Même si, depuis le milieu des années 90, il n’évolue plus parmi les cadors de l’élite, Tarbes représente toujours un grand nom du rugby français… Aussi la récente victoire à domicile du Stade dijonnais face à l’ancien géant des Pyrénées doit-elle être dégustée à sa juste valeur.
Certes il est loin le temps où les Ours bigourdans faisaient hérisser les poils des plus grands clubs de l’Hexagone, qui craignaient que la montagne pyrénéenne ne leur tombe sur la tête… Certes la dernière fois où ils ont pu ramener le Brennus dans leur tanière remonte à 1973 (pour l’Histoire, ils s’étaient imposés 18 à 12 contre Dax qui, à l’époque, faisait aussi partie des « gros »… mais de la plaine landaise). Et certes le Stado – ce nom serait dû à une erreur de prononciation d’un soldat du régiment des Hussards stationné dans la ville – a glissé, au milieu des années 90, sur les pentes du professionnalisme et du resserrement de l’élite…
Mais, il n’empêche, vaincre Tarbes représente toujours un moment… à déguster à sa juste valeur. Surtout lorsque cette victoire représente la 3e consécutive à domicile après celles obtenues face à Suresnes et Blagnac. Une victoire 17 à 12 inhérente essentiellement au fait que la Cité des Ducs s’est moins mise à la faute que son adversaire. Une victoire qui fait surtout dire que l’équipe de Benjamin Noirot va mieux.
Même à Albi début avril, l’un des ténors de la poule, la prestation bourguignonne, en dépit de la défaite, avait été porteuse d’espoir. Dans le combat en particulier. Un combat que les Dijonnais n’ont une nouvelle fois pas refusé à Bourillot, en tenant tête aux Tarbais, pourtant mieux classés. La mêlée fermée fut un secteur décisif où la pression stadiste, capable d’imposer une conquête souvent souveraine, poussa les Pyrénéens à de nombreuses fautes. Entraînant des pénalités réussies aux deux-tiers par la botte de l’ouvreur Fuertes. Dont la précision s’avéra une nouvelle fois déterminante, notamment à quelques minutes de la fin, quand il fallut mettre le quinze adverse à plus d’un essai transformé. Et sceller le succès de Dijon.
Un succès dont nous pourrons retenir également la course de David Oliete, qui, bien servi, jaillit comme une fusée sur son aile, et inscrivit le seul essai de la rencontre et le sixième de sa saison. Cette victoire place le Stade dijonnais à la11e place du championnat de Nationale avec 32 points. Trois rencontres restent à jouer et la bataille va être rude pour éviter les dernières positions du classement.
D’autant que les résultats se sont resserrés, Cognac ayant dominé Bourgoin et Aubenas étant allé glaner un point à Albi. C’est dire que le déplacement prochain, à Chambéry, sera déterminant. Qu’un exploit en terre savoyarde s’avère indispensable… Mais, avec dorénavant la peau de l’Ours (tarbais) devant la cheminée, le Stade peut déjà être fier !
Camille Gablo





