Le Valmy : C’est le bouquet… (presque) final !

Le Valmy, nom du futur siège de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté à Dijon, représente l’un des chantiers les plus innovants de l’Hexagone. Il faut dire que ce bâtiment de 9 500 m2 sera le plus important ensemble tertiaire réalisé en bois. Afin de marquer la fin de l’édification de la structure bois, un rituel a été remis au goût du jour…

A celles et ceux qui pensent qu’innovation ne peut en aucun cas se conjuguer avec tradition, ce qui suit pourrait qui sait les convaincre… C’est par une tradition ancestrale qu’a été célébrée l’une des plus extraordinaires innovations architecturales de la région : la (presque) finalisation de la structure bois du futur siège de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté, qui représentera, à terme, le plus grand ensemble tertiaire en bois de France, doté, rappelons-le également, d’un parking utilisant ce même matériau noble. Comme aux Etats-Unis ou dans certains pays du Nord de l’Europe, ou encore, plus près de nous, dans le Haut-Doubs où cette pratique est toujours d’usage, la CEBFC a renoué avec la tradition du bouquet final. Autrement dit la dépose d’une branche ou d’un arbre sur l’élément de charpente le plus élevé du chantier, afin d’assurer un bon présage à la construction future. Eu égard à la proximité des fêtes de fin d’année, c’est un sapin de Noël que le président du directoire de la CEBFC, Jean-Pierre de Ramecourt, s’est vu confier par l’entreprise Simonin pour satisfaire à cette coutume. Une société, qui compte, parmi les nombreuses réalisations à son palmarès, le pavillon France fabriqué en lamellé collé pour l’Exposition universelle de Milan en 2015.

A cette occasion, Jean-Pierre de Ramecourt n’a pas manqué de revenir sur « ce choix éco-responsable en lien avec la stratégie du groupe BPCE » : « Nous avons souhaité construire un nouveau siège pour des raisons économiques et d’efficacité. Celui-ci permettra de regrouper les équipes des trois bâtiments de Dijon et de Besançon. Notre siège actuel nécessitait des investissements de l’ordre de 10 à 12 M€, cette construction nous les évite. Aujourd’hui la Caisse occupe 11 700 m2 et ce bâtiment représentera 9 500 m2. Le coût de fonctionnement des 2 200 m2 économisés généreront un gain de 600 000 € par an. Sans oublier les économies d’énergie ». Et le président d’expliquer sa localisation : « Nous avons choisi de l’installer à Valmy car c’est un quartier d’affaires en plein essor, desservi par le tramway. La Caisse reste ainsi fidèle à sa volonté de participer à l’amélioration permanente de la vie dans la cité. Nous sommes fiers d’être en cohérence avec la politique de la Ville qui place les questions environnementales et climatiques comme principal objectif pour les années à venir ».

« Un formidable outil »

A ses côtés, Eric Fougère, président du Conseil d’orientation et de surveillance de la CEBFC, a insisté sur « une triple conviction qui est venue s’ajouter à l’audace » : « Nous sommes en train de réaliser un formidable outil pour les salariés comme pour les clients ainsi qu’un bâtiment résolument innovant et ambitieux dans sa conception participant au renouveau de l’architecture. Et nous allons pouvoir mettre la lumière sur le savoir-faire des entreprises de la région. Je ne sais pas si elles sont fières de ce qu’elles réalisent mais nous, à la CEBFC, nous sommes fiers de ce projet ». Tout en envoyant un message qui ne devrait pas passer inaperçu en pleine crise sanitaire et économique « Au moment où on parle beaucoup de solidarité économique, la Caisse envoie un signal fort : nous sommes une banque résolument au service de l’économie régionale ».

Le maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen, s’est également félicité : « En ce moment où des doutes existent sur la reprise, c’est un message d’espoir dans l’avenir ! A travers ce beau projet, une grande banque régionale de proximité n’hésite pas à investir dans l’économie locale et, en l’occurrence, met à l’honneur la filière bois. C’est une sorte de signature de confiance en l’avenir ». L’ancien ministre du travail a aussi mis en exergue : « D’un point de vue environnemental, c’est le plus grand ensemble tertiaire en bois de l’Hexagone. Le choix du bois me touche particulièrement car cette filière rassemble 20 000 salariés dans la région. C’est aussi une grande chance pour la ville, car ce bâtiment contribuera à son attractivité ! ». Précédemment, une visite de chantier a montré les nombreux défis de cette construction de 6 niveaux qui aura nécessité quelque 2 500 m3 de bois. Après la finalisation de la structure bois, les habillages intérieurs pourront débuter et la livraison du bâtiment devrait intervenir à la fin de l’année prochaine. Les collaborateurs de la CEBFC devraient pouvoir prendre possession de leurs bureaux (révolutionnaires) au 1er semestre 2022… A ce moment-là, ce sera vraiment le bouquet final !

Camille Gablo

 

De multiples performances

L’architecte du cabinet Graam, Mathias Romvos, a détaillé les nombreuses innovations de ce chantier unique en son genre, sur lequel œuvrent pas moins de 39 entreprises essentiellement régionales. Un projet piloté par Forestarius, en tant qu’entreprise générale, s’appuyant sur les compétences de la Société Est Métropole (SEM) et de LCDP. Sur une dalle en béton est désormais visible l’exosquelette de la structure bois dont une grande partie a été déposée selon un « processus constructif à colombage ». A noter qu’une « double peau de verre » (une enveloppe de verre agrafé), particulièrement impressionnante, accentuera la performance de l’ensemble dont la consommation sera inférieure à 40 kwh par m2 et par an. Les 9 500 m2 de ce bâtiment accueilleront à terme les 400 collaborateurs de la CEBFC qui ont déjà choisi son appellation : Le Valmy…