Jardin de l’Arquebuse : La passerelle du temps

Le Jardin de l’Arquebuse, dont la genèse remonte au XVIe siècle, se tourne vers l’avenir avec la pose d’une passerelle contemporaine destinée à faciliter les déplacements doux entre la gare et la future Cité internationale de la Gastronomie et du Vin.

C’était là où, à l’origine, les Chevaliers de l’Arquebuse s’exerçaient régulièrement au tir. Nous étions au XVIe siècle, comme le souligne Eugène Fyot dans son incontournable ouvrage sur Dijon – « Le passé évoqué par ses Rues » – et la corporation des Arquebusiers de Paris faisaient des émules dans la Cité des Ducs « pour défendre la ville et au besoin servir l’Etat ». « Un concours avait même lieu chaque année au mois d’août : il s’agissait d’abattre l’oiseau de privilège, appelé papegay, et le vainqueur jouissait, durant l’année, de certains privilèges et du titre de… roi ». Aujourd’hui, plus question de tirer sur un quelconque oiseau dans ce Jardin où le maître mot est plutôt la sauvegarde des espèces de plantes botaniques. Voilà pour le passé du Jardin de l’Arquebuse. Quant à son avenir, il s’écrit actuellement avec la pose d’une nouvelle passerelle destinée à offrir une liaison douce entre la gare et la future Cité internationale de la gastronomie et du vin, en pleins travaux actuellement.
Eh oui, le XXIe siècle n’est plus aux comportements belliqueux mais à la préservation de l’environnement et au développement durable. Créée par l’architecte Thierry Ciccione, de l’agence STOA, la passerelle, comme le précise la Ville de Dijon, « donne l’image d’une véritable colonne vertébrale articulée ». Non sans ajouter : « Sa légèreté, qui s’exprime par une ligne pure, a complexifié la technicité de l’ouvrage auquel les concepteurs et les entreprises qui sont intervenus ont apporté tout leur savoir-faire ». De l’acier Corten compose l’ensemble. Cet acier auto-patiné à corrosion superficielle forcée, est utilisé pour son aspect et sa résistance aux conditions climatiques. Sa couleur rouille est due à une oxydation naturelle qui évolue avec le temps sous influence des conditions atmosphériques.

Neuf mois de travaux ainsi qu’un investissement de 1, 7 M€, ont été nécessaires à l’avènement de cette structure contemporaine. Celle-ci est composée de 60 tonnes d’acier, de plus de 1540 barreaux et de plus de 1500 mètres linéaires de soudure. Elle a nécessité 2900 heures de fabrication et 710 heures de montage sur site.

Cette passerelle apporte sa pierre (métallique s’entend) à la transformation de l’espace public dans le quartier de l’Arquebuse…

Camille Gablo