« Mexico, Mexiiiiiiiiiiiicooooooooooo… »

Nous allons vous chanter une histoire qui vient d’arriver à un couple de Dijonnais pour qui le retour du Mexique n’a pas été un long fleuve tranquille. Le Covid-19 qu’ils avaient contracté en France à l’automne dernier a eu des conséquences inédites…

« On n’oublie tout sous le soleil de Mexico… On devient fou aux sons des rythmes tropicaux… » Les paroles de la célèbre chanson de Luis Mariano s’imposent pour les premières notes d’une histoire que nous a contée un chef d’entreprise dijonnais. Afin de conserver son anonymat, nous l’appellerons André-Pierre, eu égard à son engouement pour l’Olympique de Marseille et en référence au prénom de Gignac, qui est devenu un Dieu vivant dans le club mexicain de Los Tigres après avoir enflammé durant de nombreuses années le Vélodrome. Le récent voyage d’André-Pierre et de son épouse n’a pas été une douce mélodie. Loin de là ! Il a même été tout prêt de s’apparenter à un cauchemar… aux sons des Mariachis.
Afin de rentrer d’un séjour (agréable à n’en pas douter) à Cancun, une des destinations mondiales privilégiées bordant la mer des Caraïbes, ils se doivent d’effectuer un test PCR. Celui d’André-Pierre est négatif… à la différence de celui de sa femme. « Elle n’avait pas le Covid. Nous l’avions attrapé tous les deux au mois d’octobre. Mais le médecin nous a expliqué que l’on pouvait conserver des résidus dans le corps. Je suis passé à travers pour ma part ».
Les conséquences ne se font pas attendre dans la province du Yucatan : le couple est amené à quitter son complexe hôtelier pour rejoindre une autre résidence. Pour un isolement de 7 jours ! La célérité de la diplomatie française est tout bonnement exceptionnelle puisque l’Ambassade ne leur répond qu’au bout… de trois jours et leur confie le numéro (d’urgence évidemment !) d’un médecin conseil référent. « Celui-ci m’a alors précisé qu’il fallait réaliser un test sérologique, le seul susceptible de déceler les résidus et les anticorps. C’est alors seulement que les autorités peuvent donner un document nous permettant de quitter le pays. Mais le médecin nous annonce qu’il fallait, pour cela, faire venir un laboratoire dans notre nouvelle chambre, eu égard au confinement drastique que l’on subissait. C’est alors qu’il nous demande d’attendre le nouveau test PCR à l’issue de la semaine ». Avec un garde sur le pallier, doté d’une tenue blanche, d’une visière et d’un appareil de désinfection, les Mexicains ne sont pas du tout « chido » (ndlr : cool) avec la notion d’isolement. Le couple dijonnais n’a ainsi pas d’autres solutions que de prendre son mal en patience… avec l’épée de Damoclès (là les férus d’histoire aurait pu évoquer celle de Santa Anna) du deuxième test au-dessus de sa tête.

« A la différence du premier, à la fois dans chaque narine et dans la gorge, le médecin mexicain, qui a parfaitement vu que nous n’avions aucun symptôme et à qui nous avons pu fournir les prises de sang prouvant que nous avions eu le Covid dans l’Hexagone, n’effectue les seconds tests que de façon buccale et sans aller trop loin », raconte, avec le sourire, André-Pierre, qui ne manque pas de glisser : « Heureusement sinon cette mésaventure aurait pu durer des mois ! » Chaque test coûtant à l’unité entre 80 et 120 $, la « cuenta » (addition) aurait pu être bien plus salée.
Mais un Dieu aztèque veillait sur André-Pierre et son épouse qui ont depuis retrouvé leur « casa » (maison) dijonnaise. Et ils « ne sont pas devenus fous sous le soleil de Mexico… » Même si, pour tout supporter de l’OM qui se respecte, les exploits d’Mbappé avec le PSG face au Barça, ont de quoi rendre dingue…

Camille Gablo