Clément Turpin : Un arbitre « de valeurs »

La Maison Camus, regroupant Formapi, Selforme et Gifod, a convié pour sa réunion de fin d’année l’un de ses célèbres parrains qui occupe l’écran chaque soir de Ligue des Champions : Clé ment Turpin. L’occasion d’interviewer cet arbitre international, directeur technique à la Ligue de Football Bourgogne Franche-Comté, qui place les convictions au-dessus de tout…

Tout d’abord félicitations pour l’arbitrage du choc Real-Manchester City le 10 décembre dernier ! Votre magnifique prestation a été saluée par tous les observateurs… Une chose est sûre : que de chemin par couru depuis que vous avez été le plus jeune arbitre de Ligue 1. Quelle est la différence fonda mentale entre vos premiers pas sur le terrain et aujourd’hui ?

Clément Turpin : « Cela a été un long chemin mais un chemin tellement riche d’expériences, de bons comme de moins bons moments. Entre le jeune homme que j’étais lorsque j’ai démarré en Ligue 1 – j’avais 26 ans – et celui que je suis aujourd’hui – je vais arriver à 44 ans –, la passion n’a pas changé. Les convictions sont en revanche aujourd’hui d’une épaisseur très importante. Ce en quoi je crois est essentiel, tout comme les chemins qui me paraissent intéressants à arpenter et ceux au contraire où il serait facile d’aller mais où je n’irai pas car ils vont à l’encontre de ce que je crois. Au moment où j’ai débuté, tout cela était assez gris mais, aujourd’hui, tout est très clair. C’est l’expérience tout simplement… »

Vous incarnez l’autorité sur un terrain tout en tenant de fluidifier le jeu… C’est tout le paradoxe. Est-ce quand cette alchimie est parfaite que vous avez réussi un bon match ?

« C’est assez juste dans le sens où l’autorité n’est qu’un moyen pour permettre aux acteurs, aux spectateurs et aux téléspectateurs de passer un bon moment. Nous sommes là pour permettre aux joueurs d’évoluer dans les meilleures conditions possibles. Nous sommes là pour que le spectacle que ces acteurs produisent puisse être de la meilleure qualité possible pour celles et ceux qui regardent. Pour arriver à cet objectif, nous disposons de plusieurs outils dont la partie disciplinaire. Quand la règle est franchie, il faut bien quelqu’un qui dise stop, on arrête et on se remet dans le droit chemin. Mais, à côté de cela, il y a toute la partie communication, le relationnel, le feeling avec le jeu… Ce sont nombre d’éléments que nous essayons de mettre au service d’un match, avec, parfois, des réussites et, parfois, un peu moins… »

Vous faites une profession exposée… et c’est un doux euphémisme. N’est-ce pas compliqué d’être chaque soir scruté par des millions, voire des dizaines de millions de personnes, qui, on va se l’avouer, manquent souvent d’objectivité. Comment faites-vous pour gérer cette pression ?

« C’est grâce à mes convictions et au fait d’être tranquille dans la tête ! Si l’on croit en ce que l’on fait, si l’on est aligné par rapport à ça, alors, tout ce qui se dit, tout ce qui est publié, devient annexe ».

Pourtant être arbitre n’est pas un long fleuve tranquille…

« Les enquêtes d’opinion sont intéressantes, dans le sens où lorsque l’on interroge la population sur leur vision des arbitres, les retours sont extrêmement positifs. On nous critique beaucoup mais, lorsque l’on prend un peu de recul, beaucoup nous disent : heureusement que vous êtes là et ce que vous faites c’est très bien. D’ailleurs, lorsque je suis interpellé dans les gares, dans les aéroports, 99 fois sur 100 l’on me dit : continuez, grand respect pour ce que vous faites ! Ces petits mots représentent une source d’énergie fantastique ! »

C’est une profession où la remise en cause est omniprésente… Vous arrivez tout de même à savourer parfois ?

« Nous sommes immédiatement après le match dans l’auto-analyse. Je pourrais même dire que l’on ne savoure pas l’instant… Je ne connais pas une profession où nous sommes autant dans l’auto-critique. C’est cela qui nous permet d’être toujours en alerte. C’est très bien mais je dis souvent à mes coéquipiers quand un match se passe bien : profitons du moment ! Le meilleur moment, c’est quand je quitte la pelouse et que je rentre au vestiaire, après le coup de sifflet final. Il y a toujours un de mes assistants à mes côtés. Quand on a fait un bon match, on pousse la porte du vestiaire et on se regarde les yeux dans les yeux. Cela dure une petite minute et on est bien ! C’est un super moment… »

C’est avant que les présidents de club viennent frapper à la porte de votre vestiaire…

« Effectivement ! Rire… »

Pourquoi avoir accepté d’être le parrain de Formapi ?

« Le triptyque formation, sport et entreprise a beaucoup de sens pour moi et Formapi l’incarne à la perfection. Quand on voit le nombre d’apprentis qu’ils ont formés, qui, aujourd’hui, travaillent dans les structures sportives, touristiques… Je me retrouve parfaitement dans les valeurs incarnées par Formapi et son président, Bernard Depierre : proximité du territoire, diversité dans les offres de formation, lien avec le sport… Je suis quelqu’un de Bourgogne Franche-Comté et travailler au contact de mon territoire qui a plein d’atouts fait sens.

Et ce qui compte pour moi ce sont les histoires entre les hommes. La première fois que j’ai rencontré Bernard Depierre sur les bancs de la Fac, je me suis dit que ce Monsieur mettait des mots sur ce que je ressentais. C’était totalement moderne il y a 25 ans et il incarne aujourd’hui cette révolution. En plus, avec Formapi, nous sommes dans le concret : de la parole aux actes ! Le taux d’employabilité pour celles qui sortent de Formapi ou de Selforme flirte avec les 100%. Il y a les gens qui disent et ceux qui font. Et Formapi, ils font ! »

Propos recueillis par Xavier Grizot