Voici une (très belle) initiative sur laquelle nous ne pouvons que placer les projecteurs. Lisez la suite pour en savoir plus… car ce prologue commence comme une devinette !
En cette période de confinement, et afin de vous faire passer un zeste le temps (si vous voulez une occupation plus chronophage, nous ne pouvons évidemment que vous conseiller de lire dans son intégralité cette version numérique de notre journal !), nous vous proposons une devinette : quel sont les deux points communs entre Louise Michel, Maupassant, Baudelaire, Louis Calaferte, Anton Tchekhov, Henri-Alain Fournier ou encore Saint-John Perse ? Félicitations pour le premier que vous avez naturellement toutes et tous trouvé : ils nous ont tous laissé des textes exceptionnels ! Pour le deuxième, vous conviendrez que c’est plus complexe… Allez, nous vous donnons un indice sous forme de rébus : mon premier est ce que le fils d’Éole et d’Énarété (Sisyphe pour ne pas le citer) ne cessait de rouler au sommet de la montagne (très facile) ; mon second, au pluriel, renvoie phonétiquement à la solidarité (capitale durant cette guerre contre le Covid-19, l’union faisant la force, selon, là, la formule d’Esope). La réponse n’est autre que : le rocher… des dons. Dans ce cas précis, mon second s’écrit : des Doms !
Le deuxième point commun entre tous les auteurs cités plus haut est, en effet, qu’ils sont magnifiquement lus (et, de facto, revisités) chaque jour par la compagnie de théâtre talantaise qui rayonne sur les planches depuis 1988 : Le Rocher des Doms. Entre 19 et 20 heures chaque jour, sur la page Facebook de leur troupe, dont les créations – une trentaine depuis sa genèse – s’exportent pratiquement dans le monde entier, Laurence Boyenval et Sylvain Marmorat, dont le partage représente l’une des valeurs fondamentales et qui ont en commun la passion des grandes œuvres (pas moins de 8 000 ouvrages cohabitent dans leur bibliothèque), ont inventé ce moyen pour que la culture s’invite dans les foyers. « Cela ne vaut évidemment pas d’être assis dans un théâtre ou de s’installer devant une peinture, comme je le fais parfois au musée des Beaux-Arts, mais c’est une nouvelle façon de pouvoir découvrir ou redécouvrir des textes majeurs. C’est un autre moyen de consommer l’art », souligne Sylvain Marmorat, pour qui « un comédien est fait pour jouer sur scène, face au public » : « Si l’on m’avait dit que nous allions faire cela il y a quelques semaines, j’aurais répondu non. Nous devons être en direct devant les gens mais là nous n’avons pas le choix. Il faut inventer de nouvelles pratiques… » Les nombreux élèves qui bénéficient de ses cours de théâtre ou bien les inconditionnels de ses productions (et ils sont nombreux) peuvent ainsi rester en contact avec cette compagnie. Virtuellement pour l’instant avant de la retrouver, réellement s’entend, sur les planches du Théâtre des Feuillants, lorsque la guerre contre le Coronavirus et le confinement ne seront plus que de mauvais souvenirs dans notre Histoire.
Les commentaires sur les réseaux sociaux montrent, une chose est sûre, que cette initiative enthousiasme celles et ceux qui se connectent sur leur page Facebook. Nous vous en livrons quelques-uns en guise d’épilogue à cet article : « Quel bon moment passé avec vous, à bientôt ! » Ou encore : « Quel plaisir de savourer les œuvres de Baudelaire, aussi je vais m’enivrer de ce poème ! » A l’heure de l’apéritif (virtuel s’entend), vous pouvez ainsi vous délecter chaque jour de ce breuvage culturel servi par le Rocher des Doms !
Camille Gablo





