Exit les commissions de quartiers, place aux ateliers de quartiers… Les nouveaux membres des 9 structures dijonnaises faisant la part belle à la démocratie participative viennent d’être tirés au sort. L’adjoint Christophe Avena nous expose le « nouveau souffle » de l’agora dijonnaise…
Dijon l’Hebdo : 1 320 citoyens ont participé au tirage au sort des membres des 9 ateliers de quartiers le 28 janvier. Vous devez vous féliciter de cet engouement ?
Christophe Avena : « Nous assistons aussi et surtout à 92% de renouvellement et c’était une vraie volonté des commissions de quartier. Ce seront ainsi de nouveaux citoyens qui prendront part à la démocratie participative. Cela correspond pleinement à ce que nous voulions. Je veux également souligner un rajeunissement global lié à la méthode du tirage au sort effectué sur les listes électorales. L’algorithme réalisé par le service informatique de la Ville a permis d’avoir des ateliers au plus proche de la réalité sociale et de la population habitant les quartiers. Le 14 mars prochain, l’assemblée plénière lancera le travail de ces ateliers qui seront, cette fois-ci, porteurs de leur méthodologie de travail, avec une liberté d’organisation plus importante. Le bureau sera piloté par les habitants eux-mêmes, avec les élus en support. Ces ateliers ne sont pas l’unique moyen de faire de la démocratie participative mais ceux-ci représentent une articulation dans un ensemble. Les citoyens peuvent être présents dans nombre de domaines, à l’instar de la petite-enfance, l’alimentation, l’écologie… Et les ateliers portent très bien leur nom. Ce sont véritablement des lieux où tous pourront travailler ensemble sur leur environnement proche, sur leur quotidien… »
DLH : Le nerf de la guerre n’est-il pas tout de même le budget alloué à chacun de ces ateliers…
C. A : « Le budget participatif directement sous la responsabilité des ateliers a été augmenté de façon conséquente puisqu’il sera de 50 000 € pour chacun. Dans la même idée que la participation citoyenne doit être plus large, la dynamique participative sera aussi plus importante dans des projets structurants de la Ville. Notre idée, c’est à la fois un budget spécifique augmenté à chaque atelier et la possibilité de faire participer les citoyens à des projets plus larges afin qu’ils prennent part à des décisions qui les concernent tous ».
DLH : Les commissions de quartier avaient besoin d’un second souffle. C’est dorénavant chose faite ?
C. A : « Je parlerais plutôt de nouveau souffle. Dans l’implication des citoyens d’une manière directe, moins verticale, Dijon a été extrêmement avant-gardiste en 2001, alors que ce n’était pas, à l’époque, dans l’air du temps. Nous étions très en avance mais l’attente des citoyens a évolué depuis. Le besoin de renouvellement et de la nécessité d’être non partisans sont prégnants aujourd’hui et le but de ces ateliers est l’intérêt commun. Nous ne pouvons pas défendre des intérêts strictement individuels. Aussi ces ateliers nécessitaient-il un nouveau souffle pour repartir sur des bases bien définies : pouvoir défendre l’intérêt collectif ensemble. Sachez que les élus ont signé une charte de la démocratie participative dans laquelle ils s’engagent à la considérer de façon réelle. Cela ne se fait nulle part ailleurs. Nous sommes encore avant-gardistes en la matière. Dijon reprend la tête dans le domaine ! »
DLH : Vous avez subi tout de même les foudres de l’opposition…
C. A : « L’opposition a mal compris. J’en veux pour exemple un post de Laurent Bourguignat où il « demande de s’inscrire massivement afin que nous soyons représentés ». C’est exactement le contraire de ce que souhaitent les citoyens. Ils ne veulent pas que telle ou telle chapelle soit présente. Les citoyens en avaient assez de ces affrontements partisans au sein des commissions de quartier. Cela s’est ressenti très fortement sur la dernière mandature, où les commissions s’apparentaient parfois à des conseils municipaux bis. La démocratie participative et la démocratie représentative n’ont rien à voir. Cela n’est pas la même chose… L’opposition croit qu’elle peut aller lutter contre les décisions du conseil municipal dans les quartiers et les habitants ne veulent plus de cela ! Et je souligne qu’aucun membre de l’opposition n’était présent au tirage au sort, ce qui en dit long sur la vision qu’ils en ont ! »
Propos recueillis par Camille Gablo





