Dijon dégaine… son Acte II

C’est à partir du 23 novembre prochain que les policiers municipaux dijonnais de l’équipe de soirée seront équipés d’une arme létale. Telle est LA mesure forte de l’Acte II de la Tranquillité publique sur lequel la première adjointe Nathalie Koenders vient de faire le point.

L’annonce avait été faite, tel un symbole fort, dans les locaux de la Police municipale par le maire de Dijon, François Rebsamen, et sa première adjointe Nathalie Koenders : la capitale régionale allait rejoindre la garnison de villes armant leur police municipale. Et l’effectif des policiers municipaux allait croître jusqu’à 100 agents. Telles étaient les deux annonces majeures de l’Acte II de la Tranquillité publique, deuxième étape après celle initiée en 2015 visant à la réorganisation profonde du service de la tranquillité publique.

Jeudi 28 octobre, à la Maison de la Tranquillité publique de la Fontaine d’Ouche (un autre symbole fort), Nathalie Koenders a tenu à faire un point d’étape et à présenter les outils déployés en lien avec les services de l’Etat et de la Justice. En présence, notamment, du Procureur de la République, Olivier Caracotch, l’édile dijonnaise a annoncé qu’à partir du 23 novembre les 12 policiers de l’équipe de soirée seront équipés d’une arme létale (un pistolet semi-automatique Glock 17 de 5e génération de calibre 9 mm). Et qu’à ce jour la police municipale comptait 65 agents, 5 personnels supplémentaires étant en cours de recrutement. Pour atteindre l’objectif fixé de 100 agents mais aussi pour faire face à la concurrence que se livrent les collectivités dans le domaine, « la mobilité interne est favorisée et la rémunération de la profession a été revalorisée pour une meilleure carrière ». A noter également que les horaires de la police municipale seront étendus jusqu’à 2 h 30 du matin.

La question du fléau des rodéos a également été abordée : « Dijon métropole renforce sa lutte contre ces incivilités en signant un protocole avec le Parquet pour la prise en charge à titre gracieux des frais de mise en fourrière des engins motorisés saisis. La mobilisation conjointe des acteurs de la sécurité et de la justice, qui apporte une réponse pénale, témoigne de la volonté de lutter contre ce phénomène qui touche tous les territoires, qu’ils soient urbains, péri-urbains et ruraux. La police nationale et la police municipale ont organisé des opérations conjointes sur les lieux identifiés. Ainsi la police municipale a-t-elle réalisé, depuis le 1er mai dernier, 102 contrôles routiers et de vitesse ».

La vidéo protection est également mobilisée afin de favoriser la détection, la localisation précise et la vidéo verbalisation de ces incivilités. Depuis le début de l’année, celle-ci a, ainsi, permis la verbalisation de 97 faits de rodéos ou comportements routiers inadaptés troublant fortement la circulation. Et la première adjointe dijonnaise d’annoncer que « la collectivité s’équipera, comme le permet la Loi d’orientation des mobilités (LOM), de radars anti-bruit afin de lutter contre la pollution sonore, les rodéos urbains, étant, en plus de constituer un danger pour les usagers de l’espace public, à l’origine de graves nuisances acoustiques ».

A également été mise en exergue « la redynamisation de la prévention de la délinquance et de l’éducation de rue » : « Les services de la ville de Dijon et les partenaires de l’éducation, de la médiation, de la tranquillité, de la sécurité et de la justice poursuivent leurs engagements en matière de prévention et de lutte contre les incivilités, les troubles à la tranquillité publique et les phénomènes de délinquance. Cet objectif a été réaffirmé lors de la séance plénière du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Suite au transfert des compétences sociales à la métropole, la prévention spécialisée, à travers le renforcement de l’éducation de rue, a été aussi reconstruite avec un plan d’actions adapté et proportionné aux besoins individuels et collectifs. Dans le cadre du Plan France relance, l’État apporte son soutien à la dynamique engagée en finançant le recrutement de 6 éducateurs spécialisés supplémentaires dans le Quartier de reconquête républicaine (QPR) de Dijon métropole ». Le 28 octobre dernier, Dijon a ainsi dégainé son… Acte II de la Tranquillité publique !

Camille Gablo