Mal au cœur
Ma vie familiale m’a conduite, la semaine dernière, à passer devant l’école d’un village de la Côte, au moment de la récréation de l’après-midi. Et ce que j’ai vu m’a fait mal au cœur… Des enfants séparés les uns des autres, respectant à la lettre des marquages au sol et semblant paralysés au milieu de leur cour. Des enfants, contraints, surtout, de garder leurs distances pour pouvoir jouer ensemble. Avec bien évidemment une économie de gestes, de déplacements, de paroles même, donnant l’impression d’un ersatz de récréation… Et sûrement pas d’une cour d’école… normale. Celle où les cris se mêlent, s’enchevêtrent, se couvrent, s’additionnent, celle où les jeux rapprochent, commandent d’agir de près, où l’action collective est reine, rend heureux, détend avant la classe qui fera suite, conduit à une atmosphère de ruche. Celle que nous avons eu le bonheur de connaître lors de nos scolarités. Ici, adieu la spontanéité, le mouvement, l’initiative, la vie naturelle d’un enfant et d’un groupe en récréation… On a rogné tout cela, pour employer un vocabulaire de vigneron. Avec, dans le rôle du rogneur, le Corona… Qui oblige le ministère de l’Education et les enseignants à appliquer un protocole sanitaire rigoureux. Les conséquences de la crise que le Covid-19 vient de nous imposer peuvent être terribles sur les enfants et l’Ecole. Et notre monde des adultes, préoccupé par l’urgence de la reprise économique, doit inscrire tout de suite dans ses priorités vitales une série de remèdes profonds aptes à faire de la rentrée de septembre… « une bonne rentrée ».
Mais qui est « le Père Guez » ?
Durant le confinement, nos confrères du Journal de Saône-et-Loire ont offert à leurs lecteurs une série de conseils culinaires, sous le titre : « Les recettes du Père Guez ». Celui-ci étant présenté comme un maître-queue, spécialiste du barbecue, avec à l’appui des vidéos visibles sur le site internet du JSL. De sorte que ce conseiller en cuisine eut vite fait d’entrer dans nombre de foyers du Chalonnais. Pour étendre sa jeune réputation jusqu’à la Côte-d’Or du sud, si bien que certains se sont rapidement demandé si ce Père Guez avait à voir avec notre Dijonnais Pierre Guez. Une interrogation bien légitime puisque, au-delà de l’étonnante proximité entre les deux patronymes, chacun connaît l’engagement du second dans l’agroalimentaire. Pierre Guez a en effet créé Dijon-Céréales, avant d’en faire la coopérative internationale que tout le monde connaît aujourd’hui. Il préside le pôle de compétitivité Vitagora, regroupant des entreprises de Bourgogne Franche-Comté et d’Ile-de-France. Il est aussi, comme président d’AgrOnov, à la pointe de l’innovation en agroécologie. Sans omettre son investissement dans la défense du projet de la Cité internationale de la Gastronomie et duVin et son engagement pour faire vivre le slogan « de la fourche à la fourchette ». Bref, les deux personnages pouvaient n’en faire qu’un… Mais après une enquête (culinaire) approfondie, il s’avère que le Père Guez du JSL n’est pas notre Pierre Guez : dont le brio remarqué derrière ses fourneaux et le soutien inconditionnel à la gastronomie de Bourgogne Franche-Comté auraient fortement compliqué des investigations particulièrement difficiles à conduire… Même si les dons de Pierre Guez remarqués derrière ses fourneaux et son soutien inconditionnel à la gastronomie de Bourgogne Franche-Comté auraient fortement compliqué les investigations.
Le Monde d’Avant… d’Avant
Le déconfinement va-t-il lui aussi amener un nouveau recul de la voiture en ville ? Vraisemblablement oui, puisque les demandes d’extensions exceptionnelles des terrasses formulées par les cafetiers et restaurateurs pour permettre l’application des consignes sanitaires seront parfois satisfaites par une autre extension : celle de la piétonnisation. A Dijon, le maire François Rebsamen, qui a décidé de répondre favorablement à l’UMIH Côte-d’Or, annonce vouloir piétonniser complètement le tour des Halles centrales en juillet et août. Des contre-terrasses s’installeront en face des établissements, sous réserve de laisser la place à un cheminement piéton et au passage de véhicules de secours. La rue Auguste-Comte interdirait également son accès en soirée aux automobiles… Ainsi, dans un monde à reconstruire, « l’après » pourrait bien prendre les atours du monde d’avant (des siècles passés), celui où la capitale des Ducs de Bourgogne était sans voitures…à moteur !
