Les brèves de Jeanne Vernay

Mal au cœur

Ma vie familiale ma conduite, la semaine dernière, à passer devant l’école dun village de la Côte, au moment de la récréation de laprès-midi. Et ce que jai vu ma fait mal au cœur… Des enfants séparés les uns des autres, respectant à la lettre des marquages au sol et semblant paralysés au milieu de leur cour. Des enfants, contraints, surtout, de garder leurs distances pour pouvoir jouer ensemble. Avec bien évidemment une économie de gestes, de déplacements, de paroles même, donnant limpression dun ersatz de récréation… Et sûrement pas dune cour d’école… normale. Celle où les cris se mêlent, senchevêtrent, se couvrent, sadditionnent, celle où les jeux rapprochent, commandent dagir de près, où laction collective est reine, rend heureux, détend avant la classe qui fera suite, conduit à une atmosphère de ruche. Celle que nous avons eu le bonheur de connaître lors de nos scolarités. Ici, adieu la spontanéité, le mouvement, linitiative, la vie naturelle dun enfant et dun groupe en récréation… On a rogné tout cela, pour employer un vocabulaire de vigneron. Avec, dans le rôle du rogneur, le Corona… Qui oblige le ministère de lEducation et les enseignants à appliquer un protocole sanitaire rigoureux. Les conséquences de la crise que le Covid-19 vient de nous imposer peuvent être terribles sur les enfants et lEcole. Et notre monde des adultes, préoccupé par lurgence de la reprise économique, doit inscrire tout de suite dans ses priorités vitales une série de remèdes profonds aptes à faire de la rentrée de septembre… « une bonne rentrée ».

Mais qui est « le Père Guez » ?

Durant le confinement, nos confrères du Journal de Saône-et-Loire ont offert à leurs lecteurs une série de conseils culinaires, sous le titre : « Les recettes du Père Guez ». Celui-ci étant présenté comme un maître-queue, spécialiste du barbecue, avec à lappui des vidéos visibles sur le site internet du JSL. De sorte que ce conseiller en cuisine eut vite fait dentrer dans nombre de foyers du Chalonnais. Pour étendre sa jeune réputation jusqu’à la Côte-dOr du sud, si bien que certains se sont rapidement demandé si ce Père Guez avait à voir avec notre Dijonnais Pierre Guez. Une interrogation bien légitime puisque, au-delà de l’étonnante proximité entre les deux patronymes, chacun connaît lengagement du second dans lagroalimentaire. Pierre Guez a en effet créé Dijon-Céréales, avant den faire la coopérative internationale que tout le monde connaît aujourdhui. Il préside le pôle de compétitivité Vitagora, regroupant des entreprises de Bourgogne Franche-Comté et dIle-de-France. Il est aussi, comme président dAgrOnov, à la pointe de linnovation en agroécologie. Sans omettre son investissement dans la défense du projet de la Cité internationale de la Gastronomie et duVin et son engagement pour faire vivre le slogan « de la fourche à la fourchette ». Bref, les deux personnages pouvaient nen faire quun… Mais après une enquête (culinaire) approfondie, il savère que le Père Guez du JSL nest pas notre Pierre Guez : dont le brio remarqué derrière ses fourneaux et le soutien inconditionnel à la gastronomie de Bourgogne Franche-Comté auraient fortement compliqué des investigations particulièrement difficiles à conduire Même si les dons de Pierre Guez remarqués derrière ses fourneaux et son soutien inconditionnel à la gastronomie de Bourgogne Franche-Comté auraient fortement compliqué les investigations.

Le Monde dAvantdAvant

Le déconfinement va-t-il lui aussi amener un nouveau recul de la voiture en ville ? Vraisemblablement oui, puisque les demandes dextensions exceptionnelles des terrasses formulées par les cafetiers et restaurateurs pour permettre lapplication des consignes sanitaires seront parfois satisfaites par une autre extension : celle de la piétonnisation. A Dijon, le maire François Rebsamen, qui a décidé de répondre favorablement à lUMIH Côte-dOr, annonce vouloir piétonniser complètement le tour des Halles centrales en juillet et août. Des contre-terrasses sinstalleront en face des établissements, sous réserve de laisser la place à un cheminement piéton et au passage de véhicules de secours. La rue Auguste-Comte interdirait également son accès en soirée aux automobiles Ainsi, dans un monde à reconstruire, « laprès » pourrait bien prendre les atours du monde davant (des siècles passés), celui où la capitale des Ducs de Bourgogne était sans voitures…à moteur !

