Les brèves de Jeanne Vernay

Relire Camus

Rédiger la page de Jeanne Vernay est évidemment moins facile depuis le 24 février. La guerre en Ukraine rend ses sujets dérisoires, tout au moins amoindrit leur portée, assèche les inspirations et surtout la confiance de celle qui tient la plume, craignant, dans ses brèves du moment, ne pas trouver d’intérêt chez un lecteur, accaparé par l’effroyable actualité. Mais la moins mauvaise façon de réagir est de ne pas laisser la page blanche… Et pour restaurer un enthousiasme en berne, j’ai relu attentivement Albert Camus… Plus exactement les termes de son discours prononcé à Stockholm en 1957 : « Tous les hommes de mon âge, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s’installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui ont été confrontés ensuite à la guerre d’Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l’univers concentrationnaire, doivent aujourd’hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire… Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe pour lutter contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire ». Un message de lucidité et d’espoir dont il faut, même si 2022 n’est plus le temps d’Albert Camus, transposer la force à notre génération et à notre terrible actualité. Pour imposer l’instinct de vie et la Paix…

Sur les traces de Steve McQueen

Le film Bullit avec Steve McQueen a fait entrer la Ford Mustang dans la légende. Les adeptes du 7e Art auront qui sait une pensée pour la poursuite de voiture la plus inoubliable de toute l’histoire du cinéma (au volant d’une Mustang GT Fastback) s’ils décident de se rendre le 2 avril prochain au Circuit de Dijon-Prenois. Tous les amoureux de l’automobile peuvent en tout cas cocher cette date dans leur agenda, puisque ce sera le désormais célèbre et (très) attendu Mustang Day. Il faut dire que c’est le plus grand rassemblement de Mustang en France sur circuit : pas moins de 300 d’entre elles de toutes générations s’élanceront sur ce circuit de légende ! Et cette 29e édition, ouvertes aux Ford Mustang mais aussi à leurs dérivés (Galaxy, GT 40, AC Cobra, Cougar…), s’annonce comme un grand moment. Entrée : 10 € (billetterie sur place), gratuit pour les moins de 10 ans. Plus de renseignements sur www.circuit-dijon-prenois.com

Ecrin de culture

Le Consortium Muséum ou Palais dijonnais de l’art contemporain est un lieu à découvrir. Installé depuis dix ans au 37 de la rue de Longvic, dans un bâtiment qui était à l’origine les locaux de l’entreprise L’Héritier Guyot, rénové et étendu par l’architecte Shigeru Ban, il offre aujourd’hui un espace de 4000 m2 dont 2 000 sont dédiés aux expositions. Géré par une association, il n’est pas à proprement parlé un musée de la Ville, mais cette dernière, le Département de la Côte-d’Or, la Région Bourgogne-Franche Comté et l’État le soutiennent activement. Véritable écrin de Culture, il propose en permanence une offre très large… Avec l’objectif principal de présenter un éventail de la création artistique à un niveau international. L’idée que tous les styles soient retenus domine ; en ce moment, cinq expositions ont lieu en même temps et, si la peinture occupe seule les lieux aujourd’hui, la sculpture ou la photographie apportent souvent leur originalité. Le Consortium est ouvert au public du mercredi au dimanche (entrée à 5 euros avec gratuité chaque vendredi de 17 à 20 h). Et soulignons les nombreuses initiatives propres à faire comprendre, aimer l’art contemporain… Notamment les visites commentées, gratuites et sans réservation, du vendredi à 18 h 30, du samedi et dimanche à 16 h.

Ecrin de verdure

A Longvic, l’espace-nature baptisé « le Terrain de l’aventure » fera bientôt valoir ses atouts. Respect de la biodiversité déjà… Mise à la disposition du public de lieux ludiques originaux ensuite. Il faut dire que sa localisation, à proximité de l’Hôtel de ville, fournit un cadre privilégié : en bord de l’Ouche, deux sentiers iront, en passant sous la rocade, de la Maison des sports au secteur du Champ-au-Puits… Un coin de verdure rare, de silence aussi. Sur deux hectares. Où les aménagements permettront la cueillette gourmande avec la possibilité de déguster baies et fruits de saison. Grâce à la plantation actuelle de plus de 700 arbustes et maintes fleurs ne demandant que peu d’arrosage. L’objectif ludique viendra compléter l’aménagement sous la forme d’espaces à parcourir pieds nus… Afin de mieux entrer en contact avec la structure des sols !

