« De bon matin à bicyclette, avec Paulette… »

Après les néonicotinoïdes (indispensables actuellement à la survie de la culture betteravière), le foie gras, les sapins de Noël, les cirques ou les parcs animaliers ou encore le transport aérien, WWF fait monter la mayonnaise en compagnie des Verts ou des Ecolos de tout acabit, en pointant du doigt le nouvel ennemi à abattre : les SUV. Ceux-ci font un tabac et sont les chouchous des Français, depuis environ une bonne décennie. On dénombre environ 70 modèles SUV proposés dans l’hexagone par différentes marques d’automobiles. Ces similis 4×4 au look sportif représenteront les deux tiers des ventes de véhicules d’ici à dix ans. Ils consommeraient autant d’énergie que tous les TER de France, selon WWF qui appelle «  le gouvernement à adopter une fiscalité plus dissuasive et à favoriser les modes de transports propres ». Si ça n’est pas une incitation au boycott, ça lui ressemble…

Ces disciples de l’écologie profonde ont-ils réfléchi à leurs smartphones ou à leurs ordinateurs bien davantage pollueurs ainsi qu’au sort des millions de personnes qui travaillent dans et pour ce secteur de l’automobile ? Les cibles des écologistes ne traduisent-elles pas tout bonnement la manifestation d’une aigreur anticapitaliste qui s’octroierait désormais la mission de faire dépérir des pans entiers de l’activité industrielle, agroalimentaire, voire même pharmaceutique ? Faut-il mettre l’humanité au chômage et n’autoriser qu’une seule activité ouvrière : celle des abeilles, des fourmis, des poissons nettoyeurs ou des castors ?

Nos contradictions sont le reflet d’une époque hystérique sur bien des plans. Lorsque Edouard Philippe a voulu diminuer la vitesse de 90 à 80 km à l’heure -ce qui était sage et bon pour la diminution du CO2- la France (écolos confondus) a vu rouge, car il faut bien se déplacer… Et vite, même sur des chemins vicinaux !

La déferlante politique verte dans les grosses métropoles s’explique par la nouvelle religion du « consommer moralement bien » : coton bio, vêtements éthiques -en fait ils viennent du bout du monde- produits de beauté sans fards ni conservateurs, bouffe sans OGM ni antibiotiques. Ajoutons à cette idéologie punitive et liberticide, à cette écologie de posture du Vert Testament l’interdiction de manger de la viande, de porter des vêtements en laine ou –pire – en fourrure. Car les pets des vaches, des moutons, des visons ou des chinchillas s’avèrent être de gros générateurs de CO2… Il est temps de courir à confesse, d’avouer à Dieu et à tous ses saints le péché hautement mortel d’être les fauteurs de trouble de la cause animale, d’aimer la charcuterie et le jambon, de répandre ainsi le cholestérol ou l’hypertension au rythme de la Covid 19 etc. Tiens au fait, que devient Greta Thunberg qui nous menait si bien en bateau avec ses puritains de sermons ? Allez-allez, « De bon matin à bicyclette avec Paulette, la fille du facteur… »

Marie-France Poirier