L’esprit de Noël s’est installé dans la ville de Liverpool. En théorie, un Noël au Royaume-Uni n’est pas bien différent d’un Noël en France : Mariah Carey et les sons de clochettes envahissent les ondes de radio, la nuit tombe à 16 h, les examens se multiplient au grand déplaisir des étudiants, il est soudainement impossible de sortir de chez soi sans voir un sapin, et l’autre côté de la Manche n’échappera pas aux courses de dernière minute le 24 décembre. La principale différence est qu’à Liverpool, on voit Noël en très grand.
Les Anglais ont à mon sens un rapport aux festivités similaire aux Américains : ils fêtent en grande pompe. En Octobre, ce sont les célébrations d’Halloween et les fêtes déguisées qui ont animé la ville. Quelques fêtes de Thanksgiving (originaire des États-Unis) se tiennent fin novembre, mais les attractions de Noël commençant aussi tôt que la mi-novembre, et dans les magasins dès la fin d’Halloween.
Bien sûr, Noël reste historiquement une fête chrétienne. Des messes de minuit sont organisées par les deux diocèses de Liverpool, et à l’échelle nationale il est devenu une tradition dans les écoles primaires de présenter un spectacle musical de l’épisode de la Nativité. Cependant la fête est devenue une simple opportunité de se réunir en famille et de s’offrir des cadeaux qui font mal au portefeuille (et oui, même à l’étranger on se plaint de la surcommercialisation de Noël).
La période des préparatifs de Noël est le terrain de jeu de l’événementiel : chaque lieu social s’embellit de guirlandes lumineuses et de nœuds papillons rouges, et organise son propre événement de Noël. La ville transforme une ancienne église bombardée en patinoire pour quelques jours seulement, dans la même veine que notre patinoire Place de la République. Même les soirées étudiantes deviennent des repas de Noël et soirées film. Les rediffusions des films classiques de Noël vont bon train, parmi lesquels les films Harry Potter sont incontournables, passant à la télévision chaque année sans faute.
Les marchés de Noël, terriblement attractifs, sont aussi communs en Angleterre qu’en France; on m’a recommandé à plusieurs reprises les marchés voisins de Manchester, Chester ou encore York. A Liverpool, le marché est un joyeux mélange de marché traditionnel et de petite fête foraine. Des cabanons plus ou moins grands vendent toutes sortes d’objets allant de bijoux à décoration, ainsi qu’un large choix de nourriture du monde entier – on y trouve des stands de fromages locaux comme des stands de saucisses allemandes, de fudges américains, de churros ou de crêpes. Si cependant on veut goûter aux spécialités anglaises en attendant le 25 décembre, la « mince pie » (une tartelette sucrée aux fruits, aux épices et à la viande maigre) est le gâteau de Noël par excellence, et le vin chaud est très apprécié.
La seule chose qui manque désormais à un Noël liverpuldien, c’est la neige, qui apparemment est aussi rare que celle de Dijon. Bien que je ne pourrai pas la voir de mes propres yeux, je croise les doigts, comme chaque année, pour que la neige nous fasse le cadeau de tomber le jour de Noël.
Léa Tribotté





