La grue est capitale au Japon. La tradition veut en effet que quiconque plie des grues en papier voit ses vœux s’exaucer. A Dijon, les grues (en métal celles-ci) sont devenues tout aussi importantes. Au-dessus de l’ancien Hôpital général, elles symbolisent l’avancement des travaux de la future Cité internationale de la Gastronomie et du Vin. Au nombre de trois aujourd’hui, leur nombre va rapidement augmenter. Nous vous proposons donc de prendre de la hauteur avec le Comité d’orientation stratégique de la CIGV…
Durant les dernières années, d’aucuns levaient les yeux au ciel lorsqu’on leur parlait de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon. Il faut dire que ce chantier d’envergure, qui devait, en matière d’importance pour la capitale régionale, emboîter les pas de celui de la métamorphose du Musée des Beaux-Arts se faisait attendre, bloqué qu’il l’était par les recours successifs sur lesquels il n’est pas besoin de revenir tellement ils ont fait couler beaucoup d’encre. Et nous ne parlons pas, même si ici il s’agit de gastronomie, d’encre… de seiche !
Aujourd’hui, lorsqu’on lève les yeux au ciel, c’est pour voir l’état d’avancement du chantier sur le site de l’ancien Hôpital général : il suffit, en effet, d’observer le nombre de grues : celles-ci sont au nombre de 3 pour l’instant mais celui-ci devrait rapidement tripler… Un autre moyen afin de prendre des nouvelles de la CIGV (cet acronyme sera, après son inauguration programmée entre octobre et décembre 2021), est d’assister au Comité d’orientation stratégique (COS) ayant pour vocation de fixer les grandes orientations des espaces culturels de ce futur temple de la gastronomie et du vin dijonnais. Co-présidé par Jocelyne Pérard, responsable de la chaire Unesco « Culture et Traditions du Vin » de l’Université de Bourgogne, et par Éric Pras, chef du restaurant Lameloise, triplement étoilé au Guide Michelin, le COS regroupe 27 acteurs de la futurs CIGV, professionnels ou amateurs éclairés du monde chère à Lucullus ou à Bacchus.
Eiffage rassure…
Le 4 novembre dernier, la quatrième rencontre de cette structure se déroulait salle des séances de Dijon métropole et celle-ci a, naturellement, été lancée par le président et maire de Dijon : « La pose de la première pierre le 4 juillet dernier fut une étape importante. Ce fut un geste symbolique qui a marqué le début des travaux et la fin des recours qui nous ont pénalisés durant plus de deux ans. Nous avons avancé depuis avec l’inauguration de la passerelle du Jardin de l’Arquebuse reliant la gare à la Cité. La requalification de la rue du Jardin des Plantes est en cours. Les travaux de restauration de la chapelle Sainte-Croix de Jérusalem débuteront au printemps 2020 », a insisté François Rebsamen, non sans pousser plus avant : « En ce qui concerne le CIAP (Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine), les travaux démarreront dès que la coque froide réalisée par Eiffage sera réalisée. Les travaux du pôle culture, formation, commerce commenceront, quant à eux, mi-novembre par les fondations et le terrassement nécessaires. Les grues arriveront en janvier ». Et le maire de Dijon d’exhorter « Eiffage à maintenir le cap » : « Il faut avancer. L’ouverture doit avoir lieu en octobre 2021 ! »
Présent à la tribune, Jacques Delaine, directeur régional d’Eiffage Construction Grand Est, a tranquillisé l’assistance : « Pour rassurer tout le monde, tout est en ordre de marche. Nous sommes en train de finaliser les contrats avec nos partenaires. Nous avons un gros travail d’alignement de planètes à réaliser avec chacun d’entre eux d’ici la fin du mois. Chacun doit y prendre sa part et intégrer les choses. Les études d’exécution ont démarré avant même d’avoir finalisé les contrats afin de ne pas perdre de temps ». Et le responsable d’Eiffage d’ajouter : « Tout est positif du côté des différents acteurs concernés. Rien ne peut nous empêcher de finaliser les choses. Quant à l’hôtel, nous continuons le travail avec l’investisseur. Là encore, nous nous sommes fixés comme objectif de signer une promesse d’ici la fin novembre pour un démarrage du chantier vers fin janvier. Tout le monde est mobilisé ! »
La Cité des vins de Beaune dévoilée
L’adjoint dijonnais délégué à la CIGV, François Deseille, n’a pas manqué, quant à lui, de lister les fondamentaux du projet : « Nous voulons un lieu vivant et surtout pas un musée. Autrement dit une Cité assumant ses multiples vocations : espace de découverte et de dégustation pour que les visiteurs puissent avoir une expérience sensorielle ; centre attractif pour les touristes; lieu de vie, de passage et d’animation pour les habitants grâce aux commerces et aux cinémas ; lieu de recherche, d’innovation et de formation ; vitrine nationale et internationale de la gastronomie, du plaisir, du bien manger et du bien boire… Ce sera un assemblage d’offres multiples ».
Telles ont été les principales informations distillées durant cette 4e rencontre du COS qui est intervenue, pour la petite histoire, quelques jours seulement après que le lauréat de la Cité des Vins de Beaune a été connu – le clin d’œil à la vrille de la vigne s’enroulant autour du fil de palissage, présenté par le groupe Rougeot associé à Siz-Ix Architectes, s’est imposé. Mais ne nous éloignons pas et revenons, pour finir à Dijon où la CIGV avance… Celle-ci, la nôtre pardon (soyons un peu chauvins !), sera à consommer dans deux ans. Sans modération aucune…
Camille Gablo