Musique de rue
En ces temps de grandes difficultés, toute bonne nouvelle doit être soulignée. La volonté et l’imagination avec lesquelles l’Orchestre Dijon Bourgogne a décidé d’aborder la période post-confinement en est une. Afin de retrouver du lien avec le public, une partition nouvelle va voir le jour afin d’apporter le plaisir d’une musique de qualité à un public dijonnais plus restreint tout en respectant les règles sanitaires. Ainsi, seront organisés à l’improviste pour éviter les attroupements, dans une rue, sur une place, dans la cour d’un bâtiment public, des mi- ni-concerts très courts, sortes de flashs spontanés, donnés par 2 ou 3 musiciens seulement. De sorte que le même morceau pourra être joué simultanément et répété de nombreuses fois. Une initiative à saluer, d’autant que, parfois, le contenu musical sera enrichi de parties gestuelles, voire dansées. Sonnant, diront certains, le retour des troubadours dans la Cité des Ducs… Et donnant là encore au monde à réinventer des aspects d’un autrefois lointain.
Les Dorloteurs d’abeille
Comme tout le monde, je suis sensible aux graves problèmes environnementaux, regrettant que la journée mondiale de l’environnement du 5 juin dernier ait eu aussi peu de retentissement. A ce propos, j’invite à lire sur internet le dernier communiqué des « dorloteurs d’abeilles ». Emouvant et convaincant, il demande à chacun de protéger les abeilles sauvages, menacées de disparition par les pollutions et, pourtant, indispensables dans la transformation des fleurs en fruits ou légumes, autrement dit à la vie humaine. J’ai envie d’élargir le propos : c’est la planète entière qu’il faut dorloter ! Car, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augures, la prochaine crise mondiale pourrait être écologique. Alors dorlotons. Trouvons, inventons des solutions pour l’éviter…
Le (grand) Stade dijonnais
J’appartiens à une famille où l’on n’a jamais accepté que le Stade dijonnais ait dû quitter les sommets du rugby français qu’il fréquenta hardiment, malgré sa position nordique dans l’Hexagone, tout au long des décennies 60, 70 et même 90. Combien de fois mon père m’a-t-il expliqué que si Gérard Savin n’avait pas été dijonnais mais toulousain ou agenais, il aurait été le demi d’ouverture du XV de France de 1965 à 1975 ! Peut-être était-il optimiste sur sa supposition, mais pas sur les qualités, réelles, de la formation dijonnaise des années 70. Qui côtoya alors les plus grands. Avec plusieurs faits d’armes : d’abord le titre de Champion de France Junior de 1965 face au Racing. Ensuite, les deux accessions en huitièmes de finale de 1re division de 1971 et 1972. Enfin, la victoire de 1993 sur le Stade toulousain, alors à l’orée de son règne national et européen, avec des Deylaud, Ntamack, Califano qui mirent le genou à terre dans un Parc des Sports plein comme un œuf. Je me souviens encore du récit paternel qui, de nombreuses fois, me raconta l’élimination face à l’AS Béziers au début des années 70, sur le terrain de Montchanin. Dans une empoignade de titans, les Dijonnais firent jeu égal avec la machine biterroise puisque le duo Savin-Equey et le pack bourguignon des Pons-Salahub ne cédèrent qu’en toute fin de rencontre. Aussi je ne peux que me délecter de la possible participation, la saison prochaine, de l’équipe de la Cité des Ducs dans la nouvelle poule du National. Une sorte de 3e division où elle retrouvera des grands noms comme Bourgoin, Narbonne ou encore Tarbes. Avec bien en- tendu l’espoir de parvenir à la 2e puis à la 1ère ! Rapidement… Allez le Stade !