Musique de rue

En ces temps de grandes difficultés, toute bonne nouvelle doit être soulignée. La volonté et limagination avec lesquelles lOrchestre Dijon Bourgogne a décidé daborder la période post-confinement en est une. Afin de retrouver du lien avec le public, une partition nouvelle va voir le jour afin dapporter le plaisir dune musique de qualité à un public dijonnais plus restreint tout en respectant les règles sanitaires. Ainsi, seront organisés à limproviste pour éviter les attroupements, dans une rue, sur une place, dans la cour dun bâtiment public, des mi- ni-concerts très courts, sortes de flashs spontanés, donnés par 2 ou 3 musiciens seulement. De sorte que le même morceau pourra être joué simultanément et répété de nombreuses fois. Une initiative à saluer, dautant que, parfois, le contenu musical sera enrichi de parties gestuelles, voire dansées. Sonnant, diront certains, le retour des troubadours dans la Cité des Ducs… Et donnant là encore au monde à réinventer des aspects dun autrefois lointain.

Les Dorloteurs dabeille

Comme tout le monde, je suis sensible aux graves problèmes environnementaux, regrettant que la journée mondiale de lenvironnement du 5 juin dernier ait eu aussi peu de retentissement. A ce propos, jinvite à lire sur internet le dernier communiqué des « dorloteurs dabeilles ». Emouvant et convaincant, il demande à chacun de protéger les abeilles sauvages, menacées de disparition par les pollutions et, pourtant, indispensables dans la transformation des fleurs en fruits ou légumes, autrement dit à la vie humaine. Jai envie d’élargir le propos : cest la planète entière quil faut dorloter ! Car, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augures, la prochaine crise mondiale pourrait être écologique. Alors dorlotons. Trouvons, inventons des solutions pour l’éviter…

Le (grand) Stade dijonnais

Jappartiens à une famille où lon na jamais accepté que le Stade dijonnais ait dû quitter les sommets du rugby français quil fréquenta hardiment, malgré sa position nordique dans lHexagone, tout au long des décennies 60, 70 et même 90. Combien de fois mon père ma-t-il expliqué que si Gérard Savin navait pas été dijonnais mais toulousain ou agenais, il aurait été le demi douverture du XV de France de 1965 à 1975 ! Peut-être était-il optimiste sur sa supposition, mais pas sur les qualités, réelles, de la formation dijonnaise des années 70. Qui côtoya alors les plus grands. Avec plusieurs faits darmes : dabord le titre de Champion de France Junior de 1965 face au Racing. Ensuite, les deux accessions en huitièmes de finale de 1re division de 1971 et 1972. Enfin, la victoire de 1993 sur le Stade toulousain, alors à lorée de son règne national et européen, avec des Deylaud, Ntamack, Califano qui mirent le genou à terre dans un Parc des Sports plein comme un œuf. Je me souviens encore du récit paternel qui, de nombreuses fois, me raconta l’élimination face à lAS Béziers au début des années 70, sur le terrain de Montchanin. Dans une empoignade de titans, les Dijonnais firent jeu égal avec la machine biterroise puisque le duo Savin-Equey et le pack bourguignon des Pons-Salahub ne cédèrent quen toute fin de rencontre. Aussi je ne peux que me délecter de la possible participation, la saison prochaine, de l’équipe de la Cité des Ducs dans la nouvelle poule du National. Une sorte de 3e division où elle retrouvera des grands noms comme Bourgoin, Narbonne ou encore Tarbes. Avec bien en- tendu lespoir de parvenir à la 2e puis à la 1ère ! Rapidement… Allez le Stade !