Le terrain dijonnais lui appartient
Et de 4 ! Le 28 juin 2020, François Rebsamen menait une fois encore sa liste à la victoire aux élections municipales et écrivait ainsi une ligne supplémentaire à son long palmarès dijonnais. Le titre de président de nos équipes masculine et féminine des Ballons d’Or 2020 ne pouvait que lui revenir !
Que notre jury ait élu François Rebsamen comme président (incontournable) de cette édition 2020 des Ballons d’Or de Dijon l’Hebdo ne surprendra personne. Et il ne fut pas choisi parce qu’il évoluait sur les terrains de foot de la région comme numéro 10 ou parce qu’il est le supporter numéro 1 du DFCO pour qui, avec le Grand Stade, il a fait beaucoup… C’est évidemment pour sa nouvelle victoire aux élections municipales à Dijon le 28 juin 2020 qu’il s’est imposé naturellement. La 4e de rang ! Qui, dans notre compte-rendu politique (et non sportif) de l’époque, nous amena à écrire que Dijon était « rebsaménienne ». Comme elle avait été précédemment « poujadienne » et comme elle fut, il y a dorénavant bien longtemps, dévolue au chanoine Kir.
Les Dijonnaises et les Dijonnais ont, une fois encore, cédé au charme de François Rebsamen, qui a fait de la proximité et de son côté progressiste perpétuel sa marque de fabrique. Sans omettre, comme tout bon meneur de jeu, son style créatif. Les réalisations qui jalonnent son histoire municipale depuis 2001 sont particulièrement nombreuses. Pour ne pas être trop long, citons juste la métamorphose du Musée des Beaux-Arts, la mise en service des deux lignes du tram, la piétonnisation du cœur de ville, la transformation de la place de la Libération, la piscine olympique, le Zénith, le développement du réseau de chaleur urbain, l’avènement de l’agglomération puis de la métropole…
Créatif et combatif
Même si un bilan est indispensable, il n’est en aucun cas suffisant pour être réélu, selon l’adage qui circule fort justement dans tous les vestiaires politiques. Aussi ce n’est pas pour avoir, selon la formule qu’il utilisait à satiété deux décennies plus tôt, réveillé « la belle endormie », puis sortie celle-ci définitivement de son lit, en la plaçant en tête de pratiquement la plupart des classements nationaux, que ses nombreux supporters ont à nouveau été au rendez-vous dans les urnes. Et la raison de la victoire n’est pas plus, malgré ce que ses contempteurs, avec une amertume non feinte, ont pu glisser par la suite, dans la prime accordée aux sortants par le contexte de la crise sanitaire due au Covid-19. Quant au diable de l’abstention, avec son taux élevé plus que symbolique (66,6% !), il s’invita dans toutes les villes, fut vrai pour toutes les chapelles politiques et ne constitua pas un élément capable de ternir le succès.
Non, François Rebsamen, qui avait toujours eu Dijon dans son cœur – il a conquis la ville à l’issue de sa 3e tentative –, a su lier avec sa ville un amour réciproque. Séducteur bien au-delà de son électorat traditionnel – jamais il n’a caché dans sa poche sa carte du parti socialiste alors même que nombre de ses homologues au niveau national mettait la couleur rose sous le tapis –, cet homme de Gauche, laïc et républicain a charmé bien des hommes et des femmes de Droite. Demandez ainsi à quelques grands patrons dijonnais pour qui ils ont voté ! Et vous partagerez une analyse identique. Et, même s’il maîtrise comme personne la culture du compromis, et non de la compromission – la présence récurrente du Modem sur sa liste en est une excellente illustration –, François Rebsamen sait être tranchant et s’adonner à quelques tacles glissés dévastateurs. On peut être créatif sur un terrain tout en étant combatif !
La subtilité du capitaine
Le fait qu’il soit passé par le même lycée – Montchapet pour ne pas le citer – ne l’a pas empêché de se livrer, par exemple, à un véritable match musclé avec François Sauvadet, le président UDI du conseil départemental, sur le dossier du transfert de compétences du département à la métropole. D’un autre côté – et l’on reconnaît bien là la subtilité du capitaine de la Gauche dijonnaise –, cet affrontement entre l’ancien ministre du Travail socialiste et l’ancien ministre de la Fonction publique UDI montrait qu’aucun adversaire de sa trempe – à droite ou au centre – ne figurait dans la course aux municipales. Cette dualité lui a permis d’adresser un carton rouge à son principal challenger LR Emmanuel Bichot (34,85%), le dépassant d’un peu plus de 9 points et de 2 340 voix. Et ce, malgré la présence d’Europe Ecologie-Les Verts, qui, pour son 4e combat, lui a fait une infidélité. Un désir d’indépendance, crédité, in fine, de 21,63% des suffrages… alors que, dans d’autres villes de l’Hexagone, le score vert a fait trembler, voire écrouler, bien des exécutifs sortants. Néanmoins, sur le terrain, cette candidature a fait que l’élection n’a pas été un long fleuve tranquille pour François Rebsamen. Tout comme l’épisode dit « tchétchène » dans le quartier des Grésilles sur lequel il n’est pas besoin de revenir tellement son écho résonne encore.
Autant de cailloux dans sa chaussure qui n’ont pas empêché sa réélection haut la main, avec 43,52 %… s’inscrivant ainsi dans la désormais longue liste de son palmarès dijonnais : Jean-François Bazin, François-Xavier Dugourd et Alain Houpert en ont fait respectivement les frais en 2001, 2008 et 2014.
Revenu encore plus fort après avoir remporté une autre bataille (bien plus difficile celle-ci car elle aurait pu être mortelle) contre le cancer, François Rebsamen n’allait pas se laisser sortir du terrain municipal dijonnais.
N’en déplaise à la légende Diego Maradona qui se plaisait à déclarer : « J’ai un avantage sur les politiques, ils sont publics et moi je suis populaire ». François Rebsamen est, lui, public et populaire. Dijon l’a prouvé pour la 4e fois…
Camille Gablo





