En direct de Liverpool : « Une place spéciale dans mon cœur »

La fin de mon année Erasmus est arrivée, et avec elle la dernière chronique d’En Direct de Liverpool. Il est temps pour moi de tirer mes conclusions, et de reconnaître tout d’abord avoir menti aux lecteurs – bien contre mon gré !..

Si j’ai tenté toute l’année de simplifier la météo imprévisible de Liverpool dans mes écrits, j’abandonne désormais volontiers mes tentatives de comprendre le passage des saisons de ce côté de la Manche. Tandis que le froid s’est installé sans équivoque en octobre, les hausses et baisses constantes des températures depuis mars m’ont fait croire à l’arrivée du printemps à pas moins de 4 reprises, chaque fois rapidement rattrapées par la pluie et le vent. C’est bien la première fois de ma vie que j’ai eu envie de ressortir les cols roulés ou les grosses écharpes par 10°C en mai.

A travers mes chroniques, j’ai tenté d’offrir une image positive de la ville, étant moi-même tombée amoureuse de ma vie liverpuldienne. L’accent incompréhensible Scouse dont tous les anglophones se moquent, l’omniprésence de la brique rouge et même les énormes mouettes voleuses de nourriture ne m’auront pas découragée de vouloir charmer les Dijonnais. La ville n’est évidemment pas sans problèmes : je trouve par exemple qu’il y a beaucoup plus de déchets dans les rues de Liverpool que de Dijon, et les sans-abris sont également bien plus nombreux, symptômes d’un manque tenace de financement et de ressources.

En revanche, mes chroniques ont été limitées par mon statut d’étudiante internationale, à mi-chemin entre la résidente et la touriste. Je passe la plupart de mon temps sur mon campus ou en centre-ville, ayant peu de raisons de visiter les quartiers alentours. C’est avec regret que j’ai par exemple manqué de me rendre de l’autre côte de la rivière du Mersey, à l’est de Liverpool, dans le district du Wirral qui se revendique tout aussi « Scouser » que les liverpuldiens.

A vrai dire, j’aurai eu peu de contacts avec les Scousers, originaires de Liverpool, ayant beaucoup plus de points en commun avec les autres étudiants. J’ai trouvé qu’il était parfois difficile de s’intégrer car les Anglais manquent souvent de remarquer qu’ils parlent trop vite, trop compliqué ou trop accentué. Ils sont malgré tout accueillants et intéressés à Liverpool, et me demandent toujours d’où je viens sans savoir du tout où placer Dijon sur la carte. Ce sont nos vins et notre moutarde (à prononcer « Dijonne Mustard ») qui nous font connaître à l’international. Quant aux étudiants français (ou devrais-je écrire étudiantes, car la majorité sont des filles), j’ai eu l’impression que beaucoup avaient tendance à se rassembler, parlant français et ainsi s’ostracisant de la communauté – une impression dont je vous invite à douter, ne m’étant fait que peu d’amis français cette année.

J’espère que cette chronique aura donné envie à certains Dijonnais de venir visiter Liverpool, d’atterrir à l’aéroport John Lennon, prendre un bus à deux étages jusqu’au centre-ville, de faire un tour de ferry près des quais ou de marcher dans les pas des grands footballeurs et musiciens. De mon côté, même si je m’envole bientôt pour retrouver la France, Liverpool gardera toujours une place spéciale dans mon cœur.

Léa Tribotté