Vous pouvez mettre vos œufs dans le même panier

Véronique et François Dautrey ne vendent pas que des œufs, des légumes et des fruits. Le « plus » ? Le couple a parié à jamais sur la bonne humeur, la grande gentillesse. Qu’il pleuve ou qu’il vente, le mardi et le vendredi, on les retrouve rue Odebert. Le jeudi et le samedi, ils regagnent l’intérieur des Halles, rejoignant le carré des marchands de primeurs. Ils ont à cœur de s’impliquer dans l’association Chouett’Halles, dont Véronique est trésorière. Les Dautrey ou une certaine idée de la France…

Le matin à la fraîche, le quartier les voit décharger à tour de bras : « Palettes de bois, cartons, fruits et légumes, j’ai calculé que ça fait une tonne et demie. Tenez, un carton de bananes pèse de 18 à 19 kilos. Au terme d’une journée de marché, s’il fallait chiffrer toutes nos manipulations, on arriverait à l’équivalent de 8 tonnes », explique François qui adore pratiquer l’humour auprès de ses « vieux » clients. Et Véronique de poursuivre : « Oui, c’est un métier très physique, rude, mais attachant : des familles viennent se servir chez nous d’une génération à l’autre. D’ailleurs, nous livrons régulièrement les personnes trop âgées pour pouvoir se déplacer. On leur apporte aussi les commandes qu’elles font par téléphone au boucher ou au poissonnier des Halles. Sans oublier les journaux, dont bien sûr Dijon L’Hebdo… »

Pour Véronique, «  le métier a beau ne guère attirer les jeunes, ça vaut le coup ; c’est infiniment sympa. On se sent libre ». Les jours sans marché, pas question de rester les deux pieds dans le même sabot ! Il faut contacter les « bons fournisseurs pour  bien acheter ». Sans oublier la confection de dizaines et de dizaines de pots de confiture « avec les fruits du jardin », ajoute-t-elle avec un grand sourire. Pots de confiture qui, une fois étiquetés main - s’il vous plaît ! – sont fort prisés des habitués.

Et les vacances, dans tout ça ? « En novembre prochain. On se videra la tête, enfin au chaud !»

Marie-France Poirier