Yan-Pei Ming… universel !

Le musée des Beaux-Arts ne compte désormais pas moins de 18 œuvres de l’artiste contemporain dijonnais par excellence : Yan-Pei Ming. Ses dernières – trois aquarelles en écho aux Pleurants – viennent d’être installées…

« Le peintre doit s’efforcer d’être universel »… tels étaient les conseils de Léonard de Vinci qui ont franchi les siècles sans prendre une ride. A l’image d’ailleurs de ses œuvres toujours adulées ! Yan Pei-Ming a touché cette universalité en étant parmi les premiers peintres vivants exposés au Louvre. Et en dévoilant ses gigantesques Funérailles de Monna Lisa, à quelques mètres à peine de la Monna Lisa du maître florentin… C’était en 2009 et les toiles immenses de l’artiste, réalisées à grands coups de brosse et de rouleaux dans son atelier dijonnais, s’exposaient à la face du monde. C’est alors que nous pouvions qualifier l’ancien étudiant de l’école des Beaux-Arts de Dijon, où il arriva, rappelons-le, en 1980 à l’âge de 20 ans en provenance de sa Chine natale, de… premier empereur de l’art contemporain dijonnais !

Et son universalité n’a de cesse depuis d’être confortée par la Ville de Dijon. Pour preuve, le musée des Beaux-Arts expose dorénavant 3 de ses aquarelles d’1,50 m en écho aux célèbres Pleurants, ces statuettes d’albâtres réalisés au XVe siècle afin d’orner les Tombeaux de nos célèbres Ducs, Philippe le Hardi et Jean Sans Peur.

Les Pleurants réinterprétés

C’est justement dans une salle annexe de ces Tombeaux que les aquarelles de Ming ont été exposées. Une salle des Tombeaux, où les visiteurs peuvent aussi découvrir, mais là jusqu’au 12 janvier prochain, un de ses triptyques appelé « Nom d’un chien, un jour parfait ». Trois autoportraits en pied de l’artiste rappelant la Crucifixion du Christ… mais sans la croix. La verticalité de ces œuvres en bichromie (de 4 m de haut !), face à l’horizontalité des Tombeaux, ne laisse personne indifférent.

Et ce triptyque n’est pas sans rappeler le Christ gisant sur une mer d’écumes qu’il avait réalisé pour l’opération Dijon Must’art organisée en 2011 par la Ville afin de présenter les Pleurants dans les musées américains. Une peinture en hommage au Christ Mort de Mantegna, un autre peintre italien de la Renaissance qui lui aussi a atteint l’universalité.

Avec ses aquarelles représentant les Pleurants qui font le bonheur du musée des Beaux-Arts, d’aucuns peuvent dire désormais que, depuis Dijon Must’art qui avait eu son point d’orgue à New-York, la boucle artistique est bouclée. Mais rien n’est moins sûr… universalité (de Ming) rimant avec éternité !

Xavier Grizot