Fabian Ruinet : « La mairie ne peut pas rester indifférente aux difficultés des acteurs économiques »

C’est une véritable menace qui a pesé ces dernières semaines sur le centre commercial du Belvédère à Talant. La commission de sécurité a émis un avis défavorable le 24 septembre dernier sur la poursuite de l’activité dans le centre. La remise aux normes des installations relatives à la sécurité incendie étant plus qu’incertaine, Fabian Ruinet a fait le choix d’impliquer la mairie dans le dossier et de proposer, au final, la restructuration du centre.

Dijon l’Hebdo : Des installations relatives à la sécurité incendie qui n’étaient plus aux normes… Comment peut-on en arriver là ?

Fabian Ruinet : « Il faut déjà rappeler que c’est un centre commercial qui a été créé en 1977 et qui a plutôt mal vieilli. Au fil du temps, les plus petits commerces ont ressenti des difficultés pour maintenir leurs activités. La conséquence, c’est qu’un certain nombre de propriétaires des cellules ont vu leurs locataires quitter les lieux. Ils n’ont donc plus perçu de loyers et ont arrêté de payer leurs charges. Il aurait fallu que le syndic soit plus réactif et prenne en compte l’ampleur du problème et des conséquences qu’il pouvait entraîner. La situation s’est donc logiquement dégradée ».

DLH : Est-ce le rôle d’une mairie que d’intervenir pour sauver un bâtiment au sein duquel s’exerce une activité commerciale privée ?

F. R : « Théoriquement, non. Mais elle ne peut pas rester indifférente aux difficultés économiques qu’éprouvent les acteurs sur son territoire. Et c’est bien le cas au niveau du centre commercial du Belvédère qui connait des problèmes d’attractivité. Il n’est donc pas choquant de voir la mairie reprendre la main dans ce dossier. C’est un lieu commercial, certes, mais c’est aussi un lieu de vie qui tient un rôle essentiel dans le quartier. De plus, la commune avait, dans le passé, fait le choix d’intégrer deux surfaces distinctes à ce centre commercial : la police municipale et le Relais. A cet égard, nous sommes évidemment concernés par ce qui s’y passe ».

DLH : Concrètement, quelles sont les premières mesures que vous avez décidées de prendre ?

F. R : la première mesure que nous avons prise, c’est de proposer aux co-propriétaires des rondes de la police municipale et la possibilité de verbaliser sur les parties communes, chose qui n’était pas envisageable jusqu’alors. La deuxième chose, c’est le transfert pour l’euro symbolique de ces parties communes. C’est ce qui va nous permettre d’enclencher la restructuration complète du centre commercial. La troisième chose enfin, c’est de mettre sur place un personnel qualifié sur les questions de sécurité incendie. Nous prendrons également en charge les travaux d’un montant de 100 000 € qui se feront entre aujourd’hui et le début de la restructuration ».

DLH : Les copropriétaires du centre commercial ont donné leur autorisation pour aliéner les parties communes générales pour l’euro symbolique. De facto, vous avez donc la main pour lancer un projet qui pourrait être le grand projet de votre mandat sur ce quartier ?

F. R : « L’objectif, c’est de réduire les charges de copropriété pour que les commerces continuent de se développer. C’est aussi de reprendre les parties communes pour en être propriétaire et assurer leur restructuration mais aussi de redonner de l’attractivité et de rendre les lieux plus sûrs avec la présence de la police municipale et l’installation de vidéo-protection. C’est un beau et ambitieux projet qui va prendre forme sur le quartier du Belvédère »

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre