Immobilier d’entreprise : Des résultats 2021 reflétant la reprise économique

L’année dernière, l’immobilier d’entreprise a été plus qu’en bonne santé. Même si l’offre n’est toujours pas évidemment à la hauteur de la demande, les chiffres dévoilés par l’Observatoire de l’immobilier d’entreprise de Côte-d’Or et la CCI Métropole de Bourgogne ont illustré le dynamisme économique du territoire…

S’il est un indicateur on ne peut plus pertinent afin de mesurer l’attractivité du territoire, c’est bien l’IMDEX. Derrière cet acronyme se cache l’Observatoire de l’immobilier d’entreprise de Côte-d’Or créé en 2017 par Invest In Côte-d’Or, le service de la CCI Côte-d'Or Dijon Métropole dont le but est d’accompagner des projets d’investissement. Et ce, en partenariat avec le cercle des conseils en immobilier d’entreprise : Arthur Loyd, BNP Paribas Real Estate, CBRE Impact, Cushman & Wakefield, Voisin Immobilier, NOEVA Immobilier, NCBC.

Les collectes ainsi que les analyses de cet Observatoire permettent de réaliser un état des lieux objectif et pertinent du marché. Un décryptage susceptible d’orienter les entreprises souhaitant investir et s’implanter sur le territoire… Si bien que c’est un véritable outil d’aide à la décision et qu’il est devenu incontournable eu égard à la concurrence féroce que se livrent les métropoles, les départements ou les régions, pour attirer de nouvelles sociétés, synonymes d’emplois mais aussi de rayonnement.

Désormais piloté par la CCI Métropole de Bourgogne (née de la fusion le 1er janvier dernier des CCI 21 & 71), avec comme partenaires institutionnels Dijon métropole ainsi que la nouvelle agence d’attractivité du territoire, Dijon Bourgogne Invest, cet Observatoire permet d’ « apporter et partager des éléments de connaissance et d’information sur le marché de l’immobilier d’entreprise », tout en étant un véritable « lieu d’échange et de production de données et d’analyses ». La dernière présentation des résultats 2021 organisée par la CCI et son président Pascal Gautheron l’a une fois de plus illustré.

La location majoritaire

Et les informations sur l’année 2021 ont été de taille. En ce qui concerne le marché des bureaux sur la métropole, l’offre disponible s’élève à 39 300 m² (en baisse de 11 %) alors que la demande (29 961 m²) reste stable. Quant au classement des parcs, par volume transacté, il s’établit comme suit : Parc techno et Europe (8 770 m2), Eco-pôle Valmy (5 769 m2), centre-ville (5 059 m²). Dans le domaine des bureaux, la location reste très largement majoritaire (67 % contre 32% pour la vente) et les prix moyens suivants au m² ont été relevés : pour la location, Dijon centre neuf 160 à 170 €, Dijon centre 2e main 120 à 155 €, périphérie neuf 150 à 165 €, périphérie 2e main 90 à 150 €; pour la vente, neuf 2 050 à 2 800 €, 2e main 950 à 2 100 €.

En matière de locaux d’activité, la demande placée sur la métropole a atteint 82 217 m2, soit en augmentation de 102 % ! Pour une offre disponible de 42 600 m2 (- 26%). Quant à ce marché proprement dit, il a fait apparaître les chiffres majeurs suivants : à la location, neuf 80 à 95 € le m², 2e main 50 à 80 € ; à la vente, neuf 1 000 à 1 300 €, 2e main 500 à 950 €. Et, dans ce domaine aussi, la location demeure la solution la plus prisée, avec 65 %.

Passons maintenant aux entrepôts, où la location s’est élevée à la moitié des transactions : la demande placée sur l’agglomération a été de 65 066 m², enregistrant là aussi une hausse de 76%, l’offre disponible n’étant que de 18 800 m² (-10%). A noter que les demandes, en volume, ont été les suivantes : 3% de neuf, 12% de restructuré, 28% de seconde main et 57% en compte propre.

C’était avant la guerre

Des statistiques qui ont fait dire, entre autres, à la CCI Métropole de Bourgogne que « la diminution de l’offre économique foncière perdurait en 2021 ». Non sans ajouter : « Nous recensons 200 hectares répartis principalement sur l’axe Nord-Sud (A6, A31) du département. Sur la métropole dijonnaise, cette offre se concentre principalement sur 4 opérations publiques d’aménagement de parcs d’activités : Ecopole Valmy, Eco-parc Dijon Bourgogne, Parc Beauregard et Technopôle Valmy. Sur ce programme très sollicité, Beauregard concentre à lui seul une vingtaine d’hectares disponibles et une trentaine d’hectares sont mobilisables immédiatement, en fonction de la typologie d’entreprise visée, des emplois générés… »

Du côté des experts, l’analyse a montré que « le marché 2021 annonçait la reprise économique » : « Le marché des locaux d’activité reflète cette dynamique positive avec des résultats inégalés en 7 années d’observation. La demande placée est même doublée sur l’agglomération… »

La connotation est même encore plus forte pour le marché des locaux d’activités, 2021 étant qualifiée d’ « exceptionnelle ». Quant au marché des bureaux dijonnais, toujours selon les experts, « il trouve bien sa place dans une tendance à la résilience, les résultats 2021 restant stables ». Et que dire du marché des entrepôts : « 2021 représente une année record impulsée par la demande placée en compte propre sur Beauregard. En effet, 4 transactions de plus de 5 000 m² animent plus de la moitié du marché : Urgo et Giphar, avec les constructions de plateformes logistiques de 16 000 m2 et 12 600 m², Amazon qui réhabilite un ancien site (FrancEole) pour ouvrir une nouvelle agence de livraison sur 9 222 m² et Chronopost sur 7 000 m². La nette progression constatée en 2020 s’accélère… »
Autrement dit, le dernier baromètre de l’Imdex a fait plus que montrer la reprise économique durant l’année 2021. Même si l’immobilier d’entreprise n’avait pas été fondamentalement malade l’année précédente, il avait tout de même subi les affres de la crise sanitaire et des confinements. En 2021, le soleil brillait pleinement. Mais c’était avant l’ombre de la guerre en Ukraine, l’écho de ses bombes sur la scène européenne et ses répercussions au niveau économique qui ne manqueront pas de se faire ressentir…

Camille Gablo