturels : + 6% pour le musée des Beaux-Arts, + 15% pour le musée Rude, + 123% pour le musée archéologique (s’expliquant notamment par l’exposition temporaire « La rotonde de Saint-Bénigne : 1 000 ans d’histoire » qui a rencontré un franc succès)…

Sur la Cité internationale de la gastronomie et du vin, il a vanté « la décision de gratuité des activités culturelles, grâce à laquelle la fréquentation a bondi ». Mais il n’a pas caché que « des choses étaient à améliorer ». Non sans adresser, là aussi, un message sans ambiguïté : « Il y a des bons et mauvais commerçants. Certains ont brisé à la Cité de très beaux jouets ! »

« Beaucoup de choses depuis 20 ans »

En ce qui concerne le tourisme d’affaire, « 113 000 participants ont été accueillis, à travers 129 événements, ce qui a généré environ 50 M€ de retombées économiques ». « Le bureau des congrès est la vitrine d’une ambition métropolitaine. Nous sommes dorénavant parfaitement équipés pour accueillir des grands événements », a-t-il souligné, tout en en profitant de l’occasion pour une rétrospective : « Nous avons quand même fait beaucoup de choses depuis 20 ans. Nous fêtons cette année les 20 ans du Zénith mais ce n’est pas la seule réalisation dont il faudra célébrer l’anniversaire ».

C’est ainsi qu’il se remémora l’arrivée d’Ikea à Dijon, « qui a permis de développer l’ensemble de cette zone commerciale » : « Il faut se souvenir qu’avant c’était une friche industrielle, la Seita (Société d’exploitation industrielle des tabacs et allumettes). Celle-ci appartenait à un groupe espagnol dans lequel que je me suis rendu pour lui expliquer qu’il avait tout intérêt à nous céder le terrain à l’euro symbolique plutôt que de payer une importante taxe foncière… C’est ainsi qu’Ikea a pu s’installer ! »

François Rebsamen n’a pas manqué non plus d’évoquer « la piétonnisation du centre-ville, ce centre historique qui fêtera bientôt ses 20 ans plébiscités par tous les touristes ! Les visiteurs reviennent car la ville est apaisée ». Non sans glisser : « Je rappelle que beaucoup à l’époque voulaient que l’on y maintienne la voiture… » Et de se tourner vers l’avenir… proche : « Il sera nécessaire de refaire un Plan pour le secteur sauvegardé mais ce sera le travail de mes successeur… es ». Enfin là, il a bien insisté sur le féminin de successeur…  Pas besoin de préciser à qui il pensait !

Xavier Grizot