La filière régionale du cassis a été retenue par le conseil régional dans le cadre de son appel à projet FEADER pour effectuer, durant les 3 ans qui viennent, des recherches capitales pour sa pérennisation et son développement. Grand défenseur de cette production historique régionale, Jean-Dominique Caseau nous explique les enjeux…
Au moment où le diesel n’a pas bonne presse – et c’est peu de le dire – il faut faire attention en faisant couler l’encre au sujet de l’or noir… c’est certain que s’il s’agit de celui popularisé par Hergé dans les célèbres aventures de Tintin (au pays de l’Or noir !), nous aurions réfléchi à deux fois. Mais, dans le cas présent, aucun risque puisque nous allons vous parler de… la filière régionale des acteurs du cassis. Celle-ci vient de franchir un grand pas, à la fois pour son présent et son avenir : son projet de pérennisation et de développement a, en effet, été retenu par le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre de son programme de développement rural. Un programme qui permet de disposer des précieux FEADER (autrement dit les Fonds européens agricoles pour le développement rural). Dans le cas qui nous intéresse au premier chef, la fédération régionale du cassis bénéficiera d’une enveloppe de 1,374 M€, répartie ainsi : 424 000 € du conseil régional et 950 000 € du FEADER. « C’est une excellente nouvelle qui nous permettra de mettre en place des solutions afin de faire face aux problèmes auxquels notre filière est directement confrontée », se félicite le président de la fédération, Jean-Dominique Caseau, P-dg de L’Héritier-Guyot, à qui l’avancement de ce dossier doit beaucoup, et c’est peu de le dire tellement son implication a été maximum sur cet appel à projets depuis de nombreux mois. « Nous avons défendu un projet de recherche destiné, notamment, à l’économie générale de la filière et à la pérennisation de la production de fruits. Pour ce faire, nous travaillerons à des mesures agro-biologiques afin de lutter contre les maladies, dont la cochenille, au contrôle sanitaire et à l’assainissement des plants de cassis. L’amélioration variétale et l’évolution génétique sont également capitales. Le réchauffement climatique pose, en effet, des problèmes par rapport à certaines variétés de cassis, dont le Noir de Bourgogne », détaille-t-il.
Un chiffre d’affaires de 60 M€
Et celui qui est également à la tête du Syndicat français des liqueurs d’ajouter : « En partenariat avec la Chambre d’Agriculture, le CNRS, Agrosup, l’INRA et Wellience, ces axes de recherches seront ainsi financés sur 3 ans. Nous avons des obligations liées à l’Indication géographique, véritable signe distinctif de qualité et je veux rappeler que la production de cassis représente environ 1000 ha en Bourgogne, essentiellement situés en Côte-d’Or et en Saône-et-Loire. Sur 8000 tonnes de fruits à l’échelle nationale, notre région en produit 1800 tonnes ». Les 4 liquoristes dijonnais (L’Héritier-Guyot, Boudier, Lejay-Lagoute, Briottet) produisent, quant à eux, plus de 10 millions de bouteilles (sur les 12 millions réalisées en Bourgogne) dont plus de 50% sont destinées à l’export. Le cassis pèse dans la capitale régionale un chiffre d’affaires de 60 M€ et permet d’employer 200 personnes. C’est dire si ces recherches et leur financement sont essentielles pour l’économie locale. La crème de cassis de Dijon et celle de Bourgogne devrait ainsi pouvoir continuer de faire des émules dans le monde entier… !
Camille Gablo