Les dix ans du MuséoParc

Le MuséoParc Alésia a décidé de fêter son dixième anniversaire avec une année 2022 particulièrement riche en expositions et animations spécifiques. D’abord, le travail engagé aux côtés des scientifiques du laboratoire Artelis de l’Université de Bourgogne en partenariat avec l’Institut national de recherches archéologiques est prolongé… En poursuivant l’objectif de mêler la science au ludique pour la transmission d’informations aux plus jeunes. Ensuite, le « tourisme vert » s’affirme afin de mettre en avant les enjeux de la biodiversité et un projet de « jardin antique » se profile. Enfin, une série de moments-phares attireront le public : le 26 mars, ce sera le « 24 heures des 10 ans » avec une ouverture nuit et jour en lien avec les musées de Semur et Montbard. En multipliant activités sportives, animations musicales, spectacles participatifs autour de la BD « Alésia » ; tout en donnant la possibilité aux gagnants d’un jeu-concours de dormir à l’intérieur d’une tente de légionnaire romain. En juillet, la reconstitution historique du « De Bello Gallico » mobilisera 150 personnes campant Gaulois et Romains…

D’un duc à l’autre

La célébration du tricentenaire de l’Université de Bourgogne est l’occasion de mettre en avant le DUC. Le vieux club omnisport universitaire a beaucoup apporté et apporte encore beaucoup à la Cité des Ducs. Fondé en 1920, il a toujours su faire vivre ses sections avec brio… Avec au premier rang l’athlétisme bien sûr qui réussit aujourd’hui aussi bien qu’hier. Le handball, certes disparu, a eu aussi ses belles heures de gloire. Avec une accession au niveau national dans les années 60, puisque la formation dijonnaise l’emporta pour la montée sur… l’Olympique de Marseille ! Le rugby à XV ne fut pas en reste : finaliste du Championnat de France universitaire face à une autre équipe marseillaise, le SMUC, en 1944, le DUC tient sa place sur les terrains bourguignons sans discontinuer jusqu’à la fin des années 80. Jouant au stade Jean Masingue, puis à l’Éveil et portant fièrement le jeu de maillots neufs procurés par Marcel Darby, directeur des vêtements Houdart, pour remplacer ceux du lycée Carnot empruntés subrepticement chaque dimanche. L’équipe de Jean-Paul Voizeux rate même d’un crampon en 1966 la montée en 3e division. Avec les Besnard, Buffy, Laborier, Vareilles, Douhaire et bien évidemment Mignotte.

Le CREPS se modernise

Le CREPS de Bourgogne-Franche Comté, Centre de ressource et d’expertise à la performance sportive, a été labellisé Centre de préparation aux Jeux de Paris 2024. Il doit donc s’inscrire dans la dynamique de l’événement, c’est-à-dire se moderniser et monter en gamme. D’où la décision par la Région de construire, sur le site du château de Lissey à Mirande, un Centre de préparation et de performance athlétique innovant qui sortira de terre en avril. Un lieu n’existant nulle part ailleurs dans un cadre urbain, pour tous les sports, y compris paralympiques. Un lieu de haute performance, proche de la capitale… Qui bénéficiera dès l’automne prochain aux rugbymen internationaux à l’occasion de la Coupe du monde. Et, de manière pérenne, évidemment, aux sportifs régionaux.

Retour de la Saint-Vincent

Après deux années d’absence pour raisons sanitaires, la tradition reprend vie : la 78e édition de la Saint-Vincent Tournante se déroulera les 19 et 20 mars prochains sur trois sites : Corpeau, Puligny-Montrachet et Blagny. Placé sous le signe du partage et la volonté de mettre à l’honneur la complémentarité des terroirs, l’événement prendra à coup sûr un éclat particulier. Avec déjà le sentiment légitime de vouloir rattraper le temps perdu par la faute de la pandémie… Avec également la situation originale de la fête démultipliée dans trois villages, tout en liant ceux-ci minutieusement : le défilé des cent confréries de Bourgogne du samedi matin partira du hameau de Blagny pour rejoindre Corpeau après la traversée de Puligny. Et, évidemment, la réputation du secteur viticole choisi garantit la réussite : les vignerons ouvriront largement leurs caveaux pour proposer cuvées spéciales et millésimes particuliers. Quant à la partie festive, elle sera de taille : trente points d’artisanat avec construction sous les yeux du public d’une cabotte en pierres sèches. Et pas moins de 125 artistes, musiciens, membres de fanfares, orchestres pour des concerts itinérants. Des acrobates de rues également. Bref, une belle Saint-Vincent en perspective !

Autre retour attendu

Autre retour, illustrant que l’épée de Damoclès du Covid au-dessus de nos têtes est bien moins tranchante actuellement : le Salon des Seniors de Côte-d’Or, les 7 et 8 avril prochains, au parc des Expositions de Dijon. Reportée les deux dernières années eu égard à la crise sanitaire, cette manifestation organisée par le Conseil départemental, qui s’est engagé pour le « Bien-vieillir en Côte-d’Or » en favorisant, notamment, le maintien à domicile pour les personnes âgées en perte d’autonomie, accueillera plus de 150 exposants et associations. Parrainé par Julien Lepers et Christine Laborde, qu’il n’est pas besoin de présenter tellement ils ont occupé le haut de l’affiche sur le petit écran, cet événement représentera une mine d’informations et de contacts. Et ce, dans tous les domaines : forme, bien-être, patrimoine, lieux de vie, loisirs, associations, équipement du logement, services à la personne… Ne manquez pas, par exemple, l’Appart’ connecté du Département qui vous dévoilera les dernières nouveautés pour adapter votre logement. Celui-ci offre toute une panoplie d’aides techniques et domotiques. Entrée gratuite !